‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 42 sur 145 · PR · texte numérisé non relu

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dehors de l'économie, d'autre part le sang dont les éléments ne demeurent pas indéfiniment vivants hors des vaisseaux, le sang dont les éléments non figurés ne sont pas vivants, et qui, éléments figurés et éléments non figurés ne se multiplient pas hors de l'organisme. Introduisons une gouttelette de sang microbien dans un bouillon de culture à 40° ; les microbes s'y multiplient, les autres éléments demeurent à un taux invariable. Après 48 h., ensemençcons un second bouillon avec une gouttelette du pre-

mier, et recommencons de 48 en 48 h., afin d'obtenir une

20°, une 50°, une 100° culture. La dernière culture contient

* . une infinité de microbes, comme la première et comme le

sang dont on s’est servi; mais les éléments non vivants de

ce sang sont dilués à l'infini : si p. ex. à chaque ensemen-

cement, nous avons introduit 1 c. c. de liquide dans 100 c. €. de bouillon, la 10° culture ne contient plus que

0,000 000 000 000 000 000 01 c. ce.

du sang primitif, c'est-à-dire à peu près 0 ; quant à la 50e

ou à la 100° culture, elle en renferme une quantité si infi-

niment petite, qu'on peut assurément dire qu'elle n’en contient plus.

Or, cette 50° ou cette 100° culture inoculée à une poule neuve lui donne le choléra des poules typique, évoluant avec tous les symptômes et avec la rapidité coutumière. N'est-ce pas la preuve indiscutable que le microbe est bien la cause de la maladie et non sa conséquence ?

Il est une maladie des animaux, le charbon, qui se développe sous forme épidémique particulièrement chez le mouton (on l’appelle alors souvent sang de rate), chez la vache, chez le cheval (on l'appelle alors souvent fièvre charbonneuse) et qui présente une symptomatologie généralement assez nette et une évolution assez typique pour que le diagnostic en soit relativement facile. A l’autopsie, on trouve la rate tuméfiée, le foie, les reins et les poumons congestionnés, le sang noir et visqueux, renfermant à côté des globules rouges agglutinés de très nombreux leucocytes, etc.

Fa on examine te. sang de Varna atute, Soit aussitôt | après la mort, soit de préférence quelques heures aupara-

ant, on y trouve une quantité considérable de microbes.

Ce sont des bacilles constitués par un bâtonnet de 5 à 6 y de longueur et de 1 à 1 x 1/2 de largeur, coupé carrément à ses extrémités ; les bâtonnets sont isolés ou réunis en courtes chaînes de 2, 3 ou 4 éléments, rarement plus. Ils: sont rigoureusement immobiles, et c'était pour rappeler cette immobilité absolue qu'on avait jadis imaginé le groupe des bactéridies ou bacilles immobiles ; souvent on appelle ce microbe la bacléridie charbonneuse, ou tout simplement la bactéridie.

On peut facilement provoquer le charbon chez un animal tel que le mouton, le cheval ou la vache. Inoculons sous leur peau en opérant aseptiquement une petite quantité de sang prélevé dans les vaisseaux d’un animal qui vient de mourir-ou qui va mourir du charbon. Des accidents locaux se développent de façon très précoce (quelques heures), représentés par un œdème qui s’étend progressivement à partir du point d’inoculation pour envahir parfois une vaste région : le liquide de cet œdème renferme d’abondantes bactéridies reconnaissables à leur forme, à leur colorabilités, à l’ensemble de leurs caractères biologiques. Les accidents généraux sont plus tardifs (quelques jours) ; ils représentent fort exactement les accidents généraux du charbon spontané tels qu’ils se présentent chez un animal de même espèce. Dans les dernières heures de la vie ou aussitôt

après la mort, la bactéridie existe innombrable dans le sang.

Done, qu’il s'agisse de charbon spontané ou de charbon expérimental, la bactéridie en est le microbe-lémoin. Notons pourtant qu’elle ne se trouve pas dans le sang à tous les stades de la maladie ; on ne l'y rencontre qu'à l'approche de la mort ou aussitôt après la mort.

La bactéridie est-elle la cause du charbon? Il ne serait pas sage de répondre affirmativement en se contentant de généraliser la conclusion tirée des expériences faites avec le microbe du choléra des poules, car dans le cas du choléra des poules, on trouve toujours le microbe

dans le sang, dès qu’apparaissent les premiers symptômes

de la maladie, tandis que dans le cas du charbon, la bactéridie n'apparait dans le sang que tardivement,

longtemps après que se sont montrés les premiers sym tômes “charbonneux. La bactéridie est-elle la cause ou la conséquence du charbon ? La question doit être résolue. __ directement.

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On à tout d’abord fourni d’approximatives réponses, et que voici : Inoculons sous la peau de moutons du sang aseptiquement prélevé

chez un animal charbonneux soit pendant la première phase de la

maladie et alors que le sang ne renferme pas de bactéridies, soit

pendant la dernière phase et alors que le sang en est rempli ; nous.

ne provoquerons aucune maladie avec le sang ne contenant pas de

bactéridies ; nous déterminerons un charbon typique avec le sang bactéridien. — Il n’est donc pas absurde de se demander si la bacté-

ridie n’est pas la cause du charbon, mais il serait imprudent de

répondre affirmativement parce que l’agent capable d’engendrer le

charbon pourrait se trouver dans le sang à côté de la bactéridie, sans être nécessairement la bactéridie.

Supposons que nous inoculions sous la peau une brebis pleine avec

du sang charbonneux bactéridien : la maladie se développe et pro-

voque la mort. Le sang de la brebis renferme des bactéridies, mais. le sang du fœtus n’en renferme pas; or le sang de la brebis rend

- charbonneux le mouton auquel on l’inocule, tandis que le sang du

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fœtus ne provoque pas l’apparition du charbon. Le sang est donc capable ou incapable d’engendrer le charbon selon qu’il contient ow

ne contient pas de bactéridies. Et pourtant la conclusion doit être réservée, parce qu’il se pourrait que l’agent charbonneux fût autre: que la bactéridie partageant seulement avec la bactéridie la propriété de ne pas traverser la frontière placentaire.

Ces premières tentatives conduisent à des possibilités, à des probabihtés même, si l’on veut, mais non à des certitudes, et nous avons.

besoin de certitudes.

Revenons donc à la méthode qui nous a servi ci-dessus

quand nous traitions du choléra des poules. Préparons

une culture pure de bactéridies, pratiquons des ensemencements en longues séries de façon à obtenir finalement

une culture renfermant d’abondantes bactéridies, maïs ne

contenant plus rien de ce qui, dans la primitive culture, n'était pas bactéridie, la dilution considérable due aux ensemencements successifs ayant réduit tous ces éléments.

non vivants à zéro. Et cherchons si la dernière culture

engendre le charbon aussi bien que la première.

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