P. G., LXXXVlll, 1847-1886, et X
«. P. G., LXXXYI, 2, 3273-3312, Photius, cod. 278.
Crète, saint Germain de Constantinople, saint Jean Damascène seront mentionnés ailleurs.
S 5. — Historiens et hagiographes. Evagrius.
Plus que l'exégèse, l'histoire et surtout l'hagiographie trouvèrent à notre époque des auteurs qui s'y exercèrent avec succès. On ne sait presque rien de la personne de Gélase de Cyzique en Propontide, sinon que son père fut prêtre à Cyzique et que luimême composa en Bithynie, vers 475-476, l'ouvrage dont il va être question. Cet ouvrage est une histoire du concile de Nicée en trois livres, dont Gélase dit avoir puisé les éléments dans « un très vieux livre écrit sur parchemin » que son père lui avait transmis, dans le récit d'un prêtre nommé Jean, « homme ancien et habile écrivain », et dans les écrits d'historiens plus récents. Mais le vieux livre et le récit de Jean sont très probablement des mythes, et l'Histoire de Gélase n'est au fond qu'une compilation « où abondent les erreurs » des travaux d'Eusèbe, de Rufin, de Socrate et de Théodoret. Les deux premiers livres seuls en sont complètement connus'.
Un peu plus tard, au commencement du vi® siècle, un lecteur de Sainte-Sophie à Constantinople, nommé Théodoue, composait d'abord en quatre livres une Histoire tripartite tirée des ouvrages de Socrate, de Sozomène et de Théodoret ; puis y ajoutait un supplément indépendant, également en quatre livres, qui poussait le récit jusqu'au règne de Justin P"" (518). Le premier ouvrage est encore inédit ; du second on ne possède que des fragments^.
\.¥.G., Lxxxv, 1191 -1360, et M. Heinemasn, Gelasius Kùrchengeachichtc, Leip/ig, lOlS.
2. P. G., Lxxxvi, 1, 165-228. Voir I. Bidez, La tradition manuscrite de Sozomène et la Tripartite de Théodore k Lecteur^ Leipzig, 1908.
Le véritable historien digne de ce nom qu'a possédé le vi^ siècle est Evagrius^ Il était né à Epiphanie, en Célésyrie, vers Tan 536, et exerça à Antioche la profession d'avocat, d'où son surnom de Scolastique. Intimement lié avec le patriarche Grégoire, il plaida sa cause, en 588, devant l'empereur Maurice avec tant de succès que celui-ci le combla d'honneurs. On ne sait à quelle date il mourut, mais ce fut sûrement après l'année 594.
Pes écrits d'Evagrius il ne subsiste que V Histoire ecclésiastique, en six livres, son principal titre littéraire. Elle se présente comme une continuation de Socrate, de Sozomène et de Théodoret, et commence au concile d'Éphèse en 431 pour aller jusqu'à la douzième année de l'empereur Maurice, en 594. L'auteur s'est fait une haute idée de son entreprise ; il a sérieusement étudié son sujet, consulté les sources ; il cite les documents originaux, lettres, écrits, rapports officiels ; mais il a conservé pour le merveilleux l'attrait et la crédulité de son temps. Sa narration, bien conduite dans l'ensemble, est parfois défectueuse dans la disposition des détails. Quant au style, on peut lui reprocher une certaine emphase : cependant Photius le trouvait agréable bien qu'un peu diffus. En somme VHistoire d'Evagrius est la meilleure, que nous possédions dans l'antiquité, des hérésies nestorienne et monophysite.
A côté des histoires proprement dites il faut placer les chroniques. Evagrius a cité une chronique d'Eus- TATHius d'Epiphanie qui s'arrêtait à l'an 502, et une autre de Jean le Rhéteur, d'Antioche probablement, qui atteignait l'an 526. Ces ouvrages sont perdus ;
1. p. G., Lxxxvi,2, 2415-2886; et mieux édition parJ. BiDEzet L. Pau- HENTiER, Londres, 1899.
402 PRÉCIS DE PATROLOGIK.
mais nous possédons la Chronique dite pascale^, parce qu'elle débute par une longue discussion sur la fixation annuelle de la fête de Pâques. Elle embrasse l'histoire du monde depuis la création jusqu'à la vingtième année d'Héraclius (630), et ajoute aux indications chronographiques des notices historiques importantes surtout pour les premières décades du vu* siècle. L'auteur en devait appartenir au clergé de Constantinople, et à dû achever son ouvrage peu après 630.
Avant de passer aux hagiographes, mentionnons ici une œuvre originale de géographie et de cosmographie, la Topographie chrétienne du monde (Xpicxtavixy) TOiroYpacpîa TravTOi; xoa[xou) de CoSMAS surnommé le navigateur des Indes ('0 îvStxoicXsuar/iç)^. Cosmas était un commerçant alexandrin qui, sous Justin et Justinien, visita, dans ses longs voyages, la mer Rouge, le golfe Persique, Ceylan et les côtes de l'Inde; puis, de retour en Egypte, fatigué de ses pérégrinations, se fit moine et consacra le reste de sa vie à écrire. Des ouvrages d'exégèse et de cosmographie qu'il dit luimême avoir composés, il ne subsiste que sa Topographie, qui date de 547. C'est, en douze livres, un singulier mélange des hypothèses les moins scientifiques sur la forme de la terre et les principaux phénom.cnes qui s'y passent — hypothèses données comme des vérités révélées — et des renseignements les plus intéressants sur les choses que l'auteur a vues et les pays qu'il a parcourus. Cosmas a observé avec soin, et ses descriptions sont vivantes et sincères ; mais son style est médiocre.
Les vi^ et vn'= siècles ont été par excellence les