CXXVII-CXXVHI
474 PRECIS DE PATROLOGUE
que l'on identifie parfois avec le diacre médecin de Théodoric. On a de lui un poème en cent quarante-neuf hexamètres Sur les bienfaits de Jésus-Christ, d'un style élégant mais recherché jusqu'à l'obscurité, et vingt-quatre inscriptions de trois vers chacune, destinées à expliquer des tableaux de l'Ancien et du Nouveau Testament qu'elles accompagnaient '. — Plus connu est le diacre Arator ^, ancien avocat et intendant des finances d'Athalaric, protégé d'Ennodius et du pape Vigile. Prenant modèle sur le poète Sedulius, il mit en vers le récit des Actes des apôtres, et son poème, qui comprend deux livres et ensemble deux mille trois cent vingt-six vers, fut, sur le désir des lettrés de Rome, lu publiquement par lui en 544 dans l'église de Saint- Pierre-aux-Liens, C'était beaucoup d'honneur pour une composition qui compte quelques beaux vers, qui présente çà et là quelques passages ayant du mouvement et de la vie, mais où l'histoire est négligée au profit d'un allégorisme outré, et dont l'ensemble est embarrassé et lourd. Arator a laissé de plus une lettre versifiée (cinquante et un distiques) à un de ses amis nommé Parthenius : il lui rappelle leurs études communes en lui envoyant son poème.
§ 7. — Boèce et Cassiodore.
Quelle que soit l'opposition que l'on constate entre les tendances d'esprit de Boèce et de Cassiodore, on ne saurait cependant, pour en traiter, les séparer l'un de l'autre, puisque, contemporains et amis et suivant d'abord la même carrière, ils ont été l'un et l'autre, par leurs écrits, comme les instituteurs du moyen âge, ob-
1. p. L., Lxn, 543-548; nouvelle édition par W. Brandes, Brunswig,