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HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

Chaque hémisphère peut être schématiquement représenté par un manteau de substance grise (écorce cérébrale) entourant complètement une masse de substance blanche, sauf au niveau du bile où pénètre le pédoncule cérébral; dans cette dernière région se trouvent en outre des masses grises, les noyaux gris centraux, couche optique et corps strié, que les fibres du pédoncule doivent traverser avant de se rendre à l'écorce ; ces

fibres, crabord tassées entre la couche optique et le noyau caudé d'une part, le noyau lenticulaire d'autre part (capsule inleme), divergent ensuite dans tous les sens pour gagner les difîérènles régions de l'écorce {couronne rayonnante de Reil), En outre de ces fibres qui établissent une relation directe entre l'écorce et les centres nerveux inférieurs, un certain nombre de fibres pédonculaires se perdent dans les noyaux gris centraux; d'un autre côté, ces ganglions sont aussi reliés à l'écorce; si l'on ajoute que chaque hémisphère contient encore des fibres d'association entre différentes régions de l'écorce et se relie à l'hémisphère opposé par des fibres commissurales {corps calleux), on aura une idée d'ensemble de la constitution du cerveau.

Dans l'étude que nous allons faire de la physiologie du cerveau, nous envisagerons séparément les fonctions de l'écorce, des fibres blanches et de la capsule interne, enfin celles des noyaux gris centraux. Les faits qui se rapportent à la nutrition du cerveau seront exposés dans un paragraphe complémentaire.

§ 1. — Centres corticaux

Flourkns avait conclu de ses expériences d'extirpation des hémisphères que le cerveau est un organe fonctionnellement homogène, c'est-à-dire qu'il n'admettait point de sièges distincts ni pour les diverses facultés, ni pour les diverses perceptions. Il niait donc la possibilité de localisations cérébrales. La découverte du centre de l'aphasie par Buoca porta un premier coup à cette théorie. Mais ce sont les expériences faites en 1870 par Fritsch et Hitzig qui la ruinèrent complètement.

Ces expérimentateurs démontrèrent en effet que l'excitation de certains points de l'écorce cérébrale, détermine divers mouvements spéciaux; ils limitèrent ainsi dans le territoire cortical une zone en rapport avec la motilité. Aujourd'hui nos notions sur les localisations corticales se sont considérablement accrues grâce aux travaux de Ferrier, de Munck, de CiiARCOT et PiTRbs, etc., et nous savons que certaines parties de l'écorce sont affectées à la motilité, d'autres à la sensibiHté.

Nous traiterons d'abord de la localisation des centres moteurs et sensoriels dans Técorce, puis de la question des localisations corticales des fonctions organiques et des fonctions psychiques.

10 Centres moteurs. — L'existence de centres moteurs corticaux est prouvée par la méthode des excitations et des destructions partielles et par la méthode anatomo-clinique. En combinant ces divers moyens d'investigation, on est parvenu à fixer la situation de ces centres chez les animaux et chez l'homme.

a. Méthode des excitations. — L'écorce cérébrale est formée par la superposition de plusieurs assises de cellules parmi lesquelles les plus remarquables son t les cellules dites pyramidales, en raison de leur forme ; ces cellules émettent par leurs angles de riches prolongements dendritiques et par leur base un cylindre-axe qui descend dans la substance blanche sous-jacente.

En excitant par un courant électrique la région du gyrus sigmoïde chez le chien, Fritsch et Hitzig provoquèrent des mouvements bien définis du côté opposé du corps dans les muscles de la tête et du cou, de la face, des membres antérieurs et postérieurs, suivant les points excités. Le schéma ci-joint indique la position respective de ces centres. Ferrier explora de son côté la zone motrice chez le singe ; la figure 99 représente les différents centres dont on connaît aujourd'hui l'action chez cet animal. On voit qu'ils siègent tous dans le voisinage du sillon de Rolando, sur les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes et le pied des trois frontales supérieure, moyenne et inférieure. La zone dite rolandique est donc la zone motrice. L'excitation de sa partie supérieure détermine des mouvements dans le membre inférieur, l'excitation de sa partie moyenne des mouvements du membre supérieur : extension, flexion, préhension, etc. (voyez la légende de la figure) ; l'excitation de sa partie inférieure des mouvements de la face, des mâchoires et de la langue.

De toutes les expériences d'excitation de l'écorce faites chez

un grand nombre d'animaux appartenant aux difTérenls degrés de l'échelle zoolugique, on peut lirer les lois suivantes : 1° chez tous les animaux la lone motrice occupe la partie moyenne lies hémisphères et se trouve intercalée entre deux zones

Fig. 98.

Cerveau du chiun vu il*en haut. SchËina des lacalUations corticales

(d'après KiiltscH et lilTZlu).

Le IrisnïlE iodiqun le contre <ln diukIcs du cou; lu Wflii, il gauche ilu triangle.

en arrière de la prfcédontc. in centres de la fleiiou et de la'roUtion du nKinliro ;

latentes inexcituhles, l'une occupant la partie anU-rieurc du lobe frontal, l'autre la plus (;rBiide partie des lohcs pariétal et temporal et le lobe occipital ; 2" à mesure qu'on s'élève dans l'échelle loologique et que le cerveau se développe et acquiert plus d'importancf dans les fonctions psychiques, on voit la zone motrice s'étendre et se subdiviser en contres plus nom-

breux cl mieux spi'ciulisi^s. Ainsi ta surface cérébrale cliez le singe est îiicompnrtiblPinent plus liohe en cenLvea moteurs spéciaux que la suifaco lisse du cprveau des rongeurs ; 3" les inourements provoqués par rcxcilation des centres moteurs i^oi'ticnux d'un liéniisphi-rc nul lieu dans le côté opposé du

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Face externe du cerveau du singe. Schfma de» localisations corticales (d'après Feni^ir.rt).

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