‹ Précis de patrologieChapitre 19 sur 174 · II. Apologie et polémique · texte numérisé non relu

II. Apologie et polémique

L'ouvrage principal d'Origène apologiste est le traité Contre Cehe, en huit livres. Celse était un lettré platonicien, fermement attaché à la religion nationale, qui écrivit, vers 177-178, un livre d'attaques contre le cliiislianisme intitulé 'AXriôrii; Xôyo;, Discours véritable^ ou plutôt Démonstration de la vérité. Dans cet écrit, dont nous possédons, grâce à Origène, environ les neuf dixièmes en substance et les sept dixièmes mot à mot, l'auteur fait preuve d'une connaissance du christianisme à peu près unique parmi les païens de son (omps. Bien qu'il n'en ait saisi ni l'originalité ni la profondeur, Celse a vraiment étudié la religion qu'il attaque. Il a lu lès Livres Saints ; il en a relevé les difficultés et les contradictions apparentes : il sait qu'il y a des sectes parmi les chrétiens et il en tire argument contre la vérité de leur croyance : à la manière de Voltaire, il est caustique et moqueur. Son ouvrage toutefois ne semble pas avoir eu grand succès au moment où il parut, et il serait probablement resté dans l'oubli si Origène, cédant aux sollicitations d'Ambroise, ne l'en avait tiré en le réfutant vers les années 244-249. Aux quatre livres du Discours véritable Origène en opposa huit, mais qui suivent d'ailleurs pas à pas ceux de l'adversaire. Sauf au commencement, l'apologiste a simplement cité par tranches l'ouvrage qu'il combat, en y ajoutant ses réfutations et les preuves de la vérité du christianisme. L'antiquité a beaucoup apprécié ce travail d'Origène, celui de ses écrits en effet qui met le mieux en évidence sa prodigieuse érudition.

On est aussi très frappé de la fermeté de foi qu'y montre l'auteur, et de la tranquillité sereine avec laquelle il aborde et résout les objections de Celse.

Le Contra Celsum est le seul ouvrage d'apologie et de polémique d'Origène qui subsiste. On a conservé seulement le souvenir d'un certain nombre de discussions qu'il soutint soit contre les juifs, soit contre certains hérétiques et dont les procès-verbaux avaient été dressés. Il se peut aussi que, en dehors des réfutations des principales hérésies qu'il a eu l'occasion de [aire dans ses ouvrages, il ait dirige contre telle ou telle de ces erreurs des traités spéciaux. Si ces traités ont existé, nous ne les avons plus.

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