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CHAPITRE iV

LES ADVERSAIRES DE l'hKRÉSIE AU II® SIECLE.

S 1. — Écrivains antignostiques. Hégésippe.

Nous avons vu ci-dessus que la plupart des ouvrages gnostiques ont péri. On en peut dire autant des réfutations qui leur furent d'abord opposées. Comme c'étaient en grande partie des écrits de circonstance, l'hérésie une fois abattue, on cessa de les lire et de les copier, et beaucoup disparurent avec le péril qui les avait fait naître.

De ce nombre sont les ouvrages déjà signalés de saint Justin contre les hérésies en général et spécialement contre Marcion, et de Théophile d'Antioche contre Marcion et contre Hermogène. Ajoutons-y ceux de l'apologiste Miltiade (Tertullien, Adv. Valentiniaiios, 5), le traité d'AcRipPA Castor, qui vécut sous Hadrien (117-138), contre Basilide (Eusèbe, H. E., IV, 7, 6-8) et les écrits de l'asiate Rhodon, disciple de Tatien, contre Marcion, contre Apelle et peut-être contre Tatien lui-même (/Z»/)^., v, 13). Eusèbe nomme encore parmi les champions de l'orthodoxie Philippe, évèque de Gortyna en Crète (iv, 21 ; 23, 5; 25), Mo- DESTUS (iv, 25; cf. 21), Musanus (iv, 28; cf. 21), à mettre tous trois sous Marc-Aurèle et Commode (161- 192] ; puis (v, 27), à la fin du règne de Commode et sous

Septime Sévère, Heraclite, Maxime*, Candidus, Apion, ces deux derniers auteurs d'ouvrages sur riiexaemeron, Sextus, qui avait écrit sur la résurrection, Arabien ; et, ajoute Eusèbe, il en est une foule d'autres dont je ne puis dans ce livre indiquer en détail ni l'époque, ni les ouvrages ni même les noms, beaucoup de ces ouvrages étant anonymes. Il est surprenant toutel'ois qu'il n'ait pas mentionné un de ses prédécesseurs, Zachée, évêque de Césarée, signalé par le Praedestinatus comme ayant écrit (vers la fin du II* siècle) contre les valentiniens.

Mais, à côté de ces polémistes à peine connus ou dont les copistes ont négligé les œuvres, il en est quelques-uns dont le souvenir est mieux conservé ou même dont le nom est resté grand dans l'Église. Tels sont, au II* siècle, Hégésippe et saint Irénée.

De la personne d'HÉcÉsippE ^ on ne sait que peu de chose. C'était probablement un juif de Palestine, né autour de l'an 110 et qui se convertit au christianisme. Sous le pape Anicet (155-166), il entreprit dans la chrétienté un voyage qui le conduisit à Corinthe, puis à Rome, et pendant lequel il s'appliqua à relever l'enseignement des Eglises qu'il traversait pour en vérifier l'uniformité. A Rome, il établit la liste successorale des évêques jusqu'à Anicet. C'est après être revenu dans sa patrie qu'il rédigea, sous le pontificat d'Eleuthère (174-189), le travail dont nous allons parler. La Chronique pascale met sa mort vers l'an 180.

L'ouvrage d'Hégésippe portait le titre de Mémoires ('rTToav>i(xaTa) et comprenait cinq livres. Il est presque entièrement perdu. On peut cependant, surtout par

1. Maxime n'est peut-être qu'un personnage fictif, provenant d'une méprise d'l!:usèbe.

2. Voir H. Danmœlther, Du témoignage d'Hégésippe sur l'Église chrétienne aux deux premiers siècles, Nancy, 1878.

les indications et citatioils d'Eusèbe, s'en faire quelque idée. Ce n'était pas, comme l'a dit saint Jérôme, une histoire suivie de l'Eglise depuis la passion de Notre- Seigneur jusqu'au milieu du n« siècle : c'était bien plutôt une démonstration contre les gnostiques, par les faits et aussi par le raisonnement, de la vérité de l'enseignement officiel. Eusèbe n'hésite pas à ranger Hégésippe entre les défenseurs de la tradition (iv, 21; 22, 1) et dit qu'il a « raconté en cinq livres, d'une exposition fort simple, la tradition infaillible de la prédication apostolique » (iv, 8, 2). Voilà pourquoi Hégésippe s'intéressait si fort, dans son voyage, à l'enseignement des Églises et à la succession des évêques qui en garantissait l'intégrité.

D'autre part, il ne paraît pas avoir été un homme fort instruit ni un écrivain bien habile. Il compose en grec assez gauchement et sa critique est presque nulle; mais c'était un observateur attentif et un témoin sincère dont Eusèbe a fait grand cas.

S 2. — Saint Irénée '.

Saint Irénée a dû naître vers l'an 135-140 à Smyrne ou dans les environs de cette ville. Polycarpe en était alors évêque et, de bonne heure, le jeune Irénée écouta ses instructions et recueillit ses paroles. La profonde impression qu'il en conserva prouve qu'il fut, sinon un disciple proprement dit, du moins un auditeur assidu et réfléchi du vieil évêque. 11 aimait plus tard à faire appel à son autorité. Mais du reste, Polycarpe ne fut pas le seul maître qui l'instruisit.

4. Edition de D. Massuet dans P. G., vu, ou de Harvey, Cambridge, 1857. Voir Freppel, Saint Irénée, Paris, 3» éd., 1886. A. Dofourcq, Saint Irénée, Paris, 1904 (coll. Les Saints) et Paris, 1905 (coll. de La Pensée chrétienne).

Outre Polycarpe, Irénée mentionne souvent des « presbytres » asiates avec qui il avait conversé et dont il rapporte les enseignements.

Nous ignorons à quelle époque et par suite de quelles circonstances Irénée quitta l'Asie et vint en Gaule. Ce que nous avons dit prouve seulement qu'à ce moment il avait atteint à peu près l'âge d'homme et que sa formation intellectuelle et religieuse était achevée. En 177 nous le trouvons à Lyon, prêtre de l'Église dont saint Pothin était évéque. Il est délégué par les martyrs lyonnais encore dans les fers pour porter à Rome, au pape Eleuthère, une lettre relative aux affaires du montanisme : une lettre spéciale le recommandait lui-même comme « un zélateur du testament du Christ ». Peut-être Irénée dut-il à ce voyage d'échapper à la rage des persécuteurs. Quoi qu'il en soit, en 177 ou 178, il succédait à saint Pothin sur le siège de Lyon. De son activité épiscopale trois circonstances surtout sont connues : il combattit le gnosticisme; il travailla à l'évangélisation des contrées voisines de Lyon; il intervint, vers l'an 190-191, auprès du pape Victor dans la question de la Pâque, pour maintenir la paix entre Rome et les Eglises d'Asie. Sa mort est mise communément en l'an 202-203. L'Église l'honore comme martyr. Il est bien remarquable cependant que saint Jérôme est le premier, dans son commentaire sur Isaïe écrit entre 408-410, à lui donner ce titre. On explique le silence des auteurs anciens par le peu de relief qu'aurait eu la mort violente d'Irénée, enveloppé, sous Septime Sévère, dans un massacre général des chrétiens lyonnais.

Il reste de saint Irénée deux ouvrages complets et quelques fragments d'ouvrages disparus.

Le premier ouvrage complet est le traité Contre les hérésies dont le vrai titre est La fausse gnose dèmas-

quée et réfutée ("EXeyxoç xal àvatpoTt"^ xrîç i];£u5(ovu(jioo Yvwffewç). On a perdu la plus grande partie du texte grec original, mais il en subsiste une ancienne version latine très littérale et des morceaux de traductions arménienne et syriaque. U Ads^ersus haereses comprend cinq livres dont l'auteur a composé et envoyé au destinataire d'abord les deux premiers, puis le troisième et le quatrième et enfin le cinquième. Lorsque Irénée écrivait le troisième, Éleuthère (174-189) était pape (m, 3, 3) et l'Église était en paix : d'où l'on conclut que les trois premiers livres se placent entre les années 180-189; les deux autres peuvent être plus récents et dater, à la rigueur, du pontificat de Victor (189-198); mais ils peuvent très bien aussi avoir été composés plus tôt et avoir précédé la mort d'Eieuthère.

Irénée avait écrit son ouvrage pour répondre au désir d'un de ses amis, peut-être un évêque, qui lui avait demandé un exposé des erreurs des hérétiques qu'il connaissait mal. Dans le plan primitif de l'auteur, cet ouvrage devait être fort court, mais peu à peu, sous sa plume, la matière s'est étendue. Le livre premier démasque (IXêyx^oi;), en en faisant un exposé exact, les erreurs des diverses sectes gnostiques. Du système de Ptolémée, qu'il avait d'abord principalement en vue, l'évêque de Lyon a passé aux autres formes du valentinianisme, et du valentinianisme aux autres formes de la gnose. Les livres ii-v contiennent la réfutation (àvarpoTcii). Dans le deuxième. Fauteur fait appel surtout à la dialectique et aux preuves de raison : il montre l'absurdité des conceptions et l'inanité des arguments de ses adversaires. Dans le troisième — le plus important — , il s'appuie sur la tradition. La règle de la foi se trouve dans l'enseignement des apôtres inaltérablement conservé par l'Eglise.

Or cet enseignement de l'Église et des apôtres contredit celui des gnostiques. Au livre quatrième, la démonstration est reprise « par les paroles de Jésus- Christ » [per Domini sermones); mais dans ces paroles de Jésus-Christ Irénée comprend aussi les enseignements de l'Ancien Testament, puisque c'était toujours le Verbe qui s'exprimait par les écrivains sacrés. Aussi s'applique-t-il dans ce livre à mettre en lumière, contre les marcionites, l'unité d'origine des deux Testaments. Enfin le livre cinquième, sans apporter un nouveau genre de preuves, traite surtout de la question des fins dernières que l'auteur avait négligée dans les livres précédents. L'ouvrage entier se termine par quelques lignes sur Tharmonie du plan divin dans l'humanité.

Le traité Contre les hérésies est, au point de vue théologique, une œuvre capitale, et d'une portée qui dépasse de beaucoup la question particulière du gnosticisme. On peut dire que, par les principes qu'il y pose sur l'autorité doctrinale de l'Église et de l'Église de Rome en particulier, l'auteur réfute par anticipation toutes les hérésies. Dans l'exposé qu'il fait des systèmes gnostiques, saint Irénée se montre sincère et bien informé, encore qu'il n'ait pas toujours tenu compte de l'âge exact de ses documents. Dans la réfutation, sa dialectique est souple et nerveuse. C'était un esprit clair, précis, à qui les abstractions prétentieuses de ses adversaires n'en imposaient pas, et qui prend un malin plaisir à en mettre à nu le ridicule. Son style simple et facile ne paraît, dans la traduction latine, long et embarrassé que par suite de la fidélité excessive de cette traduction à se calquer sur la phrase originale. L'évêque de Lyon, au début de son livre (i, Préf., 3), exprime la crainte que l'habitude où il est de parler le celtique n'influe sur

sa manière d'écrire le grec. 11 ne semble pas que cette crainte se soit réalisée.

Le second traité entièrement conservé de saint Irénée est la Démonstration de la prédication apostolique ('Ettioei^iç TotJ àiïoffToXtxoû xYipÛY[J<-a'ro;) , retrouvée récemment dans une traduction arménienne très littérale du vn* ou du viii* siècle^. L'ouvrage, qui est postérieur à YAdversus haereses, est adressé à un ami de l'auteur nommé Marcien. Il contient d'abord un exposé des principaux dogmes chrétiens, puis une démonstration, par les prophéties, de la vérité de ces dogmes. C'est une petite apologie à l'usage des fidèles; mais saint Irénée n'y sort pas d'ailleurs du cadre des idées qu'il a développées dans le traité contre les hérésies.

Parmi les écrits de l'évêque de Lyon dont on n'a que des fragments, il faut mettre d'abord une lettre à Florin Sur la monarchie ou sur ce que Dieu n'est pas l'auteur du mal. Ce Florin, qui avait suivi avec Irénée, en Asie, les leçons de Polycarpe, était passé à la gnose. Dans le fragment conservé, saint Irénée lui rappelle les enseignements de leur commun maître (EusÈBE, H. E., V, 20, 4-7).

L'hérésie de ce même Florin fut de plus l'occasion pour saint Irénée d'écrire un traité De l'ogdoade, dont Eusèbe a rapporté la clause finale [H. E., v, 20, 1, 2), et peut-être une lettre au pape Victor dont il s'est conservé un fragment.

Signalons encore avec Eusèbe une lettre à Blastus Sur le schisme [H. E., v, 20, 1; cf. v, 15); « un livre très court et tout à fait utile contre les Grecs intitulé

\. Édition K.TER-McKEr.TTscHiAN etE. Ter-Minassiantz, Des hl. Irenaeus Schrift « Zum Erweise der apostolischen Verkundigung • (Texte und Vnters., xxxi, i), Leipzig, 1907. Traduction française par J. Barthoulot, Saint Irénée, Démonstration de la prédication apostolique, avec une introduction et de§ notes par J. Tixeront, Paris, 1917 (Extrait des Recherches de Science rcUnieuse, 1916, n"' K-e). Patrol. orient., tom. XII.

De la science » (une apologie probablement, v, 26) ; un recueil de Discours divers [ibid.), et enfin, à l'occasion de la question pascale, des lettres au pape Victor et à d'autres cvêques [H. E., v, 23, 3; 24, 11- 18). Les Discours sur la foi à Demetrius, diacre de Vienne, dont il reste cinq citations, sont d'authenticité douteuse. Les quatre fragments dits de Pfaff sont certainement un faux.

S 3. — Écrivains antimontanistes et autres.

Comme le gnosticisme, le montanisme rencontra dans l'Eglise, et surtout dans l'épiscopat, d'ardents adversaires qui le combattirent par la parole et par la plume, mais dont les ouvrages ont disparu ou ne sont connus que par des citations. Tels, celui de l'évêque Apollinaire d'Hiérapolis entre les années 170-175 (EusÈBE, H. E., v, 16, 1; 19, 1 et suiv.), et celui de l'apologiste Miltiade^ Qu'il ne faut pas qu'un prophète parle en extase [ibid., v, 17, 1), qui ont entièrement péri. En revanche, Eusèbe a cité largement celui d'un anonyme, évêque ou prêtre dans la Phrygie orientale, non loin d'Ortrys, qui a dû voir le iour vers 192-193 [H. £"., v, 16-17). Ce traité, qui comprenait trois livres, était dédié à un certain Avircius Marcellus que nous retrouverons plus loin. Contre le montanisme encore écrivirent, vers 196-197, Apollonius, asiate cité par Eusèbe [H. E., v, 18) et, sous Zéphyrin (199-217), le prêtre romain Caius qui, pour arracher aux hérétiques un de leurs principaux arguments, niait que saint Jean fût l'auteur de l'Apocalypse et même du quatrième évangile {H. E., vi, 20; cf. ii, 25, 6, 7; m, 28, 1, 2; 31, 4) ^ D'autres réfutations

1. Voir sur lui P. de Labriolle, La crise montaniste, p. 278 et soiv.

plus OU moins directes pourraient être encore signalées, et rien n'empêche de ranger, si l'on veut, parmi les auteurs antimontanistes les quelques écrivains de la fin du II* siècle dont il va être question, car ils se sont tous occupés de l'hérésie pour la condamner.

A Rome, c'est le pape Victor (189-199) dont on sait qu'il sévit contre les montanistes, les quartodécimans et les adoptianistes. Saint Jérôme [Vir. ilL, 53) en fait, avant Tertullien et avec Apollonius, le premier écrivain ecclésiastique latin et lui attribue quelques opuscules [ibid., 34). On ne sait trop quelle portée il faut donner à ces renseignements.

En Orient, trois évêques attirent notre attention.

Le premier est Denys de Corinthe (vers 170), un des hommes les plus consultés de son temps. Eusèbe (iv, 23) a connu de lui huit lettres dont il indique brièvement le sujet. Les six premières sont adressées à diverses Eglises; la septième est adressée au pape Soter, et la huitième à une chrétienne nommée Chrysophora. Eusèbe a cité des passages de la lettre à Soter.

Après Denys, il faut nommer Sérapion d'Antioche (191-212) dont Eusèbe (vi, 12) avoue qu'il ne connaît probablement pas tous les ouvrages. 11 mentionne en tout cas des écrits A Doninus (Domnus avait quitté la foi chrétienne pour le judaïsme) ; des écrits A Pontius et à Caricus, et d'autres lettres, mais plus spécialement une lettre aux chrétiens de Rossos Sui- V évangile attribué à Pierre : l'évêque d'Antioche en interdisait la lecture.

De ces évêques toutefois le plus célèbre et le mieux pourvu en titres littéraires est l'évêque de Sardes en Lydie, Méliton. On ne sait que peu de chose de sa vie. Déjà connu sous Antonin le Pieux (138-161), il était, sous Marc Aurèle (161-180), à l'apogée de sa

renommée. Sa mort doit se mettre avant l'an 190. Eusèbe a donné les titres d'une vingtaine d'ouvrages sortis de sa plume, entre lesquels on peut distinguer un ouvrage Sur la Pâqiœ, en deux livres, d'autres Sur l'Eglise, Sur le dimanche, Sur le baptême, Sur la prophétie, Sur l'apocalypse de Jean, Sur la corpo-' réité de Dieu, etc., et un livre intitulé La clef. Anas-» tase le Sinaïte [Hodegos, xii, xiii) en a signalé deux autres, l'un Sur la passion (de Notre-Seigneur), le second Sur l'incarnation du Christ. De tout cela malheureusement, en dehors des citations d'Eusèbe et d'Anastase, il ne subsiste que des fragments grecs et syriaques qui ne sont pas tous d'une authenticité garantie ^ On doit d'autant plus le regretter que Méliton paraît avoir été un auteur plus représentatif de l'école asiatique à laquelle il appartenait.

Signalons enfin, en terminant ce chapitre, et pour être moins incomplet, deux documents importants :

D'abord la lettre de Polycrate, évêque d'Éphèse, au pape Victor (vers 190), dans laquelle il revendique le droit pour les Eglises d'Asie de suivre leur tradition pour la célébration de la fête de Pâques (Eusèbe, H. E. , v, 24, 1-8; III, 31, 2, 3);

Puis l'inscription d'ABERCius^, Cette inscription, dont M. Ramsay, en 1883, a découvert une grande partie du texte original avee le cippe funéraire qui le portait, est l'épitaphe en vingt-deux vers et composée par lui-même d'un certain Abercius, citoyen de la ville d'Hiéropolis, dans la Phrygie Salutaire. Abercius, dans un langage d'un allégorisme transparent, s'y déclare disciple du saint Pasteur, parle de ses voyages à Rome et en Syrie, et mentionne clairement le

1. Voir Otto, Corpus apologetarum, ix, p. 374 et suiv., 497 et suiv.

2. Voir J. WiLPERT, Fractio panis, Paris, 1896, p. 95 et suiv. Diction' naire d'apologétique, Épicràphie, p. 1435 et suiv.

baptême et l'eucharistie. L'inscription, sûrement chrétienne, date de la fin du ii' siècle, et l'Abercius qui l'a composée est probablement l'Avircius Marcellus à qui l'anonyme antimontaniste dont il a été question ci-dessus avait dédié son ouvrage. M^"" Duchesne pense qu'il était évêque d'Hiéropolis.

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