‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 67 sur 145 · AT RE · texte numérisé non relu

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4 Une excitation est d'autant plus vive et son effet d’autant plus grand qu’elle agit plus brusquement et modifie plus rapidement les Ta “ conditions ambiantes. On peut donc espérer, si notre conception est Le. ” juste, qu'il sera possible de diminuer les effets de l'injection déchat- 3, … nante (ou provocatrice de crise d’anaphylaxie), en la faisant très e lentement, afin que le changement qu’elle apporte à la composition 5 des humeurs se fasse par degrés insensibles. En fait, l'expérience

justifie cette prévision : la chute de pression est moins brusque, moins profonde et moins durable si, toutes autres conditions égales, on injecte 5 c.c. de sérum de cheval dans les veines du lapin séroanaphylactisé en 5 min., que si on les injecte en 5 sec. — L’injection sous-cutanée de sérum de cheval chez le lapin séro-anaphylactisé ne : FR produit que des accidents modérés (l'absorption se fait lentement), “a alors que l'injection intraveineuse produit des accidents graves. — pe.

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… Les injections fractionnées de sérum, espacées de quelques minutes, "

: permettent d'introduire dans l’organisme des lapins séro-anaphylac- es $ tisés, sans provoquer autre chose que des accidents légers, des quan- 15108 … tités de sérum, qui, injectées en une seule fois, eussent conduit à des de

accidents remarquablement graves.

Ces quelques notions pourront sans doute recevoir des applications é: importantes en sérothérapie humaine, si les choses se passent chez l’homme comme chez le lapin, quand il faudra pratiquer une injection de sérum chez un sujet en ayant antérieurement subi une ou plusieurs : il conviendra de faire l'injection sous-cutanée et non pas e intraveineuse, de fractionner le plus possible l’injection, etc.

Quand on injecte du sérum de cheval sous la peau du 74 chien, du rat, du cobaye, du pigeon, etc., de semaine en

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semaine, , pendant 8, 12, 15 semaines F. plus encore, ne voit jamais se produire ni lésions cutanées, ni infiltra-

tions séreuses ou purulentes, ni retard de résorption du

sérum injecté, tous phénomènes qui nous ont si vivement

frappés chez le lapin. N'y aurait-il donc pas de séro-anaphylaxie du chien, du rat, du cobaye, du pigeon, ete. ? La séro-anaphylaxie ne serait-elle qu'une curiosité intéressant la seule histoire biologique du lapin ?

On peut démontrer, chez le chien en particulier, que l'injection intraveineuse de sérum de cheval, pratiquée chez un animal préparé par une ou par plusieurs injec-

tions de sérum de cheval, provoque des accidents divers,

que le sérum ne produit pas chez le chien neuf, et, en par: ticulier, une chute de pression artérielle et une incoagula-

bilité du sang. Voici des faits.

Un chien a reçu 3 ou 4 fois de semaine ‘en semaine 10 c.c. de:

sérum de cheval en injections sous-cutanées. Nous lui injectons dans

une veine 5 à 10 c.c. du même sérum. De 30 sec. à 1 min. après l'injection, on note une agitation violente, puis des efforts de vomissement et des vomissements ; des urines et des matières fécales sont. rejetées. L'animal, tombé sur le sol, est [à immobile, les yeux ouverts, la tête pendante, respirant largement ; les réflexes ne sont pas abolis; l’animal réagit aux excitations cutanées. Cet état de dépression générale dure parfois plusieurs heures, parfois moins. longtemps ; quelquefois l’animal meurt rapidement après l'injection ; le plus souvent il survit, et le lendemain il ne reste pas trace de la

- crise subie. Brusquerie du début, gravité des accidents, disparition

généralement rapide de ces accidents et retour à la pleine santé en un temps très court, voilà pour justifier les expressions de choc ana- phylactique et de crise d’anaphylaxie.

L'analyse physiologique permet de reconnaître une chute ‘de la pression artérielle et l’ incoagulabilité du sang.

En général, la chute de pression débute 20 à 30 sec. après linjec-

. tion; elle est assez brusque, car 1 min. suffit pour que le minimum

soit atteint; elle est considérable, la pression passant de 120-150 mm. à 20-30 mm. Après s'être maintenue à ce minimum pendant 15, 30 min. ou même plus longtemps, la pression remonte lentement, mais sans arrêt, pour recouvrer, au bout de plusieurs heures, sa valeur primitive. L’anurie s’est manifestée et s’est maintenue tant que la pression a été inférieure à 4o mm. ; quand la pression, revenant à la uormale, a dépassé cette valeur, la sécrétion urinaire s’est rétablie

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faible d’abord, puis de plus en plus abondante, à mesure que remon-

tait la pression artérielle.

Le sang recueilli quelques instants après l'injection (1 min. p. ex.)

ou plus tard (1/2 h. ou 1 h.) est non spontanément coagulable ; il a

l'apparence et les caractères du sang de peptone non spontanément coagulable, et, comme ce dernier, il peut ètre amené à coaguler par dilution (2 à 3 vol. d’eau distillée), par addition de chlorure de calcium (1 à 2 pour 1000), ou par addition de thrombine.

Il y a donc chez le chien, comme chez le lapin, ue crise de séro-anaphylaxie dont nous venons de tracer les grandes lignes. De même d’ailleurs qu’on n'avait pas observé de lésions locales au point d'injection, de même n’'observet-on jamais de cachexie s’établissant quelques jours après la crise d’anaphylaxie et s’aggravant jusqu'à la mort.

L'état d’anaphylaxie est réalisé, chez le chien comme chez le lapin, par une seule injection de sérum de cheval. Il y a, chez les deux animaux, une période d’incubation de 8 jours approximativement. Comme chez le lapin, la réaction séro-anaphylactique chez le chien est faible, si l'essai est fait à un moment précoce (8 à 10 jours après l'injection préparatoire p. ex.) ; elle s’accentue les jours suivants, pour présenter un maximum 3 semaines environ après l'injection ; puis elle demeure constante pendant des mois, peut-être des années: on est donc autorisé à distinguer (après la phase d'incubation) une phase d’anaphylaxie croissante, puis une phase d'anaphylaxie constante, la première courte (2 semaines environ), la dernière très longue. Comme chez le lapin enfin, la répétition des injections. préparatoires exagère l’état d’anaphylaxie, c’est-à-dire rend l'animal plus sensible à l'injection d'essai (nous noterons ci-dessous que cette proposition n’est vraie que si le nombre des injections, supposées faites de 7 jours en 7 jours, ne dépasse pas 4 ou 5).

N'identifions pourtant pas absolument la séro-anaphylaxie du lapin et celle du chien : il y a des dissemblances. Chez le lapin, on peutobserver les lésions locales, et, par une injection intraveineuse, provoquer la cachexie séro-anaphylactique ; on n’observe ni lésions locales, ni cachexie chez le chien. Chez le lapin, on observe la polypnée ; elle. manque totalement chez le chien. Chez le lapin, le sang coagule:

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