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a habitués à chnerve et Li les réponses de ns un - excitations, leur ont trouvé de tout autres caractères : 1l leur manque en particulier ce caractère de spécificité sur lequel nous avons tant insisté ici. Quand, p. ex. on introduit dans l'estomac d’un —. mammifère du lait de vache, une sécrétion se produit renfermant du … Jabferment, agent diastasique de la caséification du lait ingéré. Si la # caséification achevée, on retire le contenu gastrique pour en séparer Re par filtration le liquide, on constate que celui-ci est apte à provoquer …. in vitro la caséification, non pas seulement du lait de vache (sous l'influence duquel a été produit le labferment), mais d’un lait quel- - conque (de femme, ânesse, chienne, chèvre, etc.). Ce serait le même labferment dépourvu de spécificité qui serait produit si le lait introduit dans l’estomac avait été du lait de femme, d’ânesse, de chèvre, etc., etc.
Quand, exprimant en une courte formule l’ensemble de leurs innombrables observations, les physiologistes définissent l’irritabilité ou excitabilité, ne disent-ils pas : l’irritabilité ou excitabilité est cette propriété que possède le protoplasma vivant de réagir activement, sous l’inflence d’agents divers, mécaniques, physiques, chimiques, convenables, dits excitants, ét un mode dépendant de sa constitution histologique. Les physiologistes donc soulignent en cette définition l'influence capitale de la constitution histologique sur la nature de la réaction ; mais ils ne parlent pas, que je sache, et pour cause, * d’une influence exercée par la nature de l’excitant. 24 = Aussi les physiologistes n’accepteront-ils pas d'enthousiasme cette - seconde hypothèse des bactériologistes ; ils demanderont des justifications précises, d’autant plus que cette hypothèse ne s’accorde pas avec . de nombreux faits biologiques bien constatés et dont nous avons cité un exemple ci-dessus. Comme la première, cette seconde hypothèse n’est qu’un rêve et même un rêve un peu extravagant. Mieux vaut se borner à enregistrer les faits et s’efforcer d’en observer de nouveaux ; l'interprétation viendra plus tard, quand la documentation positive sera suffisante.
Un mot encore à propos d’une théorie... germanique, dite théorie d'Ehrlich, qui a été imaginée pour expliquer l’origine des antitoxines et beaucoup d’autres choses encore. En voici le point de départ. Les composés organiques peuvent présenter plusieurs fonctions chimiques distinctes : tel de ces composés est acide et amine : tel autre, acide et alcool, tel autre alcool et aldéhyde ; tels autres enfin sont pourvus d’un plus ou moins grand nombre de fonctions chimiques distinctes, grâce auxquelles ils présentent plusieurs catégories d’affinités et participent à plusieurs groupes de réactions : l’acide aminé peut s’unir aux bases minérales ou aux alcools pour former des sels ou deséthers,
puisqu'il < est cites il pont aussi s’unir aux acides c ou au sels a puisqu'il est amine. hi Chacune de ces fonctions besoin à certain BR atomi-
SE que contenu dans la molécule et que les chimistes ont coutume de
représenter par des symboles chimiques. Le glycocolle, acide aminé est représenté par la formule NH? — CH? — COOH, qui indique à
la fois sa composition centésimale, son poids moléculaire, et sa con
stitution, c’est-à-dire ses propriétés fondamentales : dans cette formule,
on reconnaît le groupe NH? qui est le symbole des amines etle
groupe COOT qui est le symbole des acides. D’une façon générale un acide aminé quelconque répond à la formule NH?— R — COOH, dans laquelle R représente un groupement atomique variable,
Ces groupes NH? et COOH (et tous autres correspondant à une fonction chimique) unis au groupement R sont dits chaînes latérales de la molécule. Tout corps organique possédant une chaîne latérale NI? peut se combiner à un acide, ou, si l’on veut, fixer et retenir attachée à sa molécule, grâce à cette chatno télé) une molécule acide ; tout corps organique possédant une chaîne latérale COOH peut
se combiner à une base, ou, si l’on veut, fixer et retenir attachée à sa
molécule, grâce à cette chaïne latérale, une molécule basique. C’est dire que les molécules chimiques possédant des chaînes latérales peuvent retenir des molécules chimiques diverses et d’autant de catégories qu'ils ont de chaînes latérales différentes. Les chaînes latérales des molécules organiques, peut-on dire, sont des agents de fixation chimique.
On imagine que les toxines, venins, etc. sont fixés sur les éléments « anatomiques sensibles à leur action; et on peut le démontrer, au moins approximativement, dans le cas particulier de la toxine tétani-. que. Cette toxine produit une exagération du pouvoir excito-reflexe de la moelle : elle est donc un poison nerveux ; or si on mélange une toxine tétanique avec une bouillie de tissu nerveux médullaire ou encéphalique in vitro, on constate que le liquide séparé par filtration a perdu tout ou partie importante de son pouvoir toxique, comme si la toxine qu’il renfermait primitivement s’élait fixée sur le tissu nerveux. On pourrait, à coup sûr, faire maintes objections à la conclusion qu’on ën tire, à savoir que la toxine en général se fixe sur les éléments dont elle altère le fonctionnement; on pourrait faire remar- quer que la bouillie nerveuse ne renferme pas seulement les cellules dont la toxine tétanique modifie le fonctionnement sur le vivant, mais encore beaucoup d’autres éléments anatomiques ; on pourrait
faire remarquer que la toxine tétanique se fixe aussi sur les tissus
ovarien et, testiculaire malgré qu’elle ne semble pas les altérer fonc- … tionnellement, etc. Mais nous ne nous proposons pas de faire la criti= | que de la doctrine jusque dans les détails, Admettons cette hypothèse …
la fixation | des toxines par le éléments sotsibles à Tee action
comme valable,
natures et qualités. Parmi ces chaînes latérales ilen serait quelqu’une
ou quelques-unes qui auraient une affinité spéciale pour une toxine
déterminée et qui la fixeraient, comme la chaîne latérale acide de l'acide aminé fixe la soude. À cette fixation, à cette modification chi-
mique du protoplasma correspondraient les faits pathologiques de
l’intoxication. Dans les intoxications légères un certain nombre seulement de ces chaînes latérales spécifiques seraient saturées de toxine, et les autres, celles qui demeuraient libres sufliraient à assurer le
fonctionnement normal de l’élément cellulaire considéré, et par suite ?
à assurer la fonction physiologique à à laquelle il préside. Dans les intoxications graves, la totalité ou tout au moins le plus grand nombre de ces chaînes latérales spécifiques serait saturé de toxine, et l’élément anatomique, privé de ces chaînes latérales, ne saurait plus assurer ses fonctions normales : la mort en serait la nécessaire conclusion.
Peut-être n'est-il pas inutile d’ajouter, en insistant, que tout cela est purement et simplement hypothétique, ne reposant sur aucune preuve scientifique, ni même sur aucun commencement de justification scientifique. C’est en vérité une simple comparaison littéraire, plus ou moins bien choisie, et qui ne saurait avoir d’autre valeur que celle de préparer un esprit chimiquement éduqué à recevoir communication de certains faits biologiques, ou, si l’on veut encore, d’adoucir, la transition de la chimie à la biologie.
Mais il y a plus dans la théorie d’Ehrlich. On admet que, dans les
intoxications légères, telles, p.ex., qu’on les réalise en cours d’immu- ? ?
nisation, un certain nombre des chaînes latérales spécifiques étant neutralisées par la toxine, le protoplasma (on n’a pourtant pas osé
dire ici, comme le ferait la molécule chimique) reconstruit d’autres chaînes latérales, pour remplacer celles qu’il a perdues, et en fabrique
lus qu’il ne serait nécessaire pour réparer ses pertes : si bien qu’une q
intoxication légère, qui s’est traduite tout d’abord par un appauvris-
sement du protoplasma en chaînes latérales spécifiques, conduit en fin de compte, à un enrichissement de ce même protoplasma en chaînes latérales spécifiques. La seconde injection préparatoire, supposée faite à la même dose que la première, neutralise le même nombre de chaînes latérales spécifiques en laissant un certain nombre inaltérées, le protoplasma répare encore ses pertes et au delà. Tant et si bien que le protoplasma se couvre de tant et de tant de chaînes latérales spécifiques qu’il peut fixer d’énormes quantités de toxine, sans perdre
Ceci posé, on assimile le protoplasma à une combinaison se % - organique complexe présentant plusieurs chaînes latérales, mieux vaudrait dire sans doute, hérissée de chaînes Jatérales de diverses
| ANpeatres pour se maintenir vivant. D’ autre part, ie le nombre
des chaînes surabondantes dépasse une certaine limite, le protoplasma,
le milieu ambiant, où elles représentent l’antitoxine du sérum et des humeurs, capables de fixer la toxine et de préserver le protoplasma,
leur générateur, des atteintes de celle-ci.
Faut-il ajouter que tout cela ne représente qu’une image littéraire, et que tout est imagination pure. Nous doutons que ce petit roman chimico-biologique trouve parmi les chimistes des admirateurs passionnés. Cette molécule protoplasmique avec ses chaînes latérales plus ou moins nombreuses selon qu’elle en perd ou en crée à profusion, et pourtant toujours la même, les laissera probablement rêveurs. Il n'entre pas dans notre plan de présenter une critique méthodique de cette extravagante théorie d’Ehrlich. Nous nous bornerons à quelques remarques, qui montreront bien quelle en est la vanité.
Le venin de cobra et le venin d’hamadryas sont équivalents qualitativement et quantitativement. Ils déterminent notamment, employés à doses égales, les mêmes accidents paralytiques, produisant la mort par asphyxie ; ils agissent l’un et l’autre sur la plaque terminale dans les muscles striés; et quand on les mélange pour les injecter à un
lapin, ils ajoutent arithmétiquement leurs effets. On peut donc ima-
giner, légitimement semble-t-il, qu’ils agissent sur les mêmes éléments anatomiques et de la même façon. Or, en pratiquant 8 à 10 injections sous-cutanées de venin d’hamadryas à dose non mortelle à 5 ou 6 jours d'intervalle chez le lapin, on réalise une immunité très manifeste vis-à-vis de ce venin. Si la conception d’Ehrlich est juste, si les deux venins agissent sur les mêmes chaînes latérales, l’animal immunisé contre le venin d’hamadryas, devrait être égalementet dans la même mesure immunisé contre le venin de cobra. L'expérience montre qu’il ne l’est pas du tout. Faut-il imaginer que le protoplasma contient des chaînes latérales pour le venin de cobra et d’autres pour le venin d’hamadryas (des chaînes cobraphiles et des chaînes hamadryaphiles), totalement indépendantes, ces dernières seules se multipliant dans l’immunisation hamadryasique ; nous ferons remarquer qu’il faut inventer d’autres chaînes encore pour tous les venins curarisants, vis-à-vis desquels l'animal immunisé contre le venin d’hamadryas, reste neuf; et il y en a sans doute des dizaines et des dizaines, peut-être des centaines. Et cela fait vraiment beaucoup de chaînes latérales pour le seul protoplasma des plaques terminales ! Procédons autrement : immunisons le lapin par 8 à 10 injections sous-cutanées de venin de cobra faites à dose non mortelle à 5 ou 6 jours d'intervalle ; l’animal est nettement immunisé contre le venin de cobra (p. ex. contre 3 mgr. de venin de cobra). Mais il est aussi
en laisse tomber quelques-unes, puis d’autres, et d'actes encore dans
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chaînes tra res Le 1 venin injecté a provoqué la forma- À tion de nouvelles chaînes cobraphiles très abondantes et aussi de quelques chaînes hamadryaphiles ; tandis que, précédemment a nous préparions l’animal avec le venin d’ hamadryas, seules les chaînes hamadryaphiles étaient multipliées. Voilà qui est singulièrement compliqué et étrange | Enfin, on peut démontrer que le curare est toxicologiquement équivalent à tous ces venins curarisants et à chacun d’eux en particulier ; qu’il ajoute ses effets arithmétiquement aux leurs; on peut admettre qu’il agit sur les mêmes éléments anatomiques et de la … même façon que les venins. Or si l’on peut engendrer une immu- nité antivenimeuse, on n’engendre pas d’immunité anticurarique ; si l’on fait apparaître des antitoxines venimeuses, on n’en fait pasapparaître d’anticurarique. Pourquoi, si le curare sature les mêmes chai- ie nes latérales ?
Nous sommes autorisés, n'est-il pas vrai, à considérer la édite d’Ehrlich comme dénuée de toute valeur scientifique : ; aussi n'en re- -parlerons-nous plus dans les prochains chapitres malgré que son inventeur et ses partisans, l’étendant et la développant, aient la prétention de la faire régner sur l’entière microbiologie et par delà les frontières de celle-ci sur la biologie tout entière. s.
Nous n'avons pas épuisé la liste des hypothèses qui ont été proposées pour expliquer les faits d'immunité anti- » toxique l’origine des antitoxines, etc. Mais à quoi bon S'y. - attarder : elles ne représentent que de très vagues rêve- #0) ries, et nous estimons plus utile de traiter de réalités scientifiques. Si, exceptionnellement, nous avons parlé . théories, c'était surtout pour en montrer la vanité. ee