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RÉGÉNÉRATION

Si l'on sépare un être unicellulaire, une amibe par exemple, en deux parties dont l’une contient le noyau, et dont l’autre en est privée, cette dernière, après avoir présenté pendant quelque temps encore des phénomènes vitaux, ne tarde pas à dégénérer, à mourir (Voy. p. 17). Le segment pourvu de noyau, au contraire, conserve toute son activité, ses fonctions nutritives se font parfaitement et la cellule se répare complètement, c’est un acte élémentaire de régénération. Il nous indique cependant un fait fondamental, c’est l’imporlance du noyau pour la régénération de la cellule.

Ce fait se retrouve d’une façon identique chez les animaux supérieurs, nous le voyons par exemple dans une régénération complexe, celle du système nerveux. La cellule nerveuse ne se comporte pas différemment à ce point de vue de l’être unicellulaire. Si Ion coupe un nerf, séparant ainsi le cylindraxe du corps cellulaire, on fait en réalité la mémo opération qu’en sectionnant l’amibe. La cellule nerveuse se trouve divisée en deux parties, I une contient le noyau, l’autre le cylindre-axe qui n’est au tond que 1 analogue d un prolongement protoplasmique. Dans ces conditions le cylindre-axe séparé du noyau dégénérera, tandis (pie le corps cellulaire qui en est pourvu tendra à refaire un nouveau cylindre-axe.

Les cellules des organismes les plus élevés ollrent d une façon continuelle des faits de dégénérescence et <le régénération; les cellules anciennes disparaissent, et font place a des éléments plus jeunes par un mouvement incessant. Dette régénération est nécessitée par l’usure physiologique; elle peut 1 être également par des actions pathologiques.

PATHOLOGIE CELLULAIRE

Pour qu’il y ail régénération, il faut que les cellules disparues aient été remplacées par des cellules identiques dans leur forme, leur structure, leurs fonctions.

La régénération ne doit pas être confondue avec la cicatrisation qui est bien encore une réparation, mais qui s’effectue à l’aide d'éléments différents de ceux qui ont disparu. Pour qu’un groupe de cellules détruites se régénère en un point, il faut qu’il subsiste en ce point quelques cellules de la même variété. 11 y a une spécificité cellulaire qui empêche que ce groupe soit régénéré par des cellules d’un autre genre. Cette spécificité des cellules chez les animaux supérieurs est contemporaine de la formation des trois feuillets blaslodermiques. La règle qui en découle, c'est que le groupe cellulaire disparu ne peut être régénéré que par des cellules identiques ou histogénéliquement semblables à celles qui ont été détruites.

Une déduction pratique a été tirée de cetle constatation : afin de faciliter la guérison de larges plaies, on transporte de place en place sur la partie dénudée des fragments d’épidermes et les cellules épidermiques se reproduisant, recouvrent les régions qui les avoisinent, et hâtent la guérison ; c’est le procédé des greffes épidermiques.

Si l’on donne un coup d’œil d’ensemble sur la série animale, on voit que les régénérations pathologiques sont d’autant plus parfaites, que l’on regarde plus bas dans la série. Des organes, des segments entiers d’animaux se régénèrent au bas de l’échelle des êtres et reparaissent parfaits au double point de vue morphologique et fonctionnel; chez les animaux supérieurs les processus de régénération sont extrêmement importants, mais toujours bien moins considérables; ils frappent moins l’observateur, surtout au point de vue morphologique.

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