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SENS DU TOUCHER

Le sens du toucher qui, au premier abord, paraît être le plus élémentaire de tous les sens, est en réalité fort complexe.

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Fifr. 109.

Points de pression : «, sur le milieu de la plante du pied ; 6, sur la

peau de Tarcade zygomatique ; c, sur le dos (d'après Goldscheider).

Réparti sur toute la surface cutanée et les muqueuses d'origine ectodermique, il nous donne des sensations de nature très dif-

ORGANES DSS SENS

férente : sensations tactiles, sensations thermiques. De leur côté les muscles paraissent posséder une sensibilité propre.

Fig. 110.

k, points de froid, et B, points (te chaud sur la pulpe de l'indicateur

jusqu'aux bords latéraux de l'ongle (d'après Uoloscheider).

Terminaisons papiUe contenant ul M iDlndermii|uea. -

Fig. 111.

dans le derme (d'après Testut).

lure, "> ï, 3, paiiille double. — 3. papille d wrpuscido du lact (*). — 5, MmiQcalioiu

De phis tout le revêtement tant externe qu'interne de notre corps possède la sensibilité générale et peut être le point de

s DE PBISIOLOGIE.

ilO FONCTIONS DE RELATION

diipart (le sensations douloureuses qu'il est nécessaire de séparer des précédentes, Enliii d'autres sensations résultant de modifications des organes internes présentent des caractires particuliers (sensations internes).

Les modalités difféitiiles des sensations tactiles et tber-

Fig. 112. Fig. 113.

Corpuscule de Kraiis;. Corpuscule de Paclni.

n, fiLrc nerveuse; 6, eorpuacuk,

miques ne tiennent pas seulement à la diversité de nature des excitants, mais il semble bien établi actuellement qu'il existe des conducteurs et des appareils nerveux centraux distincts pour chacune de ces sensations. C'est ce que nous avons déjà indiqué en étudiant les centres nerveux; nous avons vu en effet que ces divers modes de sensibilité peuvent être dissociés par des lésions systématiques de la moelle épinif^rc. Or cette dissociation existe aussi à la surface cutanée. Blix et GoldscnBiDEH, en excitant la surface de la peau avec une miuce pointe, ont découvert que les sensations de contact et de tem-

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pérature, bien qu'elles paraissent étendues uniformi^ment sur toute la surface cutanée, occupent en réalité des zones distinctes, séparées par d'autres lones ne donnant pas lien k ces sensations. Il y a à la surface de la peau des points de chaud, des pointi de froid, des points de pression, el chacun de ces points excité mécaniquement ou électriquement donne toujours lieu à la sensation correspondante et non à une autre.

Terminaisons nerveuses dans l'épit hélium de lacornëe (Klein).

Entre deux points voisins, se trouve ordinairement une zone de sensibilité générale, de douleur notamment, insensible à la température ou au contact. Des surfaces muqueuses tout eutières sont absolument insensibles au chaud et au froid (telles que la muqueuse du gland el du cli(oris), alors qu'elles sont au contraire très sensibles au frôlement. La variété des terminaisons nerveuses dans la peau est sans doute eu rapport avec ces diversités de la qualité sensorielle. 11 y a d'abord les corpuscules du tact situés dans les papilles du derme, les corpuscules de Khause dans le derme de certaines muqueuses (conjonctive, gland), les corpuscules do Pacim situés dans le

tissu cellulaire; tous ces organes nerveux ternfîtiaux sont constitués essentiellement par l'extrémité libre d'une fihre nerveuse, le plus souvent ramifiée, s'insinuant entre les cellules épithéliales modifiées qui forment la masse du corpuscule. On trouve aussi des terminaisons libres de fibres sans myéline dans l'épiderme et la gaine externe des poils.

±^ Sensations tactiles. — On les distingue en sensations de contact et sensations de pression, ne différant sans doute que par l'intensité. La finesse de la sensation tactile peut être appréciée à l'aide de Ycstkésiomètre ou compas de Weber ; en appliquant les deux pointes du compas sur la surface cutanée, on s'aperçoit que pour faire naître la perception de deux sensations distinctes, il faut que les deux pointes présentent un certain écartement variable suivant les différents endroits de la peau explorés. Sur la ligne médiane du dos les pointes doivent être écartées de 5 à 6 centimètres pour donner lieu à une double sensation, tandis que sur Tavant-bras il suffit pour cela d'un écartement de 3 à 4 centimètres, sur la pulpe des doigts 3 millimètres et à la pointe de la langue 1 millimètre seulement. Cette expérience prouve que les centres nerveux ne peuvent percevoir deux sensations simultanées, à la suite de deux impressions périphériques très voisines, que s'il existe entre les deux points excités un certain nombre de fibres nerveuses non excitées. Chez l'homme la face palmaire est plus spécialement adaptée à l'exercice du toucher, en raison de son acuité tactile et aussi grâce à la mobilité des doigts. La main en s'appliquant sur les différents contours des objets nous permet de juger de leur consistance, de leur forme, de leur degré de poli ou de rugueux, etc. On sait quel degré de perfection atteint le sens du toucher chez les aveugles. La présence de poils à la surface de la peau est un facteur important dans la finesse du toucher. Certains poils chez les animaux (poils tactiles) sont spécialement affectés à ces sensations. On peut constater aussi que pour une région donnée de la peau, la finesse du toucher s'émousse si l'on rase les poils.

On apprécie le degré d'acuité des sensations de pression par le poids minimum qu'il faut appliquer à la surface de la peau pour faire naître une sensation de cette nature. La peau du front, des tempes, de l'avant-bras est particulièrement bien douée sous ce rapport ; il suffît d'un poids de 2 milligrammes pour développer la sensation de pression dans ces régions, tandis qu'il faut un poids de 10 milligrammes pour la pulpe des doigts.

Lorsqu'une excitation périphérique fait naître une sensation tactile, nous avons toujours conscience du siège de la région excitée ; en d'autres termes nous nous orientons dans le champ tactile et nous y localisons nos sensations. Ce fait rentre dans cette loi générale que les centres nerveux rapportent toujours à la périphérie les modifications qu'ils éprouvent. Ainsi un nerf est-il excité dans sa continuité, la sensation douloureuse est perçue comme si elle avait son point de départ dans les. terminaisons ultimes du nerf. On n'ignore pas que les amputés éprouvent souvent des sensations qu'ils localisent dans le membre absent. Cette propriété d'extériorité et de localisation des sensations permet d'interpréterl'illusion du toucher connue sous le nom d'expérience c?'Aristotk : si l'on touche une petite boule avec les extrémités de deux doigts croisés l'un sur l'autre, l'index et le médius par exemple, on éprouve la sensation de deux boules. C'est qu'en effet par expérience nous avons associé les sensations éprouvées normalement par les côtés contigus de deux doigts dans la notion d'un seul objet et celles qui naissent de l'excitation des côtés opposés des doigts (bord radial de l'index et cubital du médius par exemple) dans la notion de deux objets distincts. L'illusion tactile tient donc à ce que l'excitation porte sur des points de la peau qui n'ont pas coutume d'être excités simultanément par le même objet, et cette illusion est si forte que notre erreur de jugement ne peut être rectifié que par la vue.

Un autre caractère important des sensations tactiles, caractère qui est du reste commun à toutes les sensations, c'est qu'elles persistent un certain temps après que l'excitant qui les a provoquées a cessé d'agir. Une pièce de monnaie appliquée sur la peau du front donne encore la sensation de sa présence

loiigti-mps ajirt'S (juVlle a été enlevée. Par là on s'explique le riisiouiK'mfiit en uiie seusatiou unique des sensations frê- <|uemmL'nl ivin^ti'-cs. Si le doigt reroil par exemple 1,500 chocs à la i'eL'iiiulc les imiires^ions tie sout plus pen'ues isolément : elles se fusionnent.

2° Sensations thermiques. — l.a tempiTalutc de la peau reste constante lorsiiuo l'upport de calorique par sa face pro-

Fig. 115.

Topographie de In sensihilité pour le froid et pour le chaud dans la

même région de la Tace antérieure de la cuisse (d'après Golds-

fonde et la perte par sa face superficielle se compcnseiil esactetnent. On dit que la jieau est alors au point uto ; dans ces conditions il n'y a aucune sensation thermi(iue. Mais que cet équilibre thermique soit rompu par des modifications dans l'apport ou la soustraction du calorique, par le contact de

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corps étrangers plus chauds ou plus froids que la peau, nous percevons aussitôt une sensation de chaud ou de froid. Les endroits de la peau les plus sensibles aux différences de température ne se couvrent pas avec les surfaces les plus sensibles au toucher. Du reste, conime nous l'avons dit plus haut, il existe à la surface de la peau des points distincts pour la sensibilité tactile et pour la sensibilité thermique ; bien plus il y a des points spéciaux pour le chaud et pour le froid ; ces deux sensations thermiques sont donc le résulat de deux modes d'énergie nerveuse absolument différents ayant leurs appareils propres. (Voyez fig. 110 et Ho.)

L'acuité thermesthésique est variable suivant les régions : la pointe de la langue arrive en première ligne ; puis viennent les paupières, les joues, les tempes, les lèvres, le dos de la main. Quand nous voulons apprécier la température d'un corps ce n'est pas de la face palmaire, mais bien de la face dorsale de la main que nous nous servons. Avec le doigt trempé dans l'eau, nous pouvons apprécier des différences de température de 1/5 de degré, lorsque toutefois la température de l'eau est voisine de celle du corps. Pour des températures très supérieures ou très inférieures à la normale, la sensation thermique disparaît et fait place à une sensation douloureuse de brûlure. La peau est aussi plus sensible aux différences de température lorsqu'elle est impressionnée sur une plus large surface. La température d'un bain très supportable à la main peut ne pas être tolérée par le corps entier.

3^ Sensibilité musculaire. — Nous avons déjà parlé antérieurement de cette sensibilité spéciale des muscles qui nous permet de juger de la force déployée dans la contraction et qui intervient dans la régulation de nos mouvements. C'est surtout grâce à cette sensibilité cpie nous pouvons reconnaître des différences de poids entre les objets que nous soupesons. Dans l'action de soupeser nous faisons intervenir la contraction musculaire, et par là nous apprécions des différences de poids bien plus faibles que celles qu'il nous serait possible d'estimer à l'aide des seules sensations de pression cutanée.

A^ Sensibilité générale. — Nous comprenons, sous ce titre, les sensations de douleur et les sensations internes.

a. Sensations douloureuses. — La douleur peut être provoquée par l'excitation de tous les nerfs sensibles, y compris les nerfs sensoriels d'après certains physiologistes. Il suffit pour cela que l'excitation des Hlets nerveux acquière une certaine intensité. Los nerfs viscéraux à Tétat physiologique ne donnent lieu à aucune sensation consciente ; mais ils peuvent conduire des impressions douloureuses à Fétat pathologique. Beaucoup de physiologistes pensent que les sensations de douleur ont des voies de transmission distinctes ; ils appuient surtout leur manière de voir sur les cas de dissociation de la sensibilité tactile et de la sensibilité douloureuse dans certaines lésions de la moelle. Toutefois cette conclusion n'est pas forcée, et comme on observe en somme tous les degrés entre une sensation tactile ou thermique et la sensation douloureuse, il est loisible de considérer celle-ci comme une transformation des premières et de ne pas lui accorder, par conséquent, de conducteurs spéciaux. Il ne paraît pas possible actuellement de trancher la question.

b. Sensations inteimes. — Ces sensations ont des analogies avec les sensations tactiles et les sensations douloureuses. Ce qui les caractérise essentiellement, c'est leur subjectivité ; on ne peut en effet les localiser que vaguement dans telle ou telle région. De ce nombre sont les sensations de la faim, de la soif, de la fatigue, de la volupté, etc.

ARTICLE H

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