p. G., xcii
2. P. G., Lxxxviii, 51-470. Voir l'article d'E. Venablks dans le DicUonary of Christian Biography.
siècles des hagiographes. A cette époque, les saints personnag-es, évêques ou moines, trouvèrent aisément, après leur mort, des auteurs qui racontèrent leur vie-, et cette forme d'écrits devint encore, entre les mains des factions théologiques, une manière d'apologie pour plaider leur cause et justifier leurs idées. Le meilleur de ces hagiographes au vi^ siècle est Cyrille DE ScYTHOPOLis. Il était né, vers 522, à Scythopolis, l'ancienne Bethsan de la Bible, connut saint Sabas en l'an 532, et en 544 entra au monastère de saint Eutliyme. De là, il passa dans la Nouvelle Laure près de Jérusalem en 554, et en 557 dans la Grande Laure de saint Sabas où il finit sa vie. Ce qui distingue Cyrille, c'est le souci de l'exactitude, le soin qu'il a pris pour s'informer et n'avancer que des choses certaines. Il est très attentif surtout à Tordre chronologique. Aussi, malgré son amour du merveilleux qui lui est commun avec tous les auteurs du temps, passe-t-il pour un des hagiographes les plus dignes de foi de l'antiquité. On a de lui une Vie de saint Euthyme, qui est de 555, une Vie de saint Sabas, de 556, et cinq Vies, plus courtes, de saint Jean le Silentiaire (557), de saint Cyriaque l'Anachorète {f 556), de saint Théodose le Cénobiarque (-|- 529), de saint Théognius évêque de Béthélie [j- 522), et de saint Abramius évêque de Cratée et moine au couvent de Scholarios. — La vie de saint Théodose avait été déjà écrite en 547 par un de ses moines nommé Théodore, devenu plus tard évêque de Pétra, et celle de saint Théognius, vers l'an 526, par l'abbé Paul d'Elusa en Idumée ^
1. Les Vies de saint Euthyme et de saint Sabas dans Coteuer, Ecclesiae graecae monumenta, m, iv; la vie de Jean le Silentiaire dans Acta Sanrtorum, Mai, m, \ti*-'2l*; la vie de saint Cyriaque, ibid. Septembre, vni, 147159. Les deux Vies de saint Théodose (par Cyrille et par Théodore) dans UsENER, Der hl. Theodosios, Leipzig, 1890; les deux Vies de saint Théognius (par Cyrille et Paul) dans les Analecta bollandiana
Après Cyrille, il suffira de nommer, à la fin du vi' siècle, le prêtre Eustrate de Constantinople, auteur d'une Vie du patriarche Eutychius (552-582) * et, au commencement du vii^ siècle, le patriarche d'Alexandrie Jean l'Aumônier (-|- 617), auteur d'une Vie de saint Tychon^. Jean l'Aumônier lui-même eut un premier biographe dans le célèbre moine Jean Moschus.
Il est difficile de retracer en détail et d'une façon précise la carrière de Moschus. Il entra au cénobium de Théodose vers l'an 575, résida successivement dans diverses laures et, après un séjour aux environs d'Antioche, passa en Egypte vers Tan 605, en compagnie de son ami Sophronius. Il y resta une huitaine d'années, en rapport avec les plus fameux solitaires. L'arrivée des Perses le força d'en partir. Fuyant jusqu'à Rome, il y composa Le Pré ( Aeiixtov) , que les Latins ont appelé Le Pré spirituel, et y mourut en 619, laissant à Sophronius le soin de publier son livre.
Jean a écrit, avec l'aide de Sophronius, une Vie de saint Jean l'Aumônier dont il subsiste une partie; mais son titre littéraire principal est ce Pré spirituel dont on vient de parler 3. C'est un recueil d'anecdotes, de récits édifiants, de paroles et de discours instructifs et pieux qu'il avait entendus, dont il avait été témoin ou qu'on lui avait rapportés dans les différents monastères qu'il avait visités. L'ouvrage, écrit en style populaire, eut un succès énorme : il est intéressant et fait connaître au mieux la vie monastique de l'époque ; mais le texte en a subi, au cours des âges, des modifications.
X (1891), 73-118; la vie d'Abramius, ibid., xxiv (1905) et dans Byzantinische Zeilschrifl, tom. xlix (1906). Voir R. Génier, Vie de saint Euthyme le Grand, Paris, 1909.
i. P. G., LXXXVl, 2, 2273-2390.