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dents, mais la mort est ici la terminaison à peu près certaine de la crise ; les cobayes qui survivent sont extrêmement rares. £
La D -imaphylaue du cobaye peut être engendrée par l'injection de doses extrèmement minimes de sérum de cheval (et jusqu’à 0,000001 c.c.) ; la voie d'injection est indifférente (sous-cutanée, intraveineuse, intramusculaire, sous-dure-mérienne » intrapéritonéale), pourvu qu’elle soit parentérale. La période d’ noubatiôn n’est pas inférieure à 10 jours. L'état d’anaphylaxie persiste sans atténuation pendant très longtemps (au moins 2 ans), La séro-anaphylaxie du cobaye est spécifique, l’animal ne réagit qu’à l’inoculation du sérum de cheval ayant servi à la préparation ; de même le cobaye préparé par injection de blanc d’œuf de poule, et par là ovo-anaphylactisé, ne réagit qu’à l'injection de blanc d’œuf de poule : l’injection de sérum de cheval, pratiquée chez le cobaye ovo-anaphylactisé, n’engendre aucun accident. On peut créer très facilement une séro-anaphylaxie passive chez le cobaye, en lui injectant du sérum de cobaye activement anaphylactisé ; cette anaphylaxie passive s’atténue rapidement et disparaît en 3 semaines environ ; elle n’est pas réalisée aussitôt après l’injection du sérum de cobaye, mais seulement 24 h. plus tard (la séro-anaphylaxie passive du chien existe aussitôt après l'injection du sérum de chien préparé). |
À coup sûr, le fait le plus remarquable de l’histoire de la séro-ana-
phylaxie du cobaye, c’est l’instabilité de cette séro-anaphylaxie. Chez le
chien et le lapin, l’état d’anaphylaxie est remarquablement stable,
quels que soient les faits intercurrents; il en est autrement chez le
cobaye.
ARE que, chez un cobaye anaphylactisé par une injection intrapéritonéale ou sous-cutanée de sérum cheval, on injecte (après le 10° jour) du sérum de cheval dans le péritoine, une crise éclate, qui peut être non mortelle: on constate que le cobaye survivant a perdu, au moins pour un temps fort long (plusieurs mois), sa sensibilité au sérum de cheval : il a été désanaphylactisé disent les uns, anti-anaphylactisé disent les autres.
Supposons que, chez un cobaye ayant reçu l'injection préparatoire de séram de cheval, on injecte pendant la période d’incubation (avant le 10° jour) du sérum de cheval dans le péritoine, on constate que cette injection, qui n’a pas provoqué de crise, n’en a pas moins désanaphylactisé ou anti-anaphylactisé le cobaye, car, si on renouvelle cette injection de sérum après le 10° jour, elle est encore inoffensive.
Supposons que, chez un cobaye séro-anaphylactisé, on injecte dans le péritoine ou sous la dure-mère crânienne du sérum de cheval dilué de 3 vol. d’eau distillée et chauffé à 100° (en raison de la dilution, il n’y a pas coagulation), il ne se produit pas d'accidents, et Le cobaye est désanaphylactisé,
l’anesthésie par l'éther, et qu’on n injecte Hé sérum de cho pa 2 son dure-mère ou dans le péritoine, durant l’anesthésie, à une dose pour
laquelle la mort se produit surement chez le cobaye anaphylactisé non
anesthésié ; on ne constate aucun accident et le cobaye est désanaphy-
lactisé.
Rien de semblable ne s’observe chez le chien et chez le lapin ; em particulier, aucune des interventions qui viennent d’être indiquées ne
… les désanaphylactise. La désanaphylaxie ou l’anti-anaphylaxie sont des
particularités de l’histoire de l’anaphylaxie du cobaye. En anaphy- laxie, répétons-le, il faut se garder de généraliser des résultats qui n’ont été obtenus que chez des animaux d’une seule espèce. En particulier, on ne saurait approuver ceux qui ont proposé d’appliquer à
ee . l’homme sans plus ample informé, les procédés de désanaphylaxie du
cobaye, pour éviter la production d’accidents anaphylactiques dans le cas d’injections répétées de sérum de cheval.
Dans les cas divers où a été notée la désanaphylaxie du cobaye, mieux eût valu parler d’anaphylaxie masquée. Si, en effet, on injecte à un cobaye neuf le sérum d’un cobaye désanaphylactisé par un procédé quelconque, on engendre l’anaphylaxie, comme si on avait
injecté le sérum d’un-cobaye anaphylactisé.
Dans la réaction générale d’anaphylaxie, les accidents
engendrés sont ceux qu’on note dansles intoxications protéiques chez le chien et le lapin. On est donc amené à se demander s'il ne serait pas possible d'observer une anaphylaxie pour toules les inloxicalions protéiques. Or les envenimations comportent toutes au moins un élément -protéotoxique : y a-t-il donc une anaphylaxie venimeuse? Les expériences suivantes répondent affirmati- vement.
Chez le lapin, l'injection intraveineuse de 2 mgr. de venin de cobra détermine une chute modérée de la pression artérielle (10 mm. p. ex.) et une faible accélération respiratoire (le rythme passe de 50 à 60 p. ex.). Préparons un lapin par 3 ou 4 injections sous-cutanées, espacées de 7 jours, de venin de cobra à dose non mortelle (1/4 mgr. p. ex.), puis injectons dans ses veines 2 mgr. de venin de cobra : la chute de pression est plus grande (25 mm. p. ex.)et l’accélération respiratoire est augmentée (le rythme passe de 50 à go p.ex.). Il
y a donc exagération des phénomènes protéotoxiques de l’intoxication
cobraïque.
La réaction d’anaphylaxie n'étant pas spécifique chez le lapin, on
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exagérée à l’action protéotoxique du venin de cobra et qu’inverse- . mentle lapin cobra-anaphylactisé sera sensible à l’action toxique
du sérum de cheval, se comportant vis-à-vis de ce sérum comme le lapin séro-anaphylactisé. L'expérience vérifie pleinement ces prévisions.
Notons en passant que le lapin cobra-anaphylactisé, ou séro-anaphylactisé ne manifeste une sensibilité exagérée que pour l’action protéotoxique du venin de cobra et non pour l'entière action toxique de ce venin : l’action curarisante du venin, en effet, n’est pas exaltée par la préparation. Ceci dit en passant ; nous y reviendrons ci-dessous pour en tirer d'importantes conclusions.
Des faits équivalents s’observent quand on substitue au venin de cobra du venin de serpents appartenant à des espèces ou à des genres voisins (Najas, Bungares, etc.). Partout et toujours, nous reconnaissons l’anaphylaxie venimeuse, anaphylaxie du type congestine, puisque le venin, protéotoxique pour le lapin neuf, est plus puissamment protéotoxique pour le lapin préparé.
On démontrerait de même qu’il y a une anaphylaxie par et pour le venin de daboïa : ce venin est protéotoxique, et, même à très faible dose provoque une chute très brusque et importante de la pression artérielle. Cette chute est exagérée en grandeur et en durée, si
l'injection du venin est faite à la même dose minime chez un lapin :
daboïa-anaphylactisé ou cobra-anaphylactisé ou séro-anaphylactisé, et non plus chez un lapin neuf.
Il est ainsi facile de manifester une anaphylaxie venimeuse par la constatation de l’exagération des accidents protéotoxiques et notamment de la chute de pression provoqués par l'injection d’un venin dans les veines d’un lapin préparé. On peut la manifester encore par un cer-
tain nombre de réactions, parmi lesquelles nous ne retien-
drons que les suivantes relatives aux accidents locaux et à la cachexie anaphylactique, équivalentes aux faits notés en séro-anaphylaxie.
Des lapins ont reçu en injections sous-cutanées, de 4 jours en 4 jours, chaque fois 1/4 mgr. de venin de cobra (en solution 1/8000). À la suite des 3 premières injections, la résorption s’est faite assez
rapidement et complètement (tout au plus note-t-on une faible infil-
tration œdémateuse, qui ne persiste pas 48 h. après l'injection). Mais, à la suite de la 4e, de la 5°, de la 6e injection, sont apparus des accidents locaux très graves, infiltrations caséeuses, abcès, gan-
grènes, etc., présentant les plus frappantes analogies macrosc avec les lions locales de séro-anaphylaxie.
Les lésions locales de séro-anaphylaxie s’observent chez le ue se
mais ni chez le chien, ni chez le cobaye, même quand les injections préparatoires sont AO brenaé (20 injections faites à 7 jours d’intervalle, p. ex.). Il en est autrement si l’on fait chez le chien une série d’injections de venin de cobra en solution à 1/1000 p. ex. Les premières injections ne produisent pas de lésions locales; mais les injections tardives engendrent de vastes et profondes lésions gangréneuses, .qui ressemblent à celles que présente le lapin anaphylactisé. C’est dire que la différence constaté entre le chien et le lapin (le chien ne présentant pas de lésions locales séro-anaphylactiques, le lapin en présentant de très graves) n’est pas absolue, et disparaît quand on expérimente avec un venin, au lieu d'expérimenter avec le sérum de cheval.
Les faits de cachexie anaphylactique ont été également reconnus ‘en anaphylaxie venimeuse. Si on injecte sous la peau de lapins du venin de cobra, d’hamadryas, de daboïa, à dose non mortelle, et si on répète l'injection plusieurs fois à 4 ou 5 jours d'intervalle, un moment arrive (après la 5° injection généralement pour les deux premiers venins; après la 4e déjà pour le dernier), où l'animal maigrit et se cachectise (même si on ne répète pas les injections), pour mourir au bout de 8 à 12 jours (venins de cobra et d’hama- … dryas), ou au bout de 5 à 6 jours (venin de daboïa). La cachexie d’anaphylaxie venimeuse présente les caractères généraux de la cachexie séro-anaphylactique et notamment l’anémie et la leucocy- témie de celle-ci; mais elle évolue plus rapidement (la mort par cachexie séro-anaphylactique tarde généralement de 4 à 6 semaines); . <t, d'autre part, elle se développe même si toutes les injections ont été faites sous la peau (la cachexie séro-anaphylactique n'apparaît que rârement à la suite d’injections sous-cutanées de sérum de cheval : en général il faut que l’ultime injection tout au moins ait été faite dans les veines.)
Il serait fort important de rechercher s'il existe une anaphylaxie pour les {oxines microbiennes, comme il en existe pour les venins et pour les protéines en général. Nous n'avons pas présentement de documents suffisants pour affirmer qu'une telle anaphylaxie existe ; il convient donc de réserver la conclusion.
Notons pourtant un fait qui plaide en faveur d’une anaphylaxie par et pour les toxines microbiennes : quand on pratique chez les animaux une série d'injections de toxines
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mine souvent une cachexie qui interrompt la préparation, au moins quand la toxine injectée n’a été modifiée ni par Ja chaleur ni par les agents chimiques. On peut au moins se demander si cette cachexie n’est pas le témoin d’une anaphylaxie engendrée par les injections répétées de toxines. Mais il serait certes imprudent d'affirmer d’emblée que cette anaphylaxie est une anaphylaxie par et pour la toxine proprement dite, car elle pourrait aussi bien être une anaphylaxie par et pour-les protéines contenues, | avec la toxine, dans la liqueur microbienne filtrée. La question de l’'anaphylaxie par et pour les toxines microbiennes $ demeure posée.
Pour engendrer l’immunilé antiloxique, nous avons - injecté la toxine, à dose non mortelle, sous la peau des animaux que nous préparions ; nous pouvions l’injecter sans la modifier, mais de préférence, nous lui faisions su-
d'agents chimiques, pour éviter que quelque complication de cachexie plus ou moins rapidement mortelle ne mette fin prématurément à la préparation ; nous renouvelions à plusieurs reprises l'injection préparatoire, d’abord à la même dose et dans les mêmes conditions, puis en augmentant la dose, et plus tard en renoncçant à modifier la toxine (si nous l’avions modifiée au début) : l’immunité s'établissait ainsi, difficile à reconnaître après les toutes
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ensuite progressivement jusqu'à atteindre un très haut degré ; nous pouvions alors transmettre cette immunité à un animal neuf, en lui injectant du sérum de l'animal préparé, et, pour aider au langage, nous imaginions que ce sérum renfermait une antitoxine, apte à neutraliser la toxine avec laquelle elle entrerait quelque part en conflit.
Pour engendrer l’anaphylaxie, nous avons injecté la protéine inoffensive ou toxique, ou le venin sous la peau
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bir quelque changement sous l'influence de la chaleur ou
premières injections, mais s’affirmant et se développant
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l'anaphylaxie après une période de 8 jours, ou à peu près; souvent, sinon toujours, nous renouvelions l'injection plusieurs fois à quelques jours d'intervalle pour renforcer — l’anaphylaxie. 11 était en général possible de transmettre, plus ou moins nettement d’ailleurs, l’anaphylaxie aux animaux neufs, en leur injectant du sérum d'anaphylactisé, ce qui nous conduisait à imaginer une substance anaphylactisante, apte à sensibiliser l'animal à l'action toxique de la protéine utilisée dans la préparation d’anaphylaxie.
Sans doute, il n’y a pas identité entre les deux préparations d'immunité et d'anaphylaxie, et des différences doi- vent être relevées entre elles, ou tout au moins des nuan-
ces, dont les suivantes sont les principales. L'anaphylaxie apparaît de bonne heure ; la période d’incubation ne dépasse pas 8 jours, chez le lapin tout au moins et pour le sérum de cheval; elle augmente rapidement d'intensité, " sans qu'il soit besoin de renouveler l'injection, et peut se révéler aisément, même si la dose de la liqueur injectée « est minime, par des manifestations intenses moins de 15 jours après la préparation. L'immunité antitoxique apparait plus tardive ; la période d’incubation est plus ou moins « longue selon les modalités de la préparation, mais toujours notablement plus longue que la période d'incubation ana- = phylactique ; elle ne se révèle pas après une seule injec- « tion ; il faut renouveler plusieurs fois, à quelques jours «+ d'intervalle, l'injection préparatoire, en employant de préférence des doses voisines de la dose mortelle, pour engendrer une immunité mamifestable par la résistance plus grande de l'animal à la toxine employée. Bref, l'anaphylaxie, d'une façon générale, est une réaction précoce de l'organisme aux injections de protéines inoffensives ou toxiques ; l'immunité est une réaclion assez lointaine de l'organisme aux injections de toxines et de protéines toxiques ; l’'anaphylaxie peut être une réponse de l'organisme à une unique injeclion minimale ; l'immuniié est une réponse de l'organisme à une série d’injections maximales … ou juxla-maximales.
Ce ne sont là, certes, que des approximations, qu’il ne
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