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SENS DE L'ODORAT

Le sens de l'odorat nous donne les sensations particulières nommées odeurs. Ces sensations présentent le même caractère subjectif que les sensations gustatives. Le nerf olfactif trans-

met jusqu'aux centres ci-ri'bi'aux les impressions olfactives recueillies à la surface Je la muqueuse piluitaire.

1" Odeurs. — L'excitant spi-cifique de Toppareil olfactif consiste dans des particules gazeuses ou solides finement divisées en suspension dans le milieu ambiant. La ténuité de ces particules est telle qu'on a pu soutenir pendant un certain temps que les odeurs sont dues aux vibrations d'un fluide

Fig. in.

Innervation de la paroi externe des fosses nasales (Testdt).

Iraclm olfuclil. — î, liulbc olfatlif. — 3, branehcs du nert olfaciif. — 4, updrjcuT- — 5, BangtJûD de Mpckcl. — '' «rf eph^BO-paratin. — 10. Il, 11. 12',

impondérable. Mais Tykball a prouvé que les effluves odorants sont en réalité constitués par une division extrême de la matière, en montrant qu'ils sont capables d'absorber les rayons calorifiques dans une mesure variable suivant la nature du corps odorant qui leur donne naissance. 11 est impossible d'établir une classification des odeurs ; on ne peut guère

caractériser mie odeur qu'en la désignant du nom du corps odorant lui-même.

Pour qu'une odeur soit perçue, il est nécessaire que les effluves odorants soient portés par un courant d'air ascendant jusqu'au contact de la muqueuse olfactive. Cette condition est réalisée dans l'action de flairer. Pour flairer nous dilatons l'oriflce des narines en môme temps que nous produisons une série d'inspirations saccadées ; ainsi le courant d'air pénètre avec force dans les fosses nasales et vient se briser sur la surface muqueuse de la région olfactive. Le courant d'air de l'expiration peut être aussi utilisé dans certains cas pour l'exercice de l'olfaction, par exemple dans l'action de déguster un vin lorsqu'on expire par le nez l'air qui s'est trouvé en contact avec le liquide dans la bouche. De plus la muqueuse olfactive n'est sensible que si elle présente un certain degré d'humidité ; l'air humide se charge plus abondamment des effluves odorants ; d'autre part, il est probable que l'impression olfactive sur les terminaisons nerveuses est le résultat d'une réaction chimique qui se passe entre le corps odorant et le mucus pituitaire. Toutefois l'olfaction ne peut s'exercer dans l'eau. Si on se remplit les fosses nasales d'eau de rose, on ne perçoit aucune odeur.

2^ Nerfs de l'olfaction. — La partie de la muqueuse pituitaire qui recouvre la voûte des fosses nasales, le cornet et le méat supérieurs, et la portion supérieure de la cloison représentent la région olfactive. On y trouve les terminaisons spéciales du nerf olfactif : ce sont des cellules ovoïdes, en relation par un de leurs pôles avec une fibre du nerf olfactif et émettant par l'autre pôle un prolongement libre vers la surface de la muqueuse. Les fibres nerveuses gagnent le bulbe olfactif et s'y terminent; puis, des cellules murales de ce ganglion nerveux naissent d'autres fibres qui remontent vers les centres cérébraux. La destruction du nerf olfactif abolit l'olfaction. Mais certaines impressions de la nature des impressions tactiles ou douloureuses persistent encore, car la muqueuse olfactive reçoit aussi des filets nerveux du trijumeau qui lui donnent

la seiisibililé géuérale. Si donc oii jii-i'seulc sous lo nei d'un anima) dont on a di>truil li'S bulbes olfaclirs un flacon d'ammouiaquc ou de chlorofomic qui l'met des vapeurs irritantes, il D'y aura rien d'tilonnant à ce que cet animal manifeste, par

Fig. 118.

Cellules êpitliÉlialcs de la muqueuse nirartive. A, de la grenouille

B, de l'homme (d'après Max Schultïe).

a, orllule oiraclive. — b, cellule ^pilh^liale niui]iicuw. — 1. doïqu- — £> prolvn-

sa façon de réagir, qu'il ressent encore une impression désagréable.

Le sens du goût et le sens de l'odorat sont ea rapport avec la conservation de l'individu ; ils nous renseignent sur la qualité de nos aliments et de l'air qne nous respirons. Chez les

animaux le sens de l'odorat est beaucoup plus développé que chez l'homme et remplit en outre un rôle très important dans les fonctions génésiques.

ARTICLE IV

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