‹ Précis de patrologieChapitre 92 sur 174 · Ibid., p. 126-4S · texte numérisé non relu

Ibid., p. 126-4S

4. La lettre deTunibiusàldaceetCeponius ne paraît pas authentique.

5. P. L., XII, 1111-1302. F. CEhler, Corpus kereseologic, i, Berlin, isse!

quatre-vingt-douze premières par les catalogues antérieurs au sien, notamment par le Syntagma de saint Hippolyte ; pour les soixante-quatre dernières, il semble être original. Son livre est d'ailleurs monotone, lourd et d'un style médiocre. On en met la composition entre 383-391. La mémoire de l'auteur fut célébrée par son successeur à Brescia, Gaudentius, dont le dernier sermon, sur les dix-neuf que nous possédons de lui, est intitulé De la vie et de la mort du bienheureux Philastrius.

S 5. — Saint Ambroise et les évêques de la fin du IV' siècle.

Saint Ambroise ^ naquit probablement à Trêves, en 333, d'un préfet des Gaules du même nom, et reçut à Rome une éducation chrétienne. Après avoir fait son droit et plaidé avec succès, il fut nommé, jeune encore (vers 370), gouverneur consulaire de l'Emilie et de la Ligurie avec Milan pour capitale, 11 administrait au gré de tous, quand la mort de l'évêque arien de Milan, Auxence, vint donner à sa vie une autre direction. Réclamé pour évêque par le peuple dans les circonstances que l'on sait, Ambroise dut consentir à son ordination. Elle eut lieu probablement le 7 décembre 374.

Dès lors, tout son temps fut partagé entre l'étude des sciences sacrées, où il avait tout à apprendre, le gouvernement de son Eglise et le soin des affaires de son peuple, qui le consultait incessamment et sur tout, et le soin même des intérêts des princes et de l'Em-

i. œuvres dans P. L., xiv-xvii. Voir A. Baunard, Hiat. de S. Ambroise Paris, 3» éd., 1899. A. de Broglie, S. Ambroise, Paris, 1899 {Les Saints). V. DE LjiBMOLLE, S. Ambfoise, Paris, 1908 (La pensée chrétienne). R. Thamti, S. Ambroise et la morale chrétienne au IV* siècle, Paiis, 1895.

LES ÉCRIVAIKS DK L'OCCIDENT. 311

pire dont il fut le conseiller et le soutien. Saint Ambroise, en effet, est le premier de ces évêques politiques, qui se sont efforcés d'unir étroitement l'Eglise à l'Etat, et dont la sollicitude s'est étendue à la prospérité de l'une et de l'autre. Le jeune Gratien (375-383) le révérait comme un père. Trois fois il entreprit, pour Valentinien II, le voyage des Gaules. 11 fut l'ami de Théodose, et prononça, le 25 février 395, son oraison funèbre. En même temps, il s'opposait au rétablissement de l'autel de la Victoire, se maintenait, contre l'impératrice Justine, en possession de la basilique porcienne, invitait Théodose à la pénitence publique, s'occupait de la conversion d'Augustin, présidait des conciles, introduisait dans l'Eglise le chant des hymnes et étendait bien au delà de ses limites naturelles l'influence de son siège. Cette influence persévéra même après sa mort, survenue le 4 avril 397.

Ambroise a dû l'extraordinaire considération dont il a joui à son inlassable dévouement pour son troupeau, à la dignité de son caractère et à la hauteur de ses vues, mais aussi à ses rares aptitudes administratives et au don de gouvernement qu'il possédait au suprême degré. 11 apporta dans l'exercice de l'épiscopat les idées nettes, la fermeté, l'esprit pratique, la juste mesure dont il avait fait preuve dans sa magistrature civile. Au point de vue intellectuel, il offre un remarquable exemple de la réaction que l'esprit peut exercer sur les idées dont on le nourrit. Possédant bien ses classiques grecs et latins, il dut improviser en quelque sorte sa formation théologique, et c'est chez les grecs qu'il en chercha les éléments. Philon et Origène furent ses maîtres en exégèse; Athanase, Basile, Cyrille de Jérusalem, Didyme, Grégoire de Nazianze ses maîtres de dogme et de morale. Entre les occidentaux, il n'utilisa guère

que saint Hippolyte, le plus grec de tous. Et malgré cela, saint Ambroise est resté un écrivain bien occidental et bien latin, dont l'enseignement est avant tout catéchistique, positif, pratique. Ecrivain, il n'avait guère d'ailleurs le temps de l'être. La plupart de ses œuvres ne sont que des discours qu'il a revus et dont il a fait des traités. Dans ces compositions hâtives il est naturel que l'on trouve de la diffusion et de la négligence. Saint Ambroise n'a ni la profondeur originale de saint Augustin, ni la verve et la langue incisive de saint Jérôme : « c'est un littérateur de second ordre » (de Labriolle). Mais il règne dans son style une certaine force tempérée, une douceur et une harmonie facile qui charmaient saint Augustin et rendent agréable la lecture de ses œuvres. Une légère teinte mystique, fruit de son commerce avec les grecs et de sa piété personnelle, y relève ce qu'aurait eu de terne et de froid la parole officielle du magistrat romain.

L'œuvre littéraire de saint Ambroise comprend des ouvrages d'exégèse, de morale, de dogme, des discours, des lettres et des hymnes.

Page 1