LES LATINS
S 1- — Gallo-romains et gallo-francs. Théologiens, homélistes et moralistes. Saint Gésaire d'Arles.
On a vu, au chapitre xiï, § 11 de cet ouvrage, comment le monastère de Lérins avait été, dans la première moitié du v* siècle, en Provence, une pépinière d'écrivains remarquables en même temps qu'une des forteresses du semi-pélagianisme. C'est de cette retraite que sortit l'évêque de Riez, Fauste'. 11 était breton (Bretagne insulaire) d'origine et, après de bonnes études de philosophie et de rhétorique, embrassa, jeune encore (vers 426), la vie monastique à Lérins. En 433, il y devint abbé et, en 452 environ, fut élu évêque de Riez. Dans sa nouvelle situation, Fau&te conquit très vite une exceptionnelle autorité par l'austérité de sa vie, la force de sa parole et par son zèle pour le bien spirituel et temporel de son troupeau. Banni, vers 478, par le roi arien Eurich pour ses attaques contre Farianisme, il put rentrer dans
1. OEuvresdans P.L., lviii, et mieux dans Engelbrecht, Corp. script, eccl. lat., XXI, Wien, 1891. Voir E. Simon, Élude sur saint Fausle, évêque de Riez, Toulon, 1879. A. Kocn, Der M, Faustut, Bischof von Riez, iituttgard, 1895.
son diocèse à la mort de ce prince en 485. On ignore l'époque où il mourut lui-môme.
Les écrits de Fauste ont été fort nombreux, mais ne sontpas tous connus. De ceux que nous avons le plus importantest le traite Z)e lagrâce [De gralia libridao), écrit à la demande de Léonce d'Arles pour réfuter l'erreur prédcstinatienne du prêtre Lucidus, vers 474. L'auteur y a glissé des propositions semi-pélagiennes. On possède encore un traité Du Saint-Esprit, longtemps 'attribué au diacre Paschasius et édité sous son nom^ et un traité De rations fidei, dont les deux parties assez dissemblables doivent probablement être identifiées avec les deux livres indiqués parGennadius, Contre les ariens et les macédoniens Gi Contre ceux qui disent qu'il y a dans les créatures quelque chose d'incorporel : Fauste y soutient que les anges et les âmes humaines sont corporels en quelque façon. De sa correspondance il s'est conservé dix lettres, quelques-unes dogmatiques. Quant à ses discours, nous ne les avons certainement pas tous et, d'autre part, il en est, parmi ceux que la plus récente édition de ses œuvres (Engclbrecht) lui attribue, qui ne sont pas de lui. Le départ est souvent difficile à faire entre ce qui lui appartient en propre et ce qu'ont ajouté ou modifié à ses sermons ceux qui les lui ont empruntés.
L'erreur semi-pélagienne, à laquelle Fauste n'avait pas échappé, se vit définitivement condamnée en 529 par le second concile d'Orange dont le président et, on peut dire, l'âme fut saint Gésaire, archevêque d'Arles^. Saint Gésaire a été, pendant la première