‹ Précis de patrologieChapitre 109 sur 174 · VII. Prédication · texte numérisé non relu

VII. Prédication

Cependant saint Augustin n'écrivait pas seulement, il parlait. A ses chrétiens d'Iiippone, population rude et inculte de pêeheurs, il adressait chaque dimanche et aux jours de fête des instructions courtes, familières, toujours pleines d'intérêt et de vie. La note moralisante y domine, quel que soit d'ailleurs le sujet traité : l'orateur vise avant tout à convertir et à édifier son auditoire ; mais cette morale n'est ni vague ni languissante. Elle se présente souvent sous la forme d'un dialogue pressé, rapide, que le prédicateur imagine entre son peuple et lui, et dans lequel son génie dé-

\. Sur s. Augustin prédicateur, voir Councamp, Étude critique sur la méthode oratoire de S. Augustin, Paris, 1848. G. Longhaye, S. Augiixtin prédicateur, dans Études religieuses, xlih (•1888), iGl-iHi; ."03-u;;. A. Degeut, Quid ad mores ingeniaque Afrorum cognoscenda conférant S. Augustini sermones, Paris, 1894. A. Régnier, La latinité des sei-mons de S. Augustin, Paris, 1887.

ploie toute sa souplesse. L'auditeur, surpris par cette parole si originale et si directe, ne saurait être ni distrait ni assoupi : l'évêque d'Hippone s'est, dès le premier instant, imposé à son attention, en attendant qu'il gagne son cœur et l'amène à mieux vivre.

L'édition bénédictine des œuvres de saint Augustin compte trois cent soixante-trois sermons certainement authentiques, en dehors des Enarrationes et des Tractatus suivis sur des textes bibliques. Ces sermons se divisent en sermons sur l'Ecriture (i-clxxxiii), prononcés sur des leçons de l'Ancien ou du Nouveau Testament qu'ils expliquent et commentent ; sermons pour le temps (liturgique, clxxxiv-cclxxii), prêches à l'occasion des grandes fêtes chrétiennes de Notre Seigneur ou du temps da Carême; sermons sur les saints (cclxxiii-cccxl), panégyriques de martyrs et d'autres saints ; sermons sur divers sujets (cccxlicccLxm), discours qui ne rentrent dans aucune des catégories précédentes, sur le dogme, la morale, ou discours de circonstance. En dehors de ce chiffre, on en a découvert et édité, depuis les bénédictins, un certain nombre dont quelques-uns seulement peuvent être tenus pour authentiques. Il n'est pas douteux d'ailleurs que beaucoup des discours de saint Augustin sont perdus. L'orateur parlait le plus souvent sans avoir écrit, et ses allocutions n'étaient pas toujours recueillies.

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