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II. Ecrits en vers

Les autres œuvres, dogmatiques ou morales, de saint Ephrem, affectent presque toutes la forme métrique. Le vers syriaque est fondé non sur la valeur, brève ou longue, des syllabes, mais uniquement sur leur nombre. Le vers à peu près exclusivement employé par saint Ephrem est levers de sept syllabes. Dans les discours ordinaires et les homélies ces vers se suivent simplement; dans les hymnes proprement dites, ils sont groupés en strophes qui vont de quatre à douze vers, entremêlées parfois de strophes plus courtes qui servent de refrain. Homélies et discours poétiques [Mîmrê] et Hymnes [Madrâschê, proprement instructions) peuvent d'ailleurs avoir le même objet spéculatif ou pratique : la forme seule diffère un peu.

1° Parmi les écrits à la fois dogmatiques et polémiques de saint Ephrem, il faut ranger les cinquante-six discours contre les hérésies (ii syr.," 437-560), dirigés surtout contre Bardesane, Marcion et Manès; les quatre-vingts discours Contre les scrutateurs (m syr., 1- 150), c'est-à-dire contre les hérétiques qui s'attaquaient à la Trinité ou à l'incarnation; les sept sermons Sur la Perle ou Sur la Foi (m syr., 150-164) et les trois encore Sur la foi [ibid., 164-208) ; le discours contre les juifs [ibid., 209-224) ; le discours De Domino no-

stro (sur rincarnation, Lamy, i, 145-274); les quatre chants contre Julien l'Apostat et les deux discours (en prose) contre les hérétiques et les juifs (Overbeck, 1 etsuiv.).

2° Aux homélies proprement dites on peut rapporter douze sermons exégétiques sur divers passages de l'Ancien Testament (ii syr., 316-395); douze discours sur le Paradis (m syr. , 562-598) et dix discours sur Joseph vendu par ses frères (Lamy, m, 249-640).

3° Les discours sur les mystères de Notre-Seigneur et les panégyriques des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament forment dans l'œuvre de notre auteur une partie importante. On y trouve vingt-deux sermons sur la Nativité de Jésus-Christ (ii syr., 396-436; m syr., 599; Lamy, ii, 427-516); quinze discours sur l'Epiphanie (Lamy, i, 1-144); quarante et un autres sur divers mystères (Lamy, passim) ; vingt discours sur la Sainte Vierge (Lamy, ii, 517-642) et d'autres encore sur les apôtres, les martyrs et les confesseurs.

4° Dans les écrits que nous venons d'énumérer, saint Éphrem n'a jamais négligé de donner aux exhortations pratiques une large place. Mais il a traité aussi exclusivement de matières morales et ascétiques dans bon nombre de discours et de chants dont quelques-uns passent pour ses meilleures compositions. Dans quatre discours, il établit les fondements de la morale en s'occupant du libre arbitre (m syr., 359-366). Viennent ensuite toute une série de traités ou de sermons relatifs à la vie chrétienne, sacerdotale ou monastique, dans le détail desquels il serait trop long d'entrer. Entre tous il faut signaler les soixante-seize exhortations à la Pénitence (m syr., 367-561) et les discours sur les Rogations (Lamy, 1-126). Les Carmina nisibena, ainsi nommés parce que beaucoup de ces chants en effet s'occupent de Nisibe et de son histoire^ peuvent aussi, dans

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l'ensemble, être rangés parmi les ouvrages de morale chrétienne (Bickell).

5° Enfin on a de saint Ephrem quatre-vingt-cinq discours ou hymnes funèbres, prononcés ou chantés aux funérailles de chrétiens de tout ordre et de toute condition, évêques, prêtres, moines, simples laïques, pères et mères de famille, etc., intéressants pour la connaissance des mœurs et de la liturgie du temps (m syr., 225-359).

L'authenticité du Testament de saint Ephrem (ii gr., 395-410) est contestée.

S 2. — Auteurs moins importants.

Entre les disciples de saint Ephrem, on cite comme ayant écrit quelques ouvrages Mar Aba, auteur d'un commentaire sur les évangiles et d'écrits exégétiques ; Zenobius, diacre d'Edesse, auteur d'épîtres, de traités contre Marcion et contre Pamphile et d'une vie de saint Ephrem; et enfin un certain Paulonas, auteur également de traités contre les hérétiques et d'hymnes sacrées ^ .

A la fin du iv^ siècle appartiennent les noms de Cyrillona et de Grégoire. Du premier, qu'il faut peutêtre identifier avec Assamya, le neveu de saint Ephrem, on a six pièces de vers dont l'une est datée de 397, et qui dénotent un vrai talent poétique-. De Grégoire, contemporain de saint Épiphane, on'^ossède des lettres et un traité sur la vie ascétique^.

Avec l'évêque Marouta de Maipherkat nous entrons dans le v« siècle. Marouta fut surtout un historien.

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