‹ Précis de patrologieChapitre 148 sur 174 · P. L., Lix · texte numérisé non relu

P. L., Lix

3. P. L., LXVI, 2lS-932.Édit. critiques d'E. Schmidt, 1880; E. Woelffun, 1895, et surtout D. Butler, 1912.

4 P. L., Lxvin, 251-358 ; 1097, 1098; I. B. ViTtkk, Spicileg.Solesmense,\, Paris, 1852; Analecta sacra, i, Paris, 1888.

b. œuvres dans P. L., lxvu et Spicilegium casinense,i, 1893, p, 1-189 Voir J. M. Versanne, Denys le Petit et le Droit canontaue dans l'Église latine au VI" siècle, Villefranche, 1913.

à Rome vers l'an 500 et y vécut jusque vers l'an 540, occupé principalement à des traductions latines et à collectionner les documents disciplinaires parus jusqu'à lui. Cassiodore, qui l'avait beaucoup connu, loue son érudition et en parle comme d'un saint. On croit que le qualificatif de Petit est un surnom qu'il avait pris par humilité. Quoi qu'il en soit, l'œuvre de Denys comprend d'abord quelques traductions latines d'ouvrages grecs et un recueil de pièces relatives à la formule Un de la Trinité a souffert dans la chair, puis et surtout plusieurs collections de canons et de décrétais et un travail sur le comput ecclésiastique dont il faut dire un mot.

Pour le comput, il fit, d'une part, prévaloir sur les différents cycles dont se servaient les Eglises pour déterminer la fête de Pâques, le cycle alexandrin de dix-neuf ans et, de l'autre, il fit abandonner l'ère dioclétienne et l'ère de la fondation de Rome et adopter, pour compter les années, l'ère chrétienne commençant avec la naissance de Jésus-Christ. Cette naissance fut fixée par lui en l'an 754 de Rome. De légères erreurs se sont glissées dans ses calculs : on les a, depuis, corrigées.

Sur la discipline ecclésiastique, Denys a composé trois recueils distincts : 1° Une collection latine des canons conciliaires et synodaux grecs et latins, qui commence avec les canons apostoliques, se continue par ceux de Nicée, d'Ancyre, de Néocésarée, de Gangres, d'Antioche, de Chalcédoine, et s'achève par ceux de Sardique et de divers conciles d'Afrique. L'ouvrage date de 500-510. 2° Une collection des décrétais des papes depuis Siricius (385-398) jusqu'à Anastase (496-498). Elle ne compte que trente-huit lettres et, par conséquent, est fort incomplète : il semble que l'auteur n'ait relevé que les pièces plus importantes.

Ce second recueil date du pontificat de Symmaque (498-514) ; plus tard, il fut réuni au premier et forma avec lui la Collection diony sienne [Dionysiana]. 3" Enfin, sur Tordre du pape Hormisdas (514-523), Denys fit une troisième collection d'où étaient exclus les canons apostoliques, et qui ne donnait que les canons des conciles et synodes grecs, mais avec le texte grec en face de la traductibn latine. Ce dernier recueil est perdu. Tout imparfaite qu'elle fût, l'œuvre canonique de Denys constituait, sur ce qui existait auparavant dans ce genre, un progrès énorme, et bien qu'elle n'eût pas de caractère oinciel, elle fit bientôt autorité.

Nous parlerons plus loin des œuvres historiques de Cassiodore : signalons ici quelques chroniqueurs ou biographes moins connus. L'abbé Eugippius, africain d'origine et supérieur, depuis l'an 500, d'un couvent à Naples, aécrit en 511 une Vie desaintSéverin, l'apôtre duNorique (•|-482), quiest un document de premier ordre et jette une vive lumière sur la situation religieuse et politique de ces contrées au vi* siècle. On lui doit encore des Extraits des œuvres de saint Augustin, d'un caractère ascétique et très lus au moyen âge ^ . — Vers 535, un Marcellinus Comes, illyrien, composait une Chronique, allant de 379 à 534 (continuée par une autre main jusqu'en 548), et s'occupant surtout de l'Empire d'Orient ^. — Elle fut utilisée une quinzaine d'années plus tard par l'historien Jordanès, qui abrégea le livre de Cassiodore Sur les origines et les actes des Gètes, et écrivit un précis d'histoire universelle dont la seconde partie n'est qu'une histoire romaine {De summa temporum çel de origine actibusque gentis Ro-

1. P. L., Lxn, et Knoell, dans Corp. scr. eccl. lat.^m, 1-2, Wien,1833-1886. Voir A. Bacdrillart, Saint Séverin apôtre du Norique, Paris, 1908 (Les Saints).

2. P.L., Li et Th. MoMMSEN dans Chronica minora, ii, {Monum. Germ. hist., Auct. antiquiss.,\i, Berlin, 189i.

manorum^ 551) '. — Enfin, entre 581 et 593, un évêque de Lauzanne, Marius, donnait une suite à la chronique de saint Prosper, et y ajoutait des notices de l'an 455 à l'an 581 -; tandis qu'un anonyme de Plaisance écrivait la relation de son pèlerinage en Palestine accompli vers ïi^Q [Itinerarium Antonini ou Anonymi Placentinî) ^.

11 y avait cependant une histoire qui, plus que celle des anciens Romains ou des rois goths, devait intéresser l'Eglise, c'est celle des papes. Un clerc romain d'assez humbles fonctions entreprit de l'écrire sous les pontificats d'Anastase II (496-498) et de Symmaque (498-514), et acheva son travail sous celui de Boniface II (530-532). C'est le Liber pontificalis^ qui fut, dans la suite, continué par différentes mains jusqu'à Hadrien II (-f- 872) et même plus loin encore. Il se compose de notices distinctes qui mentionnent, pour chaque pape, son origine, l'époque et la durée de son pontificat, ses actes disciplinaires, ses fondations, le nombre des ordinations qu'il a faites, la date et le lieu de sa sépulture, etc. L'autorité de ces renseignements varie naturellement beaucoup suivant les sources où l'auteur a puisé : pour les cinq derniers J pontificats, elle est de premier ordre. Quant à la langue de l'ouvrage, c'est la langue populaire du temps : l'auteur n'a évidemment aucune prétention au style cultivé.

Reste à parler des poètes. Il a été déjà question cidessus des poésies d'Ennodius. Dans la première partie du vi^ siècle, nous trouvons un Rusticus Elpidius

i. Édit. MOMMSEN, Mon. Germ. hist.,Auct. antiquiss,, \,i, Berlin, 1882. ■2. P. L., Lxxii; MoMMSEN, Chronica minora, ii, dans Mon. Germ. hist., Auct. antiqu., xi.

3. P. L., LXXH, 899-918, etmieux P. Geyer, Ilinera hierosolymitana, dans Corp. script, eccl. latin., xxxix, 1898, p. 157-218.

4. Édit. L. QvcwES^E., Le Liber liontifîc, texte, introd. et commeutairn, Paris, 1886-1892. L'ancienne édition de Bianchini se trouve dans P. L,,

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