‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 21 sur 145 · MANIFESTATIONS DE LA VIE DES MICROBES · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS DE LA VIE DES MICROBES

bes, même parmi ceux qui sont mobiles, n'ont pas révélé la présence de cils.

Pour une même espèce microbienne, la motilité varie avec les conditions générales du milieu ; elle est augmentée par la chaleur et d'autant plus que la température se rapproche plus de l’optimum thermométrique de végétation correspondant à l’espèce considérée ; elle est diminuée par le refroidissement et supprimée pour une température suffisamment abaissée ; elle est également diminuée puis supprimée pour une élévation de température faible, au delà de l’optimum. Elle dépend de la viscosité du liquide de culture, ou plus généralement de la consistance du mi-

lieu ; elle dépend aussi de la composition chimique de ce

milieu, de sa richesse en oxygène, etc., etc.

Bref, la diversité la plus grande règne en la matière; l’étude de 1x motilité des microbes ne peut être faite avec quelque précision que sur une culture pure, c’est-à-dire sur des microbes d’une espèce bien déterminée. Mais il n’y a dans cette diversité rien qui puisse surprendre, car les microbes représentent un embranchement très vaste, et les zoologistes répéteraient sans doute, sans y changer grand chose, tout ce que nous venons de dire pour les microbes, et sans préciser davantage, s’il s'agissait de protozoaires.

Parmi les mouvements microbiens, mieux vaudrait dire les déplacements, il en est qui méritent une considération spéciale ; ce sont les {ropismes ou {axismes, c’est-à-dire ces transports de microbes sous des influences diverses, et en particulier les chimiotaxismes, c’est-à-dire les manifestations motrices des microbes mobiles dans un sens donné sous l'influence d'actions d’origine chimique.

Si, par exemple, on plonge dans une liqueur organique renfermant des microbes de multiples espèces une pipette capillaire chargée d’un acide organique, disons d'acide malique, pour préciser, on ne tarde pas à reconnaître que certaines espèces viennent se grouper autour de la pipette, là où l’acide malique diffusant est le plus concentré, tandis que d’autres espèces se sont éloignées de la pipette, gagnant les régions où n'a pas encore pénétré l'acide, ou tout au moins les régions qui en renferment le minimum :

condes.

Les microbes se multiplient quand les conditions phy-

siques et chimiques du milieu le permettent. La multiplication se fait par division, chaque microbe se scindant en deux microbes nouveaux, qui tantôt s’isolent, tantôt r'estent adjacents.

Il convient d'insister sur la grande rapidité d’accroissement el de division des microbes, dont on peut s'assurer, au moins dans certains cas, par l'examen d'une culture convenablement choisie et conservée : on a p. ex. constaté que telle bactérie se dédoublait en 2 h., chacune des bactéries issues de celle-là se dédoublant à son tour après 2 h., ce qui conduit à la production en 2 jours de 16 mil-

lions environ de bactéries et en 3 jours de 70 milliards

environ.

Et cette observation conduit à cette remarque : les microbes, infiniment petits et par cela même infiniment faibles, en apparence tout au moins, affirment leur cnfinie puissance en se multipliant à l'infini en un temps très court et en compensant l’infinie petitesse de chaque individu par le nombre infini de ses proches descendants.

Les microbes se nourrissent comme les animaux et végétaux, c’est-à-dire empruntent au milieu les éléments matériels dont ils ont besoin pour augmenter leur masse en vue de leur multiplication, et reconstituer éventuellement leur protoplasma usé par les actes de vie et les éléments énergétiques dont ils ont besoin pour accomplir ces actes de vie.

Le protoplasma microbien ne diffère pas essentiellement du protoplasma animal ou végétal : des analyses approximatives de masses bacillaires, séparées du milieu sur lequel elles se sont développées et desséchées, ont conduit aux nombres suivants :

Albumine, 63,5 ©}, ;

Hydrocarbones et cellulose, 12,2 °/, ;

Cendres, 11,2 °/o;

Autres substances, 13,1 °/o.

Ils doivent donc former aux dépens des éléments du milieu nutri-

‘ainsi se Srbeñ à l'observateur le CR obEE dus Dos des premières espèces et le chimiotaxisme négatif des se

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è tif des albumines et des hydrocarbones et cellulose, comme les animaux et végétaux. Les animaux fabriquent leurs albumines en partant des

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