CHAPITRE IV
Tous les êtres vivants respirent, c'est-à-dire consomment de Toxygène et exhalent de l'acide carbonique. Chez les animaux inférieurs les tissus puisent directement l'oxygène dans le milieu ambiant, mais chez les êtres plus élevés en organisation les échanges gazeux se font par l'intermédiaire du miheu intérieur, par le sang qui porte l'oxygène aux éléments anatomiques et reçoit les produits de combustion. L'absorption de l'oxygène par le sang et l'exhalation de CO^ se font au niveau des organes qui constituent l'appareil respiratoire : branchies chez les animaux aquatiques, trachées et poumons chez les animaux aériens. On distingue ainsi trois sortes de respirations : la respiration branchiale dans laquelle les échanges gazeux se font au moyen d'expansions vasculaires flottant dans l'eau, comme chez les poissons, la respiration trachéale dans laquelle l'air est distribué dans tout le corps de l'animal par des tubes ramifiés ou trachées, comme chez les insectes, et la respiration pulmonaire dans laquelle l'air est introduit par un mécanisme spécial .dans des sacs membraneux richement vascularisés ou poumons. Cette dernière, qui est propre aux animaux supérieurs et à l'homme, est la seule qui nous intéresse.
Le poumon peut être comparé à un sac en communication avec l'air extérieur par un tube (bronche et trachée). La cavité de ce sac est plus ou moins divisée par des cloisons qui en augmentent notablement la surface intérieure. Tel est le
poumon très simple des reptiles, de la grenouille. Mais chez les mammifères et les oiseaux, animaux à respiration plus active, le poumon est plus compliqué et constitué par une infinité de petits sacs ou lobules pulmonaires dont chacun est analogue au poumon entier de la grenouille ; ce lobule pulmonaire communique avec, une division bronchique ; sa cavité est divisée par des cloisons en petits compartiments ou alvéoles et sa surface interne est tapissée par un épithélium plat et mince au-dessous duquel se trouve un riche réseau de capillaires sanguins. De la sorte le poumon réalise une vaste surface où l'air extérieur vient se mettre en contact avec une nappe sanguine très mince, mais très étendue. On a évalué approximativement le développement de la surface respiratoire il 200 mètres carrés; la nappe sanguine en occuperait les 3/4, soit 150 mètres carrés. Malgré le peu d'épaisseur de cette couche de sang qui ne dépasse guère celle d'un globule rouge, sa surface est telle que les poumons contiennent plus d'un litre de sang, et en raison de la vitesse de la circulation pulmonaire on a calculé que la masse de sang qui traverse l'appareil respiratoire s'élève à peu près à 20.000 litres en vingtquatre heures.
Nous passerons successivement en revue : i^ le mécanisme par lequel l'air est mis en rapport avec la surface pulmonaire ; 2<> les phénomènes chimiques de la respiration ; 3° l'influence que le système nerveux exerce sur cette fonction ; 4* les troubles respiratoires et plus spécialement l'asphyxie.
ARTICLE I