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| Nousn n’avons pas épuisé Plate de la séro-anaphylaxie du tone et il importerait de fixer la nature des substances anaphylactisantes et révélatrices d’anaphylaxie contenues dans le sérum, de démontrer Vexistence d’une séro-anaphylaxie passive, etc. Nous y reviendrons
plus utilement dans la suite.
Le sérum de cheval n’est pas la seule liqueur apte à engendrer l’anaphylaxie du lapin ; on peut lui substituer pour la préparation de l’animal et pour l'injection d'essai maintes autres liqueurs, p. ex. du lait dégraissé, du blanc d'œuf, une solution de gélatine ou de peptone, de la salive mixte humaine, etc., toutes liqueurs qui, injectées sous la peau, dans les muscles, dans le péritoine ou dans les veines de lapins neufs sont aussi inoffensives que le
sérum de cheval, mais qui, injectées chez un animal pré-
paré par une ou plusieurs injections préalables de la même
… liqueur, provoquent des accidents, qui sont la répétition
des accidents de séro-anaphylaxie.
L'injection sous-cutanée de blanc d’œuf au tiers (1 vol. de blanc d'œuf et 2 vol. d’eau salée), d’une solution de gélatine à 10 °/, ou d’une solution de peptone à 5 °/, ne produit pas d’accidents locaux. Mais si on répète l'injection 6 à 8 fois, à intervalles d’une semaine, on constate, au niveau de la dernière injection, des lésions de gangrène avec infiltrations purulentes aseptiques des plans musculaires, quand il s’agit de blanc d’œuf; des masses de pus aseptique, épais et crémeux quand il s’agit de solution de gélatine ; des empâtements, quand il s’agit de solutions de peptone : donc toujours des accidents locaux, dont la gravité seule varie selon la substance injectée.
L’ injection intraveineuse de ces 3 liqueurs, qui ne produit aucun accident chez le lapin neuf, en détermine chez le lapin préparé par la même liqueur, et qui sont les accidents mêmes de la réaction générale de séro-anaphylaxie : chute de pression, accélération respiratoire, ‘émission de bols fécaux, diminution de la coagulabilité du sang. On a même reconnu, chez les lapins à gélatine, une cachexie tardive identique à la cachexie séro-anaphylactique.
Nous sommes donc autorisés à rapprocher de la séroanaphylaxie une ovo-anaphylaxie, une gélatino-anaphydaxie, une pepto-anaphylaxie, qui n’en diffèrent ni quant aux conditions d'établissement (période d'incubation, phase d’'anaphylaxie croissante, phase d’anaphylaxie constante,
ARTHUS, — Micros. 14
ete. » ni quant aux manifestations NE (accider
n° HYSIOLOGIE MIG
locaux, chute de pression, accélération respiratoire et polypnée, émission de bols fécaux, etc.). Tout au plus | convient-il de noter que, dans l’une ou l’autre de ces ana-
phylaxies, le tableau est un peu moins complet, que les ‘ lignes en sont un peu moins accentuées qu'en séro-anaphylaxie. Ce sont là du reste de simples différences quantitatives et nous en avons trouvé d'aussi grandes dans la
seule séro-anaphylaxie selon que l'injection préparatoire
était unique ou avait été répétée, selon que l'essai était précoce ou tardif, etc. En vérite toutes ces anaphylaxies sont équivalentes entre elles et équivalentes à la séroanaphylaxie. Au point où nous en sommes, nous pouvons résoudre élégamment plusieurs problèmes, dont la solution eût été pénible et sans doute imparfaite, si nous n avions pas dépassé les limites de la séro- anaphylaxie,
Le sérum de cheval injecté par voie parentérale chez le
lapin produit l’état d'anaphylaxie : quelle est dans le sé- : . rum, ou quelles sont dans le sérum la ou les substances
anaphylactisantes ?
Supposons qu’on débarrasse le sérum de cheval de ses protéines en
totalité, soit en précipitant celles-ci par le sulfate d’ammoniaque
dissous à saturation, soit en les coagulant à 100° en -présence de 20 à 30 °/, de chlorure de sodium, la liqueur désalbuminée, séparée du précipité ou du coagulum par filtration, n’anaphylactise pas le lapin auquel on l’injecte par voie parentérale pour le sérum de cheval. La substance anaphylactisante a suivi le sort des protéines du sérum. Supposons que nous redissolvions dans l’eau le précipité des protéines engendré par le sulfate d’ammoniaque, nous obtenons une liqueur capable d’anaphylactiser le lapin pour le sérum de cheval ; e nous répéterons, la substance anaphylactisante suit le sort des protéines du sérum. Ajoutons que le précipité de sérumglobuline ou le précipité de sérumalbumine qu’on peut retirer du sérum de cheval par les procédés classiques, fournissènt des solutions aqueuses capables une et l’autre d’anaphylactiser le lapin pour le sérum de cheval. Cela ne prouve pas certes que les substances anaphylactisantes sont les protéines du sérum, car elles pourraient être simplement entraînées et fixées par les protéines précipitées ou coagulées, sans être identiques à ces protéines; mais, au moins peut-on dire que, si les substances anaphylactisantes étaient réellement les protéines du sérum, les choses se passeraient comme elles se passent en effet,
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Nous allons pouvoir mieux préciser grâce aux faits d’ovo, de géla- tino et de pepto-anaphylaxie. Diluons le sérum de cheval ou le blanc __ d’œuf de poule en leur ajoutant 4 à 5 vol. d’eau distillée ; nous pou- . vons les porter à 100° sans y voir se former de coagulum. Chauffons de même à 100° les solutions de gélatine et de peptone ; on sait qu’elles ne sont pas modifiées. Or, de ces 4 liqueurs, les deux premières ont perdu la propriété d’anaphylactiser le lapin respectivement pour le sérum de cheval et pour le blanc d’œuf de poule ; les deux derniers anaphylactisent le lapin respectivement pour la gélatine et pour la peptone. N’en résulte-t-il pas que les substances anaphylactisantes ne sont pas toujours et partout les mêmes puisqu’ici elles ont résisté et que là elles ont succombé à l’ébullition. Or on sait que l’ébullition modifie et transforme les protéines du sérum et du blanc d'œuf (et cette modification nous est révélée par la coagulation qui se produit quand les conditions, et en particulier la salure du milieu, le permet), tandis qu’elle ne transforme ni la gélatine ni la peptone. N'est-ce pas là une bonne raison pour conclure que les substances anaphylactisantes sont les protéines elles-mêmes ?
Ajoutons, pour confirmer cette conclusion, que toute liqueur protéique est anaphylactisante, quelle qu’elle soit : nous avons cité tout à l'heure le lait (même bouilli, même autoclavé à 120° — la caséine n’est pas coagulé dans ces conditions) et la salive humaine (même bouillie, — la mucine salivaire n’est pas modifiée à 100°) ; on en pourrait donner d’autres exemples.
Nous dirons donc que les substances anaphylaclisantes du sérum, du blanc d'œuf, etc., sont les protéines qu'ils contiennent. De même nous dirons que les substances du sérum, du blanc d'œufs, etc., foxiques pour les animaux anaphylactisés sont les protéines de ces liqueurs.
Le sérum de cheval, débarrassé de ses protéines en totalité par le sulfate d’ammoniaque dissous à saturation à la température ordinaire, ou par le chlorure de sodium dissous à saturation à 1009, n’est pas toxique pour le lapin séro-anaphylactisé ; tandis que les globulines et les albumines de ce sérum précipitées par des sels convenablement choisis fournissent les liqueurs toxiques pour le lapin séro-anaph)lactisé. Ajoutons que les solutions de gélatine ou de peptone et le lait conservent leur toxicité après ébullition pour les lapins gélatino, pepto ou lacto-anaphylactisés (les protéines correspondantes ne sont pas modifiées à 100°), tandis que le sérum et le blanc d’œuf, dont les protéines sont transformées à 100°, perdent leur toxicité pour les lapins séro ou ovo-anaphylactisés, quand on les a fait bouillir.
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léo-anaphylaies les anaphylaxies dont il a été question ci-dessus: séro, laclo, ovo, gélatino, peplo, salivo-
anaphylaxie, toutes sont des protéo-anaphylaxiés.
Nous avons indiqué précédemment que les anaphylaxies pour congestines du chien sont spécifiques, c’est-à-dire que seule est capable de provoquer la crise anaphylactique la substance ayant servi à la préparation de l’animal. Les protéo-anaphylaxies du lapin sont-elles également spécifiques ?
Si on injecte dans les veines d’un lapin séro-anaphylactisé du lait, du blanc d'œuf, de la gélatine, de la peptone, etc., la crise éclate avec ses caractères typiques et avec l'intensité qu’elle eût présentée si l'animal avait été préparé par la substance injectée : la réaction ne se révèle spécifique ni qualitativement ni quantitativement. — De même les lapins lacto, ovo, gélatino, pepto-anaphylactisés réagissent à l'injection intraveineuse de sérum de cheval comme le ferait le lapin séro-anaphylactisé : la dépression, la polypnée, l'expulsion des bols fécaux sont aussi considérables et aussi durables qu'elles l’eussent été chez le lapin séro-anaphylactisé ; la cachexie tardive ne fait pas défaut; les accidents locaux apparaissent et évoluent normalement, identiques qualitativement et quantitativement à ce qu'ils sont quand l'injection sous-cutanée de sérum est faite chez le lapin fortement séro-anaphylactisé.
Peut-être conviendrait-il, pour la bonne tenue seientifique des exposés, de parler de réaction d'anaphylaæie homologue et de réaction d'anaphylaxie hélérologque, selon que les accidents sont provoqués par la substance ayant servi à la préparation anaphylactique ou par une autre substance ; mais, homologue ou hétérologue, la réaction ne diffère pas.
. Et ceci nous amène à répéter une remarque déjà faite. Avonsnous le droit de considérer les anaphylaxies par congestine du chien et la séro-anaphylaxie du lapin ou plus généralement les protéoanaphylaxies du lapin, comme révélatrices d’une même modification organique? Les faits que nous venons d’exposer, et notamment Ja spécificité des uns, la non-spécificité des autres, nous obligent, provi-
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laxies. Nous y reviendrons plus tard.
: Nous allons pouvoir, grâce aux notions que nous avons RU … acquises, éliminer une erreur, quon a renouvelée à main- … tes reprises et qu'on renouvelle presque périodiquement, e. Nous établirons ci-dessous que l'injection d'une liqueur …. protéique fournie par un animal d'espèce A, dans l'orga- | nisme d'un animal d'espèce B, surtout quand elle est renouvelée 3 ou 4 fois à quelques jours d'intervalle, commu- + nique au sérum de B la propriété de précipiter in vitro la - liqueur protéique qui a servi à la préparation de B, au Fa moins quand cette liqueur est du sérum, du lait, du blanc ve - d'œuf, un extrait d'organe (mais non quand la liqueur est une solution de gélatine ou de peptone). Notons, en insis-
Ë tant, que la réaction est rigoureusement spécifique, c'està-dire que le sérum de B ne précipite que la liqueur ayant
- servi à la préparation (le lait p. ex.) et sous la réserve 5 + expresse que ce soit du lait de À et non d'un autre ani- ee be" mal. Ne
0 Comme la préparation d’anaphylaxie, au moins d'anaphylaæxie renforcée (multiplication des injections préparatoires à quelques jours d'intervalle) ne diffère pas de la préparation suivie pour engendrer un sérum précipitant, on doit se demander si l'injection pratiquée pour déclencher la crise d’anaphylaxie ne provoque pas la formation 58 d’un précipité dans le sang circulant, précipité dont les A flocons viendraient obturer des capillaires et produire des troubles circulatoires provocateurs des accidents observés. En d’autres termes, les accidents divers de la réaction k d’anaphylaxie sont-ils la conséquence d’une précipilalion intravasculaire ? Les faits suivants apportent une De - réponse bien nette : les accidents anaphylactiques ne sont , - pas la conséquence d’une précipitation intravasculaire.
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3 Les accidents anaphylactiques se produisent chez les animaux n'ayant reçu qu’une injection préparatoire, même peu abondante. Or, dans ces conditions, le sérum de l'animal préparé n’est pas précipitant pour la substance injectée (la propriété précipitante n’apparaît que si l'injection préparatoire est répétée).
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mine pas la production d’un sérum précipitant pour la gélatine où ru
. pour la peptone. Et pourtant l'injection de gélatine dans les veines du lapin gélatino-anaphylactisé, ou de peptone dans les veines du lapin pepto-anaphylactisé provoque l'apparition d’accidents qui ne sont autres que les accidents de séro, d’ovo, de lacto-anaphylaxie.
Nous rappelions tout à l’heure que la réaction de précipitation est rigoureusement spécifique. Or la réaction d’anaphylaxie ne l’est pas. Où prendrait-on une précipitation dans un cas d’hétéro-anaphylaæie ? Et pourtant, nous l’avons dit, la réaction d’hétéro- anaphylaæie (ou anaphylaxie hétérologue) ne différé ni qualitativement ni quantitati- vement de la réation d’homo-anaphylaæie (ou anaphylaxie homologue).
On pourrait d’ailleurs montrer que, dans maintes circonstances où expérimentalement on provoque la formation du précipité spécifique dans le sang circulant d’un lapin, aucun accident ne se produit, de ceux qu’on note dans la réaction d’anaphylaxie. N’insistons pas.
Nous nous bornerons à donner de très sommaires indications sur le mécanisme physiologique de la cerise de
protéo-anaphylaxie, parce qu'il ne convient pas ici de.
traiter à fond les questions qui relèvent de la physiologie pathologique.
Quelques auteurs ont décrété que les accidents de la crise d’anaphylaxie sont neurotoæiques, c’est-à-dire résultent d’une action exercée directement sur les centres nerveux par la substance toxique (la strychnine, les anesthésiques sont des poisons neurotoxiques), parce qu’on note de l'agitation et occasionnellement de la stupeur. Cette opinion est radicalement fausse : on peut démontrer en effet (nous ne nous attarderons pas à développer la démonstration ici) que la dépression et que la polypnée ne sont pas conséquences d’une action exercée sur les centres nerveux vasculaire et respiratoire, mais bien d’une action exercée à la périphérie. Personne d’ailleurs ne prétendra que le retard de coagulation du sang, que les lésions locales soient phénomènes neurotoxiques.
Les divers éléments symptomatiques de la crise d’anaphylaxie, ou tout au moins les trois éléments fondamentaux que nous avons retenus, dépression, polypnée, diminution de la coagulabilité du sang, sont indépendants les uns des autres : quand on provoque par un moyen convenable quelconque la chute de pression, on ne constate pas toujours et nécessairement la polypnée et la diminution de la coagulabilité du sang ; quand on provoque par un moyen conve-
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nable quelconque la diminution de la coagulabilité du sang, onne . constate pas toujours et nécessairement la dépression et la polypnée. ve * Par contre, la chute de pression a pour conséquence la faiblesse géné- COUR rale de l'animal, son état demi-comateux, l’anurie ou l’oligurie. On ik peut, par conséquent, dans la crise d’anaphylaxie, distinguer des faits À essentiels et des faits dérivés des premiers. Tee Nous admettrons, sans nous attarder ici à en faire la démonstration, : que les faits de la crise d’anaphylaxie sont la conséquence d’une excitation produite par la substance toxique sur un élément anatomique rendu sensible à son action par la préparation d’anaphylaxie | et nous vérifierons cette conception par les conséquences qui en “ES dérivent. Ro, Si la crise d’anaphylaxie provient d’une excitation, il sera possible ARE de l’atténuer à volonté, en prenant telles dispositions qui diminueront l'efficacité de l’excitation. Or nous en pouvons imaginer plusieurs et re notamment les suivantes. NE