Hixtoire ancienne de l'Église, m, 681, note
4. OEuvres dans P. L., ui. Voir Fl. von Stabiewski, Der hl. Kirchenva ter Petrus von Ravenna Chrysologus, Posen, 1871.
370 PRKCIS DK PATHOLOGIE.
406 à Forocornelium (Imola), il devint évêqne de Ravenne vers 433, exerça un apostolat actif et fécond et paraît être revenu mourir dans son lieu d'origine vers 450. Il ne reste qu'une seule de ses lettres, adressée en 448 à Eutychès ^ Eutychès avait tenté, après sa condamnation par le concile de Constantinople, de gagner à sa cause Tévêque de Ravenne. Celui-ci lui répond en le renvoyant au jugement du pape, en qui le bienheureux Pierre « enseigne, à ceux qui la cherchent, la vérité de la foi ». Mais, en plus, on a de l'évêque de Ravenne une collection de sermons, comptant cent soixante-seize numéros et réunis au viii^ siècle par un de ses successeurs, Félix (707-717). Tout n'y est pas authentique; cependant il semble bien, d'autre part, qu'il existe ailleurs et sous des noms étrangers des discours qui sont vraiment l'œuvre de Pierre Chrysologue. Quoi qu'il en soit, les discours recueillis par Félix, généralement très courts comme ceux de saint Léon, sont remarquables par la variété du ton et du style, la multiplicité des images et des antithèses et la fréquence des sentences vives et concises qui, d'un mot, peignent une situation ou inculquent une vérité. La plupart ont pour objet l'explication de quelque texte de l'Ecriture : les sermons Lvi-Lxii commentent le Symbole des apôtres.
En même temps que saint Pierre Chrysologue édifiait Ravenne par sa parole, un autre prédicateur illustrait Turin : c'était l'évêque Maxime ^' Sa vie est peu connue ; on suppose seulement qu'il devint évêque vers l'an 430, et l'on sait qu'il assista à un concile de Milan en 451 et à un concile de Rome en 465. Le fait que.
1. C'est la lettre xxv entre celles de saint Léon (P. L., liv, 739-7a4).
î. OEiivres dans P. L., lvii; The journal of tlicological studies, janTïer et avril 1915 (xvi); avril et juillet 1916 (xvii). Voir Ferrrhi, S. Massimo vescovo di Torino, Turin, 18K8.
dans les actes de ce dernier concile, il est nommé immédiatement après le pape conduit à penser qu'il était alors le doyen des évêques présents et qu'il ne dut pas vivre bien longtemps .après cette date.
Gennadius {Vir. ilL, 40) attribue à saint Maxime des tractatus ou homélies sur différents sujets et, en particulier, des exposés sur des leçons des évangiles et des Actes des apôtres. L'édition actuelle de ses œuvres par le P. Bruni donne deux cent trente-neuf sermons, homélies ou tractatus, et vingt-trois exposés de leçons d'évangile, mais aucun de péricopes des Actes. Il est douteux d'ailleurs que les exposés édités par Bruni soient bien l'œuvre de saint Maxime; et, parmi les autres discours, il est certain que plusieurs ne lui appartiennent pas non plus. En somme, nous n'avons pas encore de bonne édition de ses écrits. On peut dire cependant que les sermons authentiques qui nous restent de lui présentent des qualités analogues à celles des sermons de saint Pierre Chrysologue, un tour vif et rapide, une force pénétrante qui a sa source principale dans le zèle de l'orateur.
Enfin, un dernier écrivain à signaler ici est Arnobe LE Jeune ^ , ainsi nommé pour le distinguer de l'Arnobe maître de Lactance. Sur sa personne on est peu renseigné. Il était peut-être d'origine africaine, mais il était sûrement moine à Rome vers le milieu du v*' siècle. D'abord engagé dans l'erreur de Pelage, « il dut s'en dégager peu à peu, d'une façon plus ou moins sincère, selon que l'action toujours plus nette de l'autorité romaine... lui en faisait voir l'opportunité » (D. Morin). On ignore la date de sa mort, mais il est probable qu'il ne survécut pas de beaucoup à saint Léon.
1. Œuvres dans P. L., un. Voir D. G. Morin, Étudex, textes, décoxivertes, i, Arnobe le Jeune, p. 309 et suiv., 3'(0 et suiv. H. Kayseu, Die SchHften dsssogenannten ArnnMus junior, Gùtersloh, 1912
La détermination de l'héritage littéraire d'Arnobe est un des points que la critique moderne a le plus discutés. D'après les derniers travaux de D. Morin, Arnobe est l'auteur : 1° de longs Commentaires sur les Psaumes, de caractère généralement allégorique, composés, semble-t-il, entre les années 432-439 [P. L., LUI, 327-570) ; 2° du fameux Praedestinatus (même époque), réfutation sournoise de saint Augustin et de sa doctrine de la grâce avec des arguments souvent empruntés à Julien d'Eclane {P. L., lui, 587-672) ^ ; 3° du Conflictus Arnohii catholici cum Serapione aegyptio, écrit vers 454-460 [P. L., lui, 239-322), relation d'une discussion fictive où se trouvent successivement vaincus le sabellianisrae, l'arianisme, le pélagianisme et surtout le monophysisme; 4° du Livre à Gregoria [Liber ad Gregoriam in palatio constitutam) sur la patience et la lutte contre les vices, attribué par Isidore de Séville à saint Chrysostome 2 ; 5° enfin et probablement aussi des Expositiunculae in Evangelium, sortes de notes détachées sur divers passages de saint Jean, de saint Matthieu et de saint Luc^.
d. Voir H. VON Schubert, Der sogen. Praedestinatus, Leipzig, 1903 (T. U., XXIV).