‹ Précis de physiologieChapitre 67 sur 74 · NUTRITION DE L'EMBRYON ET DU FŒTUS · texte numérisé non relu

NUTRITION DE L'EMBRYON ET DU FŒTUS

On devra étudier le développement de l'embryon dans les traités d'embryologie. Dans ce précis de physiologie nous ne ferons qu'indiquer en quelques lignes la manière dont se fait la nutrition et la circulation chez l'embryon et chez le fœtus.

Le vitellus de l'œuf contient des matériaux alimentaires do réserve dans lesquels l'embryon puisse pour se nourrir. Dans certains œufs, l'œuf des oiseaux par exemple, ces matériaux sont très abondants et suffisent pour le développement complet de l'embryon. Mais dans les œufs des mammifères il n'en est plus de môme, le vitellus nutritif est très peu abondant ; la vésicule ombilicale qui le contient et le système de la circulation omphalo-mésentérique (première circulation), qui répond à ce premier mode de nutrition, ne sauraient donc suffire longtemps. Aussi leur existence est-elle très éphémère chez l'homme. Pour que l'embryoïr continue à se nourrir et à se développer il faut qu'il puisse tirer ses aliments du milieu intérieur de la mère. Cette condition est réalisée par la circulation placentaire.

Dans le placenta les vaisseaux du fœtus viennent se mettre par des divisions arborescentes en rapport avec les lacunes vasculaires du tissu utérin. Il n'y a pas communication entre les vaisseaux du fœtus et les vaisseaux de la mère, mais seulement contact intime. C'est au niveau du placenta que s'opèrent par osmose les échanges de matières entre le fœtus et la mère,

51i FONCTIONS DE GÉNÉRATION

dans le sens le plus large, c'est-à-dire non seulement les échanges gazeux, mais encore les échanges des autres matériaux nutritifs dissous dans le sang. Le placenta remplit donc les fonctions dévolues au potimon et au tube digestif chez Tadulte. A ce mode spécial de nutrition doit naturellement Ci)rrespondre un régime circulatoire api^roprié.

Le mécanisme général de la seconde circulation ou circulation placentaire est facile à saisir si l'on part de ce point de vue que chez le fœtus le poumon et Tintestin ne remplissent aucune fonction, et que le placenta les remplace. Le sang artérialisé dans le placenta au contact du sang de la mère levient vers le corps du fœtus par la veine ombilicale située dans le cordon, traverse l'ombilic et se dirige vers le foie, glande qui doit déjà jouer un rôle important chez l'embryon si Ton en juge par sou volume et son développement précoce. Au niveau du hile du foie le sang de la veine ombilicale se divise en deux parts : l'une se jette directement dans la veine cave par le canal veineux d'ARANzi, l'autre s'y rend également, mais après avoir traversé le système porte intra-hépatique ; le foie ref;oit bien aussi la veine mésentérique (future veine porte), mais comme l'intestin ne fonctionne pas, cette veine n'a pas encore acquis l'importance qu'elle aura plus tard dans l'absorption ; aussi est-il naturel que ce soit la veine ombilicale qui prenne la place du système porte, puisqu'elle ramène les produits d'absorption puisés au niveau du placenta ; en somme, on doit comprendre que la veine ombilicale remplit les fonctions qui sont dévolues à la veine porte d'une part et aux veines pulmonaires d'autre part chez l'adulte. Arrivé dans la veine cave, le sang de la veine ombilicale se mélange avec le sang veineux venant des membres inférieurs et de la partie inférieure du tronc, et ce mélange de sang artériel et de sang veineux se déverse dans l'oreillette droite, ainsi que le sang veineux qui revient de la tête et des membres supérieurs. De l'oreillette droite une faible partie du sang seulement est lancée dans le ventricule droit et de là dans l'artère pulmonaire ; en effet, le poumon ne fonctionnant pas, la circulation pulmonaire qui est liée à l'hématose n'a pas

Page 1