‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 54 sur 145 · LEONE, CARPE A PE · texte numérisé non relu

LEONE, CARPE A PE

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Des trois hypothèses que nous avions envisagées, l’une nous à paru inadmissible (au moins dans les cas et condi-

. tard 4 cgr. et ainsi de suite, de 3 jours en 3 jours, en augmentant

Le ce qui ne veut pas dire qu’ on ne Ru pa en : jour un fait capable de la justifier. au moins dans un où dans quelques cas) ; les deux autres nous ont paruexactes

parfois tout au moins, l’une dans un cas, l’autre dans un autre cas, mais elles ne sont pourtant pas exactes dans tous les cas.

C'est dire que l'immunilé naturelle antitoxique ne

relève pas d’un seul el même mécanisme ; par conséquent, quand on se proposera de résoudre un problème d'immunité naturelle antitoxique, il conviendra de l’examiner

minutieusement en lui-même, en s’éclairant sans doute des résultats acquis dans ce domaine, mais en se gardant bien de ranger à priori et avant toute expérience le nouveau cas dans une catégorie ou dans une autre.

L'état de nos connaissances, très réduit, sur l’immunité naturelle antitoxique ne permet pas de donner plus de préecisions.

On possède des méthodes de traitement des animaux

sensibles aux toxines, qui permettent de les rendre plus

ou moins fortement réfractaires à leur action, qui leur confèrent l'immunilé vis-à-vis de ces loxines, ou, pour préciser, vis-à-vis d'une quantité plus ou moins considé-

rable de ces toxines. Une telle immunité, engendrée chez

un animal naturellement sensible à la toxine est dite

immunilé acquise, et ainsi la distingue-t-on de l’immunité naturelle dont nous venons de parler.

On a pu immuniser le lapin contre plusieurs doses mortelles de sérum d’anguille, inoculées dans les veines, en pratiquant une série d’injections intraveineuses de ce même sérum à doses progressivement croissantes, en commençant par des doses notablement inférieures aux

doses minima mortelles.

La dose minima mortelle de sérum d’anguille en injection intra-

veineuse, pour un lapin de 2 kgr. est de 20 cgr. Injectons dans les.

veines d’un lapin 2 cgr. de sérum d’anguille, puis 2 ou 3 jours plus

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chaque fois la dose injectée de 2 cgr. À la 10° injection, on inocule 20 cgr. de sérum, c’est-à-dire la dose mortelle pour un lapin neuf :

il ne se produit pas d’accidents. On peut continuer la préparation en augmentant chaque fois la dernière dose injectée de 5 cgr., puis 10 cgr. On arrive ainsi fort bien à faire supporter au lapin 20 fois la dose mortelle de sérum d’anguille sans qu’il manifeste aucun accident.

On a obtenu des résultats équivalents en injectant sous la peau de lapins des solutions diluées de venins : une série d’injections, répétées à quelques jours d'intervalle, permet d'immuniser l'animal contre plusieurs doses mortelles du venin.

La dose minima mortelle de venin de cobra en injection intraveineuse pour un lapin de 2 kgr. est d'environ 1/4 mgr. Injectons dans les veines d’un lapin 1/5 mgr. de venin en solution à 1 pour 10000 dans l’eau salée (2 c. c.), et renouvelons cette injection sans changement de 4 jours en 4 jours. On peut, une semaine après la 8 injection préparatoire, introduire dans les veines 3 mgr. de venin de cobra, sans provoquer d’accidents paralytiques, même légers. Or ces 3 mgr. représentent 12 doses mortelles pour le lapin neuf ; ils eussent déterminé, chez le lapin neuf, l’arrêt respiratoire en 12 à 14 minutes.

On a obtenu des résultats équivalents en injectant sous la peau de lapins, de cobayes, de chiens, de chevaux, etc., de très petites doses des {oxines lélanique ou diphiérique, des doses notablement inférieures à la dose minima mortelle, et en répétant de telles injections à plusieurs jours d'intervalle pendant quelques semaines. On a par là réalisé une immunité très nette, car les animaux ainsi trai-

tés peuvent supporter l’inoculation de plusieurs doses

mortelles pour l'animal neuf.

La méthode, dont nous venons de fournir trois exemples,

et qui consiste à injecter à maintes reprises des doses de toxine inférieures à la dose mortelle, présente un caractère général. Elle conduit à l'établissement d'une immunité incontestable, mais relative, car on peut toujours, chez les animaux ainsi préparés, provoquer les accidents typiques et la mort, en injectant un certain nombre de doses mortelles pour l'animal neuf.

L'immunilé ainsi créée est spécifique, c 'est-à-dire que

ARTHUS. — Micros. A1

ET mn préparé n ne en à d’ Pas. que pour la toxix ayant servi à sa préparation. Voici des faits.

Dans les veines d’un lapin immunisé contre plusieurs doses mor-

se telles de sérum d’anguille, injectons la dose minima mortelle de sé-

rum de torpille (ce sérum produit les mêmes accidents que le sérum

__ d’anguille, mais, à volume égal, il est moins toxique que le sérum d’anguille), les accidents se développent et la mort se produit comme si l'injection avait été faite sur un dapin neuf. Inversement, dans les

veines d’un lapin immunisé contre plusieurs doses mortelles de sérum

de torpille, injectons la dose minima mortelle de sérum d’anguille,

les accidents et la mort se produisent comme si l’animal était neuf. Il n’y a pas immunité croisée. ; Si on traite par plusieurs injections sous-cutanées, espacées de 4 à

5 jours, correspondant à des doses non mortelles de venin de serpent-

tigre (venin curarisant) des lapins, on constate que ces animaux sont

immunisés contre plusieurs doses mortelles de venin de serpent-tigre, mais qu'ils ne présentent aucune immunité contre le venin de cobra (également curarisant). |

Ne considérons pourtant pas cette spécificité comme ab-

solument rigoureuse. On note des exceptions à cette Loi

de spécificité, qui correspondent aux cas où la toxine de préparation et la toxine d'essai présentent des similitudes, comme il arrive quand les deux produits dérivent d’ani-

maux appartenant à des espèces zoologiquement voisines. Dans ce cas d’ailleurs, l’immunité acquise est toujours plus

grande vis-à-vis de la toxine de préparation.

Si, dans les veines de lapins immunisés contre le sérum d'anguille (et qui ne le sont pas vis-à-vis du sérum de torpille), nous injectons

1 ou 2 doses mortelles pour le lapin neuf de sérum de congre (poisson zoologiquement très voisin de l’anguille), on constate que l’animal survit sans présenter généralement d’accidents. Mais ces lapins, qui supportent l’inoculation de 20 doses mortelles de sérum d’anguille, meurent si on leur injecte 3 doses mortelles de sérum de congre. :

Le lapin immunisé contre l'injection intraveineuse de 8 à 10 doses

mortelles de venin de cobra possède une légère immunité contre l’in-

jection de venins d’espèces voisines, Naja Haje, Bungarus fasciatus, Naja bungarus, etc., mais cette immunilé hétérologue est moindre que l’immunité homologue : elle correspond p. ex. à 2 doses mortelles, tandis que l’immunité homologue correspondait à 8 ou ro doses.

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