VIII. Correspondance. Poésies
On possède de saint Augustin environ deux cent vingt lettres, qui vont de l'an 386 ou 387 à l'an 429. La plupart sont des réponses à des questions philosophiques, théologiques ou autres que l'on posait à 3 évoque, et quelques-unes constituent de -véritables traités. Une douzaine sont des lettres de consolation ; trente-sept environ ont un caractère intime et personnel plus marqué.
Enfin, en dehors du Psaume contre le parti de Douât, saint Augustin a laissé quelques pièces de poésie, peu nombreuses et de peu d'intérêt. On comprend qu'un tel homme, et si occupé, n'ait pu enchaîner son génie aux règles étroites que le rythme lui imposait. Pour les grandes questions qu'il devait approfondir et les sujets si variés qui sollicitaient son attention, il avait besoin de toute la liberté de sa pensée et de sa plume.
§ 10. — Les disciples et amis de saint Augustin. Saint Prosper.
Saint Augustin était une personnalité trop sympathique et trop puissante pour n'avoir pas beaucoup d'amis et de disciples. De ce nombre furent l'évêque d'Uzalis, EvoDius (-|- après 426), dont il reste quelques lettres et peut-être un traité De la foi contre les manichéens'^ ; l'évêque de Carthage Aurélien, auteur d'une lettre encyclique contre les pélagiens en 419 -, et le successeur d'Aurélien, Capreolus (-j- 435), dont on a deux lettres l'emarquables contre Nestorius et sa doctrine '. A saint Augustin encore se rattachent le moine Leporius que l'évêque d'Hippone amena, en 418, à écrire une rétractation [Liber emendationis) de ses erreurs nestoriennes et pélagiennes^*, et surtout deux théologiens, Marius Mercator et saint Prosper qui menèrent vivement, après lui, la campagne contre les pélagiens.
Marius Mercator ^, africain d'origine, se trouvait
1. P.L., XXXI, et D. MoniN, dans Revue bénédictine, xm (1896), 481- Û86 et XVIII (1901), 253-250.