LA
dévaforable à son développement. Nous pouvons trouver dans notre
arsenal chimique des En également défavorables à ce dévelop-
pement.
Supposons qu’à 19500 c. c. de liquide de Raulin, nous ajoutions 1 mer. de nitrate d'argent soit 1/1 500 000 et que nous ensemencions le liquide ainsi modifié avec des spores d’Aspergillus ; nous constatons que celles-ci ne s’y développent pas dans des conditions générales où le liquide de Raulin sans argent donne les merveilleuses cultures dont nous avons ci-dessus parlé. Notons que si, au lieu d’ajouter cette très minime proportion de sel d’argent avant l’ensemencement des spores, nous avions laissé celles-ci germer, et si nous avions ajouté la liqueur argentique alors que la germination était chose accomplie, 24 h. après l’ensemencement, p. ex., la culture se fût produite sans retard et sans déchet (au moins pour la dose indiquée). Ces intéressantes observations conduisent à formuler deux remarques.
D'abord, le sel d'argent, dans la proportion de 1/1500000 ne
s'oppose à la germination des spores, que si ce sont des spores d'As-
pergillus niger ; il ne s’oppose pas à la germination des spores des espèces et genres voisins : 1l est dans la série des agents défavorables ce que les sels de zinc et de fer sont dans la série des agents favori- sants : c’est-à-dire spécifique vis-à-vis de l’Aspergillus niger. On comprend sans peine combien il serait avantageux que nous connussions pour chaque microbe une substance spécifique agissant comme antagoniste sur lui et sur lui seul, et tout le parti qu'on pourrait tirer d’une telle connaissance, et dans la technique microbiologique de laboratoire et dans le traitement rationnel des maladies microbiennes.
Et puis, le sel d’argent s'oppose à la germination de la spore, mais non au développement de l’Aspergillus quand ses filaments se sont déjà formés: les conditions défavorables ne sont donc pas les. mêmes pour la spore et pour la forme végétative, pour la germination et pour la croissance et la fructification, On comprend dès lors aisément que deux auteurs puissent proclamer des résultats différents, - voire opposés, à la suite d’une étude identique en apparence, et quand
on lit superficiellement le mémoire, mais qui en vérité est différente : si p. ex. un expérimentateur a ensemencé de spores d’Aspergillus niger le liquide de Raulin argentique, il constatera que le développement ne se fait pas ; il en conclura peut-être sans plus ample informé, que le nitrate d’argent à 1/1 500000 est toxique pour celte moisissure ; — un autre expérimentateur a ajouté le sel d'argent au liquide alors que commence à s’étaler la lame d’Aspergillus, il constatera que le développement n’est pas entravé; il en conclura peut-être, sans
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