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II. - LES TUMEURS

La tuméfaction a été considérée comme l’un des caractères de l'inflammation ; dès lors les tumeurs sont-elles des variétés d’inflammation ? (Test là une question qui se pose naturellement ; et si simple qu’elle paraisse, la délimitation du domaine de l’inflammation d’avec celui des tumeurs n’est pas facile à établi i*.

Nombreuses sont les lésions intermédiaires, nombreux sont les rapprochements étiologiques, pathogéniques, symptomatiques entre les inflammations aiguës et surtout chroniques et les tumeurs.

La discussion encore pendante du rôle des parasites dans les tumeurs établit en outre un lien de plus entre ces deux manifestations morbides.

Toutes deux, au sens le plus général du mot, doivent être considérées comme des lésions des tissus, car elles peuvent l’une et l’autre les affecter tous et l’étude des tumeurs se place naturellement à côté de celle de l'inflammation.

Définition. — « On aurait beau mettre quelqu'un à la question pour lui faire dire ce que sont en réalité les tumeurs, disait Virchow, je ne crois pas que l’on puisse trouver un seul homme qui soit en mesure de le dire. » Cette phrase assez peu consolante domine encore la définition des tumeurs.

Les auteurs anciens appelaient tumeur tout gonflement, toute augmentation de volume d’une région du corps, et dans les descriptions d’Ambroise Paré on retrouve parmi les tumeurs des épanchements liquides ou gazeux, des hématomes, des phlegmons et de véritables tumeurs.

Puis, plus tard des comparaisons s’établirent entre la structure des tumeurs et celle des tissus normaux; les examens histologiques montrèrent que les tumeurs étaient composées d’éléments cellulaires et les tuméfactions dues à des exsudats inflammatoires, à du pus, à du sang furent ainsi éliminées du cadre des tumeurs. Millier établit que les éléments constituants des tumeurs se retrouvent toujours dans l’organisme soi L à l’état adulte, soit à l’état embryonnaire, et Virchow exprimait la loi du développement continu, : « Omnis cellula e cellula ».

Quant à l’origine des cellules qui vont former la tumeur, Virchow

LES TUMEURS

avait pensé que les cellules néoformées pouvaient reproduire indifféremment des éléments semblables ou différents de ceux du tissu qui leur donnait naissance. Robin, Lancereaux, Cornil, etc., établirent la spécificité des éléments anatomiques; la cellule-iille est toujours de même nature que la cellule-mère, que la prolifération cellulaire se fasse dans une tumeur ou dans un tissu normal. Bard fut donc en droit d’ajouter à l’axiome de Virchow : « Omnis cellula e cellula » les mots ejusdeni naturæ qui affirment nettement la loi de la spécificité cellulaire.

Cornil et Ranvier définissent les tumeurs : des tissus « de nouvelle formation ayant de la tendance à persister et à s’accroître ». Brault propose la définition suivante: « Les tumeurs sont des déformations irrégulières, assez souvent désordonnées, mais qui rappellent toujours par l'agencement et le groupement de leurs cellules les organes et les tissus d’où elles dérivent. »

La définition de tleurtaux qui a été acceptée par plusieurs auteurs est assurément très simple mais ne précise pas la nature des tumeurs, il considère comme tumeur « toute masse constituée par un tissu de nouvelle formation ayant de la tendance à persister ou à s'accroître et indépendante de tout processus inflammatoire ». L'opinion de Quénu est voisine de la précédente : « les tumeurs sont des néoformations distinctes de tout processus inflammatoire ».

La critique que l’on peut adresser à ces deux dernières définitions, c’est que d’une part elles ne montrent pas en quoi les tumeurs sont différentes des processus inflammatoires, et que d’autre part elles affirment qu'il existe une différence, et c’est là que réside précisément la difficulté, car certaines tumeurs ont des liens indéniables avec l’inflammation, et Menetrier range résolument dans les tumeurs le groupe des hyperplasies inflammatoires dans lequel il classe les adénomes, les papillomes, les fibromes, etc. .Mais si l’on fait une place aux processus inflammatoires dans le chapitre des tumeurs, il importe sans doute de limiter cette place qu’on leur accorde et l’on a pu reprocher à Cornil et Ranvier d’avoir compris dans leur classification des néoformations inflammatoires telles que les tubercules et les gommes. La difficulté de donner une définition générale des tumeurs subsiste donc comme à l’époque de Virchow.

ÉTIOLOGIE

Hérédité. — Elle est. dans l’étiologie des tumeurs, surtout en ce qui a trait aux tumeurs malignes, une des causes les plus fréquemment invoquées.

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