‹ Précis de pathologie généraleChapitre 63 sur 112 · C. Encéphalopathies organiques à lésions diffuses · texte numérisé non relu

C. Encéphalopathies organiques à lésions diffuses

Méningo-encépha-

1° Aiguës ) Etes aiguës.

I Tuberculeuses et

i 2° Chroniques

D. Démences organiques.

autres.

Méningites chroniques.

I Tumeurs cérébrales.

' Sclérose en plaques, tabes, etc.

PATHOLOGIE GÉNÉRALE DES APPAREILS

3° Troubles mentaux dans les lésions cérébrales congénitales ou infantiles (idiotie).

4° Troubles mentaux con- / A. Par insuffisance thy- f Myxœdème.

génitaux ou acquis) roïdienne ( Crétinisme.

dans les lésions du j B. Par byperfonctionnement du corps thyroïde corps thyroïde. ( (goitre exophtalmique).

/ A. Neurasthénie.

\ B. Hystérie.

5° Troubles mentaux dans les affections Épilepsie, qualifiées névroses. J jj chorée.

( Ë. Maladie de Parkinson.

G° Psychoses constitutionnelles.

On est frappé, en regardant ce tableau, par le rôle des pmcessus généraux dans ta genèse des maladies mentales , lesinfcctions, les intoxications, les anto-intoxications y tiennent en particulier une place des plus importantes.

11 est évident que cette classification n’est que provisoire, c’est un groupement d’attente qui sera sans doute modifié ; en effet, si au début du tableau les notions étiologiques sont précises, elles le sont moins ou manquent complètement à la lin. Les mots névroses, hystérie, neurasthénie, psychoses constitutionnelles masquent notre ignorance ; si leurs manifestations cliniques sont connues, leur essence échappe encore. Il est vraisemblable que dans laxenii, à îuesuic que nous pénétrerons mieux la nature des affections qui les com-

posent, ces groupes diminueront d’importance.

Connaissant la périodicité de nos fonctions et les courbes cycliques qu’il est possible de tracer dans la reproduction de certains actes physiologiques ou pathologiques (apparition des règles, poussées d’herpès, etc.), on n’est pas surpris <lu fait qu'il existe des psychoses périodiques et l’on est tenté de. les rattacher à quelque trouble ignoré et survenant périodiquement dans le fonctionnement des oiganes peut-être par un vice d’une des sécrétions internes.

On ne peut se défendre, en examinant des sujets atteints de démence précoce, de penser qu’il s'agit également là d’un processus général à prédominance d’action sur le cerveau et qu’il se produit à cette époque d’instabilité qu’est la puberté, quelque chose d'analogue pour le cerveau à ce qu'on observe, par exemple, pour le sang chez les chlorotiques : processus toxique, infectieux, autotoxique, insuffisance d élimination, nous ne le savons, mais trouble doidie général certainement, on a l'impression, en l’étudiant, qu il sera un jour connu et peut-être combattu utilement.

Dans celle classification, une place très petite est réservée aux troubles mentaux par mauvais fonctionnement du corps thyroïde, et

PONCTION NERVEUSE. VJl

** 4 Vhmm “*“«"« touché les taies est destin,'. •’ ' ei,Ue‘ tain que ce groupe des maladies men-

ronnaissons mal lacliomj^^ 5*''

tu considérant le cerveau comme obéissant aux mêmes lois génées |IU! los nuli-es organes, on peut prévoir nue In .1 issili reproduite plus haut sera remaniée, quels mol^gls t ÏÏ™ de psychoses constitutionnelles qui sont des termes d’-.Moni v '

ImZs r J 0p,<|UeS’ c""S™il»lés, constitutionnelles ou a, quises, curables ou incurables).

euSSr!" r aCti0nS r';n™'S el l“r ">°diflcations cir- . uloto, es (stase, congestion, compression, actions vaso-motrices)

JLLX£) <1'0nl'e ">xique (|,"is0ns’ produite

U ‘ TMr menlaux |,ar <‘éraul »« excès des sécrétions internes . •"•'•*|H*nsab|„ d’aborder l’étude de la pathologie mentale à

P9lh0l0gie fn6rale ct •*•«« bien persuadé que es maladies du cerveau qui les produisent obéissent à ces ri4es

mme e oie et le rein. Nous reconnaissons, là comme ailleurs '•i,‘CS h<W,Iit>ires "" a<''"'ises’ malforma-

i ferosanfr ede r a L‘meS l";0CeSSUS «‘"«mmaloii-es, suppuratifs, nécrosants, etc., 1 influence des modifications circulatoires des

;"“nVeS *»**«., les su, sauces fonltZ, Γ

msulhsan. es legeres ou grave», passagères ou déiinitives.

Retentissement des altérations du système nerveux sur les

autres organes.

Les lésions du système nerveux engendrent à la périphérie des

'lo Tro hï ‘T*’ U- S modlfications yaso'rn°trices, sécrétoires, etc Ti «*, Mes trophiques. Le système nerveux préside à la tu lion, d la liophicito des différents tissus; quand le système nerveux

1 f , KgWa\ d ™ «* K* la nutrition de eefle région est

dele< tueuse, des (roubles trophiques peuvent apparaifre

Les troubles trophique» so.it très nombreux, nousles énumérerons eu allant des parties superlicielles vers les profondes

Troubles trophiques cutanés. - Us lésions des' ne, -fs périphé- II. U.vHu. i'i J. Camus. — Palhologie générait*. 32

riques (névrites toxiques, infectieuses) déterminent un état spécial de la peau décrit sous le nom de glossy-skin par Weir-Mitchell. 11 siège surtout aux doigts, à la face palmaire de la main, aux orteils et à la l'ace dorsale du pied. La peau s’amincit, s’atrophie, devient rouge, tendue, paraît recouverte d’une couche de vernis luisant; les

doigts semblent atteints d’engelures ; des fissures, des crevasses peuvent apparaître.

L’ichtyose, caractérisée par l’amincissement, la sécheresse, la desquamation de la peau, s’observe également au cours des névrites. On a signalé encore l’apparition d’œdèmes, d érythèmes, d eczémas rebelles, de pemphigus dans le territoire de nerls malades; ainsi que

d’hyperpigmentation et de dépigmentation.

Les annexes de la peau, les ongles, les poils, sont altérés au même titre que la peau au cours des névrites et des affections médullaires. Les ongles deviennent écailleux, se fendillent, se cassent, tombent; les poils peuvent s’amincir, devenir cassanls, tomber, parfois ils sont plus abondants et plus durs.

Le tissu cellulaire sous-cutané devient œdémateux, d’apparence pseudo-phlegmoneuse, plus chargé de graisse.

La main succulente , décrite par Marineseo, est due à un œdème chronique des mains et des doigts, etc., ou, suivant Dejerine, à la position ballante de la main. Elle a été signalée dans la syringomyélie, dans la poliomyélite chronique, dans l’hémiplégie.

La sclérodermie a été rattachée par Arnozan, Jacquet et de Saint- Germain, par Raymond, à des altérations nerveuses.

Le décubitus acutus se voit principalement dans les premiers jours d’une hémorragie cérébrale. En érythème se montre vers le deuxième ou troisième jour après le début des accidents cérébraux ou médullaires ; des vésicules se forment remplies d’un liquide trouble, puis elles se rompent et laissent le derme à nu. La plaie s’infecte, la mortification s’étend en largeur et en profondeur dune façon rapide, et rarement cette escarre guérit; cependant parlois elle peut s’arrêter avant d’avoir gagné la profondeur.

Dans les affections cérébrales, l’escarre siège au centre de la région fessière, du côté opposé à l’hémisphère atteint. La localisation dans les affections médullaires se fait au milieu du sacrum.

Dejerine et Leloir ont noté dans plusieurs cas de décubitus acutus, d’origine cérébrale ou périphérique, l’existence de névrites.

Le mal perforant siège principalement au pied, affectant 1 un des trois points au niveau desquels le pied se pose sur le sol. Cette variété prend le nom de mal perforant plantaire; elle débute par un durillon reposant sur une bourse séreuse plus ou

FONCTION NERVEUSE

moins enflammée. Cette dernière se rompt, un suintement persis-

1 apparait) puis une ulcération qui s’étend en profondeur et en laigeur pouvant creuser jusqu’à l’os.

, ca,:a?tères importants du mal perforant doivent être signalés :

cimo.!idtélgeSJe qU1 eX'Ste à S0U niYeaU et’ dau(re Part> sa grande

On l’observe dans le tabes, dans le diabète, la lèpre, la syringomyé-

' , ou ne e rencontre pas dans les polynévrites: Duplav et Moral

on, ( a > i >on origine nerveuse. Le mal perforant buccal (Fournier)

10 signale dans le tabes; il se manifeste par la chute des dents la

leso. p(, on des bords alvéolaires; on l’a vu perforer Je voile du palais.

.e zona ou mieux les éruptions zostériformes sont parfois des

manilestations cutanées symptomatiques de lésions du système

nerveux. L les ont été signalées comme conséquences des lésions des

neifs périphériques (Bærensprutfg, Pitres et Vaillard), de la moelle

(meta mène spinale, Brissaud), des racines rachidiennes et surtout des

ganglions rachidiens avec troubles de la sensibilité à topographie

!a< " U ai‘’f ( ead et Campbell, puis après eux Armand Delille et Jean dam us, 1 bornas).

On sait que le zona maladie a été distingué du zona symptôme ou Mcnr»nne. Le premier est rapproché des maladies camuses en raison de la lièvre, de l'allure cyclique el ,1e l'immumtt consecutixe (Landouzv).

Les truuh'es trophiques cutanés ne sont pas l'apanage exclusif des

maladies organiques du système nerveux; on les ronce aussi

, ,es h’lsh'nV‘K présentent des œdèmes, du dermographisme

du pemphigus, de l'urticaire, des taches pigmentaires, des gangrènes

de la peau, des ecchymoses, des transsudations sanguines, mais il

n est pas prouvé que ces altérations soient spontanées, el quelles

même wen,tent ^ lésion organique fruste ou

meme latente.

Manifestations cutanées diverses. — A plusieurs reprises nous avons déjà signalé l’influence du système nerveux sur les dermatoses : de nombreux troubles cutanés apparaissent sous la dépen- ,ante.. de , Perturbations nerveuses, anesthésies, hyperesthésies déviation de la sensibilité, troubles vaso-moteurs, sécrétoires troph.ques ... L influence de l’appareil nerveux dans l’apparition, la localisation, la persistance des prurits, des lichens, des eczémas de 1 heipes, etc., est indéniable. Une mention spéciale doit être faite pour le prurit essentiel que Bulkley définit « un trouble fonctionnel des nerfs produisant des démangeaisons et ne dépendant pas de lésions cutanées prémonitoires appréciables ».

$00 PATHOLOGIE GÉNÉRALE DES APPAREILS

Jacquet, dans ces dernières années, a beaucoup insisté; sur les différentes excitations à distance qui sont capables de déterminer des troubles cutanés; il a rattaché en particulier, par plusieurs observations instructives, la pelade à des lésions dentaires.

Atrophie musculaire. — Les muscles ont leur centre trophique dans les cellules des cornes antérieures de la moelle ; ils s’atrophient chaque fois que ces cellules sont détruites ou sont lésées profondément. L’atrophie musculaire par lésions médullaires est un fait solidement établi ; l’explication des atrophies au cours des lésions cérébrales est moins précise. Sénator, Quincke ont attribué un rôle trophique aux cellules de la zone rolandique, pour les expliquer. Bouchard, Cornil n’ont pas trouvé de lésions des cellules des cornes antérieures. Charcot, Pitres, Brissaud observèrent des lésions de ces cellules. Üèjerine ne découvrit que des altérations des nerfs périphériques. Babinski, Joffroy et Achard n’ont décelé ni lésions médullaires, ni lésions périphériques et ont admis un retentissement de la lésion cérébrale sur les cellules des cornes antérieures, retentissement ne se traduisant pas par des altérations visibles au microscope.

Si le retentissement est faible, il y a simplement contracture ; s’il est fort, il y a épuisement des cellules et atrophie. Les atrophies musculaires tabétiques ont été expliquées soit par des lésions médullaires, soit par des névrites périphériques.

La séparation du muscle île son centre trophique, par lésions des nerfs, amène l’atrophie musculaire; on sait qu’après section d'un nerf, les muscles qu’il innerve sont paralysés, ils deviennent mous, leur5 nutrition est modifiée, ils dégénèrent, et récemment MM. Jean

Camus et Pagniezontmontréque l’hémoglobine constitutive du muscle

diminue soit par section des nerfs périphériques, soit par section des racines antérieures, alors que la section des racines postérieures entre le ganglion rachidien et la périphérie ne produit pas ce phénomène.

Les atrophies musculaires signalées dans l’hystérie sont des phénomènes secondaires à l’immobilisation paralytique.

Troubles trophiques articulaires et osseux. — Des arthropaihies ont été signalées dans l’hémiplégie par Charcot. Elles affectent le type aigu, débutant huit ou quinze jours après les Hémiplégies, s’accompagnent d’œdème, de gonflement, de douleurs vives, de fièvre el frappent surtout les petites articulations. H s’agi t d’arihritcs aiguës banales, pouvant se terminer par suppuration, ou par résolution. Elles peuvent affecter la forme chronique, et se terminer par ankylosé osseuse ou fibreuse; dans ce cas elles doivent être attribuées à l’immobilisation autant qu’à un trouble dans la trophicité du membre.

Un certain nombre de cas d’arfhropathies ont été rapportés à des

FONCTION NERVEUSE

affections médullaires, à des névrites traumatiques, à la lèpre.

Deux affections nerveuses déterminent surtout des arthropathies : ce sont le tabes et fa syringomyélie.

Les arthropathies tabétiques ont été décrites par Charcot; elles siègent surtout au membre inférieur, en particulier au genou (Bail). Ce sont des accidents tardifs du tabes (rarement précoces).

Le début est soudain, l’articulation augmente de volume très rapidement, elle est distendue par un épanchement séreux, sérohématique ou sanglant. La peau est lisse, brillante, tendue ; les régions voisines de l’articulation sont fréquemment le siège d’œdème ; tout le membre, même en entier, est parfois envahi.

Ces phénomènes ne sont ni inflammatoires, ni fébriles, ni douloureux. Les mouvements de l’articulation restent possibles; ils sont indolores et seulement limités par le volume de l’épanchement.

L'affection évolue de différentes manières ; l’épanchement souvent n’a aucune tendance à se résorber ou ne disparait que fort lentement, en plusieurs mois.

Quandildevientmoins abondant et permet l’examen des extrémités osseuses, on voit que celles-ci sont très altérées ; l’existence de deux types est possible : la forme atrophiante est caractérisée par la diminution, la résorption des surfaces osseuses, l’amincissement des extrémités des os ; la forme proliférante se manifeste par une prolifération osseuse, des exostoses, des stalactites osseuses, de l’augmentation de volume des extrémités articulaires.

De bonne heure, les ligaments articulaires, fortement distendus par l’épanchement, se relâchent, puis peu à peu s’amincissent, dégénèrent même, et l’articulation peut être mobilisée en tout sens, d’une façon exagérée, comme un membre de polichinelle. De plus, ces mouvements n’étant pas douloureux, des luxations sont fréquentes quand l’état de l’articulation permet encore la marche. L’atrophie des muscles est parfois très importante.

Les arthropathies tabétiques n’ont pas toujours ces caractères de gravité, l’épanchement peut se résorber en quelques semaines et tout rentrer dans l’ordre.

Charcot et Joffroy attribuent ces lésions articulaires à des lésions des cornes antérieures. Pitres a noté des altérations du nerf de l’os. 11 est probable que ces arthropathies sont l’expression de lésions du sympathique engendrées par le processus tabétique. Les traumatismes, même très antérieurs au tabes, peuvent favoriser la localisation de la lésion sur certaines articulations (H. Claude).

Les arthropathies syringomyèliques ressemblent aux arthropathies tabétiques; elles débutent brusquement pardel’hydar-

PATHOLOGIE GÉNÉRALE DES APPAREILS

llirose, de l’œdème, parfois, à la suite d’un traumatisme léger.

Contrairement à celles du tabes qui siègent surtout aux membres inférieurs, elles se localisent plus fréquemment aux membres supérieurs. L indolence est de règle, l'évolution, les déformations, les déplacements des surfaces articulaires sont analogues à ceux des arthropathies tabétiques.

L’hydrops articulorum intermittens, décrile par Moore, est une aftection caractérisée par l'apparition périodique d’une hydar- Ihrose (du genou le plus souvent) survenant brusquement soi l sans cause, soit après un traumatisme léger et disparaissant en quelques jours sanss’ètre accompagnée de douleurs, ni de phénomènes inflammatoires. Elle s'observe ordinairement chez des nerveux (hystérie, maladie de Basedow), et a été assez mal expliquée par des actions trophiques vaso-motrices ou réflexes.

Troubles trophiques osseux. — Les arrêts de développement du système osseux se rencontrent &nus\' hémiplégie cérébrale infantile et sont d’autant plus marqués que l'enfant a été frappé plus jeune. Los os du côté paralysé sont moins longs, moins épais, plus fragiles.

La paralysie infantile estime cause fréquente d’arrêt de développement des os ; des déformations et des infirmités (cul-de-jatte, etc.) en sont la conséquence.

L’os est arrondi, les saillies, les crêtes sont supprimées; il est réduit dans toutes ses dimensions ; son tissu compact est d’épaisseur égale sur toute la circonférence de Los (contrairement à un os normal, Jofïroy et Achard). La structure de 1 os est modifiée, les systèmes de Ilaverssont diminués de diamètre et les systèmes intermédiaires sont plus développés. Le I issu osseux est moins opaque et Achard et L. Levi ont vu qu’il se laissait plus facilement traverser par les rayons X que l’os normal. Ces altérations sont la conséquence des lésions médullaires, mais Duchenne de Boulogne a fait remarquer le défaut de parallélisme qui existe entre l’atrophie musculaire et l’atrophie osseuse, si bien qu’il n’est pas démontré que ce soient les mêmes lésions qui causent ces deux troubles trophiques.

Le tabes donne des lésions différentes des précédentes, l’os n’est pas arrêté dans son développement, car c’est un adulte qui est atteint, mais sa constitution est très modifiée. 11 devient poreux, plus léger, parfois se ramollit, le canal médullaire est élargi et la substance compacte amincie. Les canaux de Havers sont plus larges. Los est décalcifié ainsi qu’en font foi les analyses chimiques [24 p. 100 au lieu de GG p. 100 (Regnardlj.

Des fractures spontanées s'expliquent par cet état de l’os; ces fractures qui apparaissent sous l’influence de causes minimes sont

FONCTION NERVEUSE

indolores, niais se consolident difficilement; elles siègent surtout sur les os des membres, mais s’observent aussi a la colonne vertébrale.

Les troubles osseux, les fractures spontanées qui s’observent chez les syringomyéliques ont des caractères analogues à ceux du tabes. La scoliose des syrinyomy cliques est attribuée par Roth à l’atrophie des muscles transversaires épineux; Charcot, Morvan l’ont regardée comme dépendante d’un trouble trophique des vertèbres.

L’atrophie osseuse a été signalée dans la lèpre ; Moty l'a mentionnée comme conséquence des lésions des nerfs ; cependant l’existence de ce phénomène n’est pas prouvée d’une façon absolue au cours des névrites traumatiques et des polynévrites.

Romberg a désigné sous le nom d 'hémiatrophie faciale progressive une trophonévrose de la face qui débute souvent par des douleurs névralgiques et se caractérise par de l’amincissement et de l’induration du derme; les poils tombent ; le tissu cellulo-adipeux s’atrophie pou à peu, et les lésions envahissent les tissus superficiels et profonds ; les muscles de l’œil, les masticateurs, les os maxillaires et frontal participent au processus. Tous ces troubles sontlimités à une moitié de la face.

line affection inverse, Y hémi-hypertrophie de la face, a été relatée par quelques observateurs; elle est souvent congénitale.

2° Troubles viscéraux. Troubles vaso-moteurs et sécrétoires par des lésions nerveuses. — Tous les organes, ou, mieux, toutes les parties du corps transmettent des excitations ou sensations au système nerveux central et celui-ci envoie à toutes ces parties du corps des incitations : les unes motrices, les autres vaso-motrices, les autres sécrétoires.

Chaque fois donc qu’un organe est malade, le système nerveux en éprouve le contre-coup, et inversement, chaque fois que les nerfs d’un organe, ou les centres médullaires, bulbaires, cérébraux qui le commandent sont lésés, cet organe éprouve la conséquence de ces lésions.

Ainsi donc les lésions des nerfs périphériques, les lésions médullaires, les lésions bulbaires, les lésions cérébrales ont un retentissement organique considérable ; retentissement évident parfois, obscur dans beaucoup de cas.

Ce chapitre devrait comprendre toutes les modifications d’origine nerveuse organique, fonctionnelle (réflexe, psychique) qui peuvent survenir dans le fonctionnement des organes.

Nous devrions passer en revue les tachycardies, les bradycardies, les angines de poitrine, l'arythmie, les palpitations, la syncope, les dyspnées, les paralysies et les spasmes des muscles respiratoires, les troubles moteurs et sécréteurs du tube digestif, les manifestations urinaires, génitales, etc., qui s’observent dans toutes les a fiée-

pathologie générale des appareils.

tions nerveuses organiques ou fonctionnelles. Ce serait embrasser une pat tie immense (le la pathologie, et dépasser de beaucoup les limites de cet ouvrage.

In assez grand nombre d’accidents nerveux ont été signalés d’ailleurs alors que nous avons étudié chaque fonction en particulier.

Cytologie du liquide céphalo-rachidien.

Après que Quincke eut montré la technique de la ponction lombaire, Wentvvorth fit des constatations intéressantes sur les cellules contenues dans le liquide céphalo-rachidien à l’étal pathologique.

Widal, Sicard et Ravaut, quelques années plus tard, étudièrent complètement cette question et leurs recherches sont d'autant plus intéressantes qu’elles comportent des applications pratiques au diagnostic des affections nerveuses.

Dans le culot obtenu par centrifugation du liquide céphalo-rachidien, on trouve des lymphocytes en grand nombre au cours des méningites tuberculeuses, fait déjà entrevu par Wentvvorth. Dans la méningite cérébro-spinale, les éléments cellulaires sont représentés pi csque uniquement dans la phase aiguë par des polynucléaires.

La lymphocytose se rencontre dans les cas les plus nombreux et les plus disparates, dans le tabes, dans la paralysie générale, dans les myélites syphilitiques, dans le zona, dans la syphilis secondaire et ( ei Liai i e indépendamment des accidents nerveux, dans les oreillons, dans certains cas de pneumonie, etc.

On le voit, la lymphocytose existe au cours d’affections très difféi entes, elle ne se présente d’ailleurs pas d’une façon rigoureusement constante dans ces maladies; si elle est de règle dans le tabes, la paralysie générale, elle peut y faire défaut, par exception, comme 1 ont montré Armand Délit le et Jean Camus, Gilbert Ballet, etc. ; elle manque parfois dans la méningite tuberculeuse (Achard et Laubrv), ou bien, elle peut y être remplacée par de la polynucléose.

Enlin dans certaines affections il existe, suivant les périodes, de la polynucléose ou de la lymphocytose, la première répondant à des lésions inflammatoires aiguës, la seconde à des lésions chroniques ou à un processus de guérison.

On ne saurait donc affirmer par l’étude du liquide céphalo-rachidien l'existence d’une formule leucocytaire constante et spéciale à chaque maladie ; la présence d’éléments cellulaires dans le liquide céphalo-rachidien indique seulement une réaction méningée ; et c’est déjà un fait très important qui, en cas d’hésitation entre une maladie organique et des troubles fonctionnels du système nerv eux, lait pencher la balance du côté de la première.

Page 1