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III. Théologie

Le plus important des écrits théologiques d'Origène est le Uiçt ixp/Mv [De principiis), Sur- les principes. Le texte grec en est perdu : il n'en reste, en dehors des citations, que deux grands morceaux comprenant le commencement du livre m et celui du livre iv dans la Philocalie. Mais nous avons l'ouvrage entier dans une traduction latine de Rufin, traduction peu fidèle malheureusement, où Rufin a modifié ou même supprimé certains passages peu orthodoxes, et en a introduit d'autres pris ailleurs dans l'œuvre d'Origène. Une traduction littérale par saint Jérôme n'est plus connue que par vingt-sept courts fragments.

Le De principiis a été écrit à Alexandrie peu avant 231, par conséquent vers 229-230. Origène en a déclaré dans sa préface l'objet et le but. Partant de la prédication apostolique et ecclésiastique comme de la source de toute la foi chrétienne, l'auteur donnera des enseignements fondamentaux (àpx.ai) de cette foi un exposé lié et systématique, où il s'efforcera d'en synthétiser les éléments épars, d'en éclaircir les obscurités et d'en compléter les simples indications. C'est

toute l'idée d'une somme de théologie, idée qu'un homme de génie seul pouvait concevoir à cette époque.

Origène a divisé le Périarchon en quatre livres. Le premier a pour objet Dieu, son unité, sa spiritualité, le Verbe, le Saint-Esprit et les anges. Le deuxième s'occupe du monde et de sa création, de l'homme et de son origine, de la rénovation de l'homme par l'incarnation et des fins dernières. Le troisième livre expose la nature de la liberté humaine, la lutte qu'elle soutient entre le bien et le mal et le triomphe final du bien. Dans le quatrième, l'auteur traite de l'interprétation des Livres saints et propose ses théories exégétiques.

L'essai de synthèse tenté par Origène était prématuré, et l'auteur y a glissé des erreurs qui ont nui, dans la suite, à la réputation de son ouvi-age. L'opinion de saint Jérôme qui y trouvait « plus de mal que do bien » est cependant fort exagérée. On est bien plus frappé par la profondeur des vues que ce livre suppose que par la témérité malheureuse de certaines des hypothèses qu'il contient.

Antérieurement peut-être au DeprincipiiSf Origène avait composé à Alexandrie des Stromates, connus seulement par quelques citations. C'était, semble-t-il, un ouvrage où il exposait, à l'aide de l'Ecriture, les dogmes chrétiens en montrant, d'une part, en quoi ib diffèrent des doctrines païennes, mais, de l'autre, comment aussi ils trouvent un appui dans les écrits des philosophes.

Mentionnons enfin deux ouvrages Sur la résurrection, le premier, en deux livres, composé à Alexandrie, le second également en deux parties, sous forme dialoguée. Il s'en trouve quelques fragments cités par Methodius d'Olympe, Pamphile et saint Jérôme.

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