‹ Précis de patrologieChapitre 113 sur 174 · P. L., Ui · texte numérisé non relu

P. L., Ui

cius (384-398) ; trois d' Anastase (398-401) ; trente-huit d'Innocent ï (40i-417); quinze de Zosime (417-418); neuf de Boniface (418-422) ; seize de Célestin (422-432) ; huit de Xyste III (432-440).

Xyste III eutpour successeur saintLéon. Saint Léon' était né probablement à Rome vers 390-400, et, devenu diacre de l'Église romaine, s'était acquis déjà sous Célestin une situation considérable. II se trouvait en Gaule, où il avait été envoyé pour rétablir la paix entre les généraux Aétius et Albinus, quand le choix du clergé et du peuple l'appela, en août 440, à succéder à Xyste III. La situation était difficile aussi bien dans l'Eglise que dans l'Empire. Mais le nouveau pape était à la hauteur de sa tâche. En Orient, il appuie, contre Eutychès et Dioscore., le patriarche Flavien, casse les décisions du brigandage d'Éphèse et fait définitivement condamner le monophysisme au concile de Chalcédoine (451). En même temps, il combat l'ambition d'Anatolius et des patriarches de la ville impériale. En Occident, il réprime les hérésies manichéenne et priscillienne et, par ses lettres ou ses légats, intervient en Afrique, en Gaule et jusque dans l'Illyricum pour restaurer ou maintenir la discipline ecclésiastique. Attila menaçant Rome en 452 le trouve devant lui et, cédant à ses exhortations, revient sur le Danube. En 455, Rome lui doit encore de voir épargnés par Geisérich ses monuments et la vie de ses citoyens. Quand il meurt, le 10 novembre 461, après vingt et un ans de règne, on peut dire que l'Égfise perd en lui un de ses meilleurs papes et l'État un de ses plus fermes soutiens.

Saint Léon a été justement par l'histoire surnommé

i. Œuvres dans P. L., i.iv-lvi. Voir A. de Saint-Chkron, Histoire du pontifical de saint Léon leGi'andetdemn siècle, Paris, 1846. Ad. Régnier, Saint Léon le Grand, Paris, 19^10 {Les Saints"^.

le Grand, comme saint Grégoire à qui il ressemble par plus d'un côté. C'était un esprit net, vigoureux et précis, ami des formules claires et se refusant à engager la doctrine de l'Église dans les subtilités orientales. Il suffît de lire ses écrits pour voir qu'il avait à loisir et personnellement approfondi les questions théologiques qui se posaient de son temps, et qu'il possédait à la perfection les réponses à y donner. Mais c'était surtout un homme de gouvernement à qui l'exercice de l'autorité semblait naturelle, et qui y portait ces vues pratiques, ce tempérament de force et de ménagement qui distingue les hommes faits pour commander. Pleinement convaincu du pouvoir œcuménique qui lui était échu comme au successeur de saint Pierre, il a, le premier, en termes exprès et dans des circonstances multiples, proclamé l'existence de ce privilège, et a vu, dans la mise en œuvre de ce pouvoir, le moyen de maintenir à la fois l'unité de croyance et la fermeté disciplinaire de l'Eglise. Quant à l'écrivain, il n'est pas, chez lui, inférieur au théologien ni au gouvernant. On en jugera moins par ses lettres, dont beaucoup ont été rédigées par sa chancellerie, que par ses sermons, d'une éloquence si majestueuse et si simple, d'une harmonie si forte et si pleine. Son style est remarquablement pur, et peut passer, après celui de saint Jérôme, pour un des meilleurs que nous présentent les Pères latins. « Inébranlable dans la sérénité de son âme, Léon parle comme il écrit, comme il ne cessa jamais de penser, de sentir et d'agir, en romain » (Duchesne).

Les œuvres de saint Léon comprennent des discours et des lettres.

Les discours authentiques, au nombre de quatrevingt-seize, datent tous du pontificat de saint Léon. La moitié environ ont été prononcés à l'occasion des fê-

LES ÉCRIVAINS DE L'OCCIDENT. 3f,9

tes de Notre Seigneur ou des saints. Les autres traitent du dogme contre Eutychès, du jeûne, de l'aumône, du pouvoir papal, ou expliquent quelque passage du Nouveau Testament. Ils sont, en général, fort courts.

Les lettres conservées sont au nombre de cent quarante-trois ' , et vont de l'an 442 à l'an 460. Six d'entre elles (les lettres xxviii, lix, cxxiv, cxxix, cxxxix, CLxv) ont un caractère exclusivement dogmatique, et au premier rang il faut mettre à ce point de vue la lettre xxviii à Flavien, adoptée comme règle de foi par le concile de Ghalcédoine^. D'autres sont plutôt historiques et ont rapport aux événements de lOrient. Un grand nombre règlent des points de discipline ecclésiastique, et neuf, en particulier, s'occupent de la fixation chronologique de la fête de Pâques à propos d'un dissentiment survenu à ce sujet avec l'Église d'Alexandrie. En toutes se manifestent à la fois l'autorité, la sagesse et la modération du pape.

Outre ces ouvrages principaux, M^'' Duchesne^ a attiré l'attention sur quelques petits vers écrits par saint Léon. On croit volontiers aussi que c'est saint Léon, encore diacre, qui a ajouté à la lettre xxi de saint Célestin les Praeteritorutn sedis apostolicae episcoporum auctoritates de gratia Dei qui y l'ont suite actuellement. Quant au sacramentaire léonien, il est probable qu'il contient plus d'une oraison composée par lui, mais on ne saurait le regarder, dans l'ensemble, comme l'œuvre de saint Léon.

Parmi les contemporains et les amis de saint Léon, il faut nommer saint Pierre Chrysologue "*. Né vers

4. L'édition compte cent soixante-treize lettres, mais il en faut défalquer trente qui sont des lettres adressées à S. I,éon.

2. On la trouvera presque entièrement traduite en français dans l'ouvrage cité d'A. Régnier, p. 57-69.

Page 1