HÉRÉDITÉ
L’hérédité est l’aptitude que possèdent les êtres vivants, végétaux ou animaux, unicellulaires ou pluricellulaires, à transmettre à leurs descendants leurs caractères, leurs propriétés, leurs tendances, et leurs prédispositions, aussi bien au point de vue pathologique qu’au point de vue physiologique.
Cette faculté est régie par des lois ; elle n’est d’ailleurs pas absolue, et la transmission des caractères des ascendants aux descendants n’est pas rigoureuse; elle est stricte en général pour les attributs fondamentaux, elle est moins constante pour les qualités secondaires.
Si cette transmission était absolue, elle s’opposerait à l’évolution et au progrès des êtres; les caractères secondaires sont modifiables au contraire par le milieu, des conditions de vie, physiologiques ou pathologiques, etc., pour tous les êtres, et par l’éducation pour les êtres supérieurs.
La fécondation est l’union du noyau de la cellule mâle (spermatozoïde) et du noyau de la cellule femelle (ovule).
De celte fusion résulte le premier noyau de l’embryon qui va se diviser à l’infini pour engendrer les noyaux de l’organisme nouveau (Voir la Reproduction cellulaire, lrc partie).
Avant d’être aptes à la fécondation, les cellules mâles et femelles perdent une partie des centrosomes qui entraient dans la constitution des cellules germes, il y a réduction chromatique.
Ce phénomène de la réduct ion de la chromatine s’observe pour le spermatozoïde et pour l’ovule (expulsion des globules polaires) et c’est ainsi que ces cellules arrivent à maturation.
Elles ont donc perdu par la réduction chromatique une partie des attributs des parents. Ceci explique pourquoi les rejetons n’ont pas toutes les qualités, ni fort heureusement non plus toutes les tares de
leurs ascendants.
La transmission des caractères des parents aux enfants est connue de tout temps, aussi bien dans la série végétale que dans la série animale. Darwin a exposé ainsi les lois de l’hérédité :
1° Loi de l’hérédité directe et immédiate. — Suivant cette loi, les
HÉRÉDITÉ
ascendants ont tendance à transmettre à leurs descendants leurs caractères généraux et individuels, anciens et récemment acquis.
2° Loi i>e prépondérance dans i.a transmission des caractères. — La transmission des caractères de l’un ou de l’autre des parents aux entants peut être prépondérante d’une façon directe ou croisée, autrement dit, elle se fait soit suivant le même sexe (par exemple de mâle à mâle), soit d’un sexe à l’autre (de mâle à femelle ou vice versa).
3° Loi de l’hérédité en retour ou médiate, atavisme. — La transmission des caractères des ancêtres peut se faire aux enfants d’une iaçon intermittente, en sautant une ou plusieurs générations (des entants peuvent ressembler plus à leur grand-père qu’à leur père).
Remarquons en passant que le terme hérédité collatérale (ressemblance par exemple d’un neveu à son oncle) est employé à tort, il ne saurait s’agir dans ce cas de caractères transmis mais de caractères communs provenant d’une même origine.
4° Loi d’hérédité par homochronie. — Apparition chez les enfants de dispositions, de caractères physiques ou psychiques à la même période dévolution, au même âge qu'ils sont apparus chez les parents.