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IV. Liturgie

Quant aux œuvres liturgiques de saint Grégoire, il existe sous son nom un Sacramentaire et un Antiphonaire. Toutefois, ces deux ouvrages, auxquels il a certainement travaillé, ne sont plus tels qu'ils sont sortis de sa plume. Nos textes du Sacramentaire en particulier dérivent tous plus ou moins directement de l'exemplaire envoyé par Hadrien à Charlemagne entre 784-791, et cet exemplaire avait été déjà développé et modifiée Saint Grégoire est aussi l'organisateur de ce qu'on a appelé le chant grégorien, par opposition au chant anibrosien. On ne doit pas cependant regarder comme authentiques les quelques hymnes qu'on lui a attribuées, pas plus que les commentaires sur le premier livre des Rois, sur le Cantique et les psaumes de la Pénitence, et la concorde scripturaire qui se trouvent à la fin de ses œuvres.

S 9. — Écrivains d'Espagne. Saint Isidore de Séville^.

Parmi les provinces romaines de l'Occident, l'Espagne a été, dans la période que nous étudions, une de celles qui ont souffert le plus des invasions barbares et dont la condition s'est trouvée la plus instable. A partir de 409 environ, Alains, Suèves, Vandales, Goths, Bagaudes, Hérules envahissent son territoire et se le disputent. Vers 476, il se trouve partagé entre les Visigoths et les Suèves, ceux-ci n'en possédant toutefois que la moindre partie, la

1. Bonne édition par H. A. Wilson, The Gregorian Sacramentary under Charles the Great, Oxford, 191S.

2. Sur tout ce paragraphe on peut voir D. H. Leclrrcq, L'Espagne chrétienne, Paris, 1906.

Galice et un morceau de la Lusitanie. En 585, le royaume suève disparaît à son tour complètement sous les coups de Léovigild, et les Visigoths restent seuls maîtres du pays jusqu'à ce que leur empire soit détruit par les Arabes en 712.

Quelques-uns de ces événements sont connus par la Chronique d'IoACE, originaire de Galice et, depuis 427, évoque d'Aquae Flaviae (Chaves). Cette chronique \ qui s'étend de 379 à 468 ou 470, se divise en deux parties :»la première, de 379 à 427, est une continuation de la chronique de saint Jérôme et a pour sources des récits écrits ou oraux; la seconde, de 427 à la fin, représente les souvenirs personnels de l'auteur. C'est un document capital pour l'histoire de l'Espagne et surtout de la Galice au v« siècle. — Cent ans plus tard, un autre espagnol d'origine gothique, Jean, abbé de Biclar, puis évêque de Gérone en 591, écrivit une suite à la Chronique de Victor de Tunnunum pour les années 567-5902. Son œuvre aussi est précieuse pour la connaissance de la domination visigothique ; moins précieuse cependant que ne devait être Y Histoire des Gotks, des Vandales et des Suèdes de saint Isidore de Séville, dont il sera question cidessous.

L'exégèse espagnole est assez maigrement représentée à cette époque par Apringius, évêque de Béja, auteur (vers 540) d'un commentaire sur l'Apocalypse dont il ne subsiste que des fragments ^ ; et par l'évêque d'Urgel, JusTus (-{- après 546), qui a laissé une courte explication du Cantique des cantiques^.

1. P. L., Li, 873-890, et Lxxiv, 701-750 ; Tu. Mommsen, Chronica minora, II, 13-36 dans Wonwm.GerOT. histor., Auctor antiquiss., xi, Berlin, 1894.-

2. P. L., Lxxii, 859 et suiv. ; et Mommsen, loc. cit., 163 et suiv.

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