‹ Précis de physiologieChapitre 66 sur 74 · FONCTIONS DE L'APPAREIL GÉNITAL FEMELLE · texte numérisé non relu

FONCTIONS DE L'APPAREIL GÉNITAL FEMELLE

La puberté chez la femme est marquée (vers la quatorzième année) par l'apparition des règles [menstruation) et l'expulsion des ovules hors des ovisacs ou follicules de Graaf (ovulation)» En même temps apparaissent les caractères sexuels secondaires : développement des poils sur le pubis, développement de la glande mammaire, augmentation des dimensions du bassin.

1" Menstruation. — A cliaque époque menstruelle les organes génitaux de la femme sont le siège d'une suractivité circulatoire intense, qui aboutit à un écoulement sanguin parla vulve. Le liquide qui s'écoule est d'abord muqueux et sanguinolent, puis la proportion de sang augmente. Ce flux mens-

truel dure environ 3 à 4 jours ; le sang rendu est incoagulable, .sans doule en raison de ralcalinifé que lui donne son mélange avec les sécrétions utérine et vaginale; il provient des vaisseaux de la muqueuse utérine. Les cellules épithéliales superficielles de cette muqueuse s'exfolient et laissent à nu la surface sous-jacente gonflée et hypérémiée ; les capillaires distendus se rompent par place. Après la cessation des règles, Tépithélium se régénère par prolifération des cellules profondes. La quantité de sang perdue est très variable suivant les femmes, en moyenne 100 à 200 grammes. Différents phénomènes nerveux accompagnent cet écoulement sanguin : sensation de pesanteur dans les reins et le bassin, lassitude, etc. L'écoulement menstruel se reproduit périodiquement à peu près tous les vingt-huit jours à l'état normal, et la menstruation dure jusqu'à l'âge de quarante-cinq ans environ dans nos climats, puis cesse (ménopause)*

2° Ovulation. — A chaque période menstruelle un ovule se détache de l'ovaire (ordinairement un seul, mais quelquefois plusieurs, comme le prouvent les grossesses gémellaires). L'ovule est logé dans le follicule de Graaf ; pour qu'il arrive jusque dans l'utérus, il faut : T que l'ovisac se rompe ; 2** que l'ovule soit pris par la trompe.

a. Rupture du follicule de Graaf, — Quand l'ovisac est mûr, il fait une forte saillie à la surface de l'ovaire et sa paroi s'amincit. Il suffit alors, pour qu'il se rompe, de la turgescence des vaisseaux du bulbe de l'ovaire ; quoiqu'il n'y ait pas dans ce phénomène une véritable érection, il est certain que la congestion des grosses veines du plexus ovarien exerce une pression excentrique sur la couche ovigène bien propre à favoriser la déhiscence du follicule. A cette cause Rouget ajoute la contraction des fibres musculaires lisses des ligaments larges. A un moment donné, le follicule éclate donc et laisse sortir l'ovule entouré des débris épithéliaux du cumulus proliger. Après la rupture, les parois du follicule s'hypertrophient, se colorent en jaune (corps jaune) ; puis, au bout d'un temps plus ou moins long, suivant que l'ovule est fécondé

OU 1101!, se n'sorbeiit ph Inissiiiit une eîtalricc & la suiTuce de lovair.'.

b. Mii/rulion de l'ovule. — [.'ovuli' tombe dans le (tavillon (II' lîi li'oinpe. I,i- mécanisme d'après lequel s'opiTe celte nii^inliou de l'ovule n'est pas |iarr!iilemeiit élucidé. Il est probable que k pavillon de lu lrom|ie viont s'adapter à la

Fig. 12t.

Follicule de Graaf de l'oïaire de chatte (Klein).

suiface de l'ovaire, grice à la turgescence vasculaire de son lissu et à la coutraclion de ses fibres lisses ; chez certains animaux le (lavilloii de la (rompe est trop éloigné de l'ovaire pour <iue cette iulerprélaliou soil admissible; on fait alors iulerrenir l'actiou de celluks épilhélialcs à cils vibraliles tapissant la caviti^ péiilonéatc. Quoi qu'il en soit, l'ovule parvenu dans la trompe est poussé pui' les cils vibratiles de l'épilhélium de la muquense tubairc jusque dans la matrice. Là il se trouve eu eonlftct avec la surface oruentée de la muqueuse utérine ; s'il n'est pas fécondé, il se déli-uit; mais s'il est fécondé il se greffe sur la muqueuse ; celle-ci l'entoure en bourgeonnant tout autour de lui de manière à lui former une enveloppe (caduque). Les phénomènes ultérieurs qu'il présente son! du

ressort de Tembryologie. Nous nous bornerons ici à quelques détails sur lés phénomènes intimes de la fécondation.

c. Fécondation. — Au moment de la copulation les organes génitaux de la femme entrent, comme ceux de l'homme, en érection; le clitoris fait saillie du côté du vagin, l'utérus se redresse, s'abaisse un peu et son col se dilate pendant l'orgasme vénérien. Le sperme peut être ainsi directement projeté dans l'utérus. Mais tous ces phénomènes ne sont pas indispensables pour la fécondation, car les spermatozoïdes simplement déposés dans le vagin peuvent, en vertu de leurs mouvements propres, émigrer jusque dans la matrice et les trompes et même jusqu'à la surface de l'ovaire, et opérer la fécondation dans ces différentes parties.

Pour que la fécondation s'effectue, il est nécessaire que le sperme prenne le contact de l'ovule; mais cette condition n'est pas encore suffisante, il faut de plus qu'un spermatozoïde pénètre dans l'ovule. L'ovule est une cellule possédant une membrane {membrane vitelline) , un corps protoplasmique (vilellus) avec un noyau (vésicule germinative) contenant un nucléole {tache germinative). Les travaux de Van Beneden ont beaucoup contribué à faire connaître le processus intime de la fécondation. Celle-ci consiste dans la formation, aux dépens de l'ovule et de la tête du spermatozoïde, d'une cellule représentant en puissance le nouvel être. Avant la fécondation l'ovule est le siège de certains phénomènes; on voit en particulier la vésicule germinative rejeter hors du vitellus une partie de sa substance sous forme de deux globules arrondis (globules polaires). Après cette excrétion des globules polaires, le reste de la vésicule germinative constitue un élément nucléaire (le pronucléus femelle) , qui en réalité ne représente qu'un deminoyau de cellule. En effet, lorsque le spermatozoïde a pénétré dans l'ovule (soit en perforant la membrane vitelline, soit en plissant par l'orifice ou micropyle que présente en un point l'œuf de certains animaux), la queue, simple organe de propulsion, se détache et se dissout; mais la tête engagée dans le vitellus ne se dissout point, elle forme un élément nucléaire (le pronucléus mâle) qui lui aussi représente un demi-noyau.

Alors on peut voir ces deux élëmeiits, le pronucléus mâle et le pronucléus femelle, se rapprocher et s'accoler pour constituer une unité physiologique, le noyau de la première cellule de Torganisme, qui va, à partir de ce moment, donner naissance à toutes les autres en se divisant.

Beaucoup de questions physiologiques se présenteraient à propos de la fécondation, telles que la cause de la différence des sexes, la cause de l'hérédité, etc. Comme on ne saurait y répondre d'une manière assez positive, nous les laissons complètement de côté.

Page 1