ES
La substance thermostabile est une immunisine en raison de so gine ; elle n’est pas une bactériolysine, puisqu'elle ne fait pas subir la bactériolyse au vibrion quand elle agit seule sur lui. C’est la substance thermolabile qui, à vrai dire, est bactériolysine : maïs lui donner ce nom serait regrettable, car elle n’est bactériolytique qu’à condition de rencontrer des vibrions préparés pour subir son action, ou, comme
-on peut encore dire, sensibilisés à son action.
On a, très sagement, renoncé à ce mot bactériolysine (qui, somme toute, n’a servi que pendant cette période où l’on ignorait la nécessité de deux agents distincts). On a proposé d'appeler Ja subs{ance thermostabile, substance sensibilisatrice ou simplement sensibilisatrice, parce qu'elle sensibilise le vibrion cholérique à l’action bactériolytique de la seconde substance, et pour indiquer son rôle dans la bactériolyse, ou encore zmmunisine, parce qu'elle est élément spécifique de l’immunsérum considéré, et pour rappeler son origine. On a proposé d'appeler la substance
thermolabile, alexine (c'était le terme générique par lequel on désignait des substances contenues dans les sérums normaux et qui sont les agents du pouvoir miçgrobicide que possèdent les sérums de certains animaux pour certaines bactéries), ou complément, parce que, dit-on, son action complète l’action de la substance thermostabile sur les vibrions.
S'il n’était toujours regrettable d'introduire un mot nouveau pour désigner une chose ou un phénomène déjà dénommé, je proposerais l’expression substance révélatrice, ou simplement révélatrice pour désigner la substance thermolabile, alexine ou complément, et cela en raison de la comparaison suivante, qui permet de bien fixer la part de l’un et de l’autre agent de la bactériolyse.
Lorsque la lumière a agi sur la plaque photographique, l’image ne paraît pas, et l’examen le plus minutieux de la plaque ne permet pas de décider si elle a été éclairée ou non. Pour faire apparaître l’image, # et par là établir que la plaque a été éclairée ou impressionnée par la lumière, il faut employer un révélateur. De même, quand la sensibilisatrice seule a agi sur le vibrion, rien ne permet de reconnaître « que cette action s’est produite ; pour révéler que cette action a eu lieu, il faut faire intervenir l’alexine, qui se montre par là révélatrice. k Ceci dit, oublions cette dénomination : la sensibilisatrice et l’alexine 3
j SE nouveaux. Et revenons à l'étude des faits.
Sous l'influence du choléra-sérum désactivé, les vibrions cholériques ont élé sensibilisés. Que devient la sensibili- salrice en agissant sur eux ? Persiste-t-elle dans la liqueur,
comme persiste une diastase dans la liqueur où elle a exercé son action ? Ou bien disparaît-elle en agissant ; et, dans cette dernière hypothèse, est-elle détruite (comme est détruit le sucre en même temps qu’il réduit la liqueur de Fehling avec laquelle on le chauffe) ou s’unit-elle à l'élément sensible en le sensibilisant (comme l'acide neutralisant un alcali s’unit à lui, pour former une combinaison dont on peut ensuite le retirer en usant d'artifices convenables) ?
Dans un choléra-sérum inactivé à 55° et dilué par addition de plusieurs volumes d’eau salée, nous mettons en suspension des vibrions cholériques ; puis, après quelque temps (1/2 h. ou 1 h. p. ex.), nous centrifugeons et décantons le liquide ne renfermant plus de vibrions (ce sera le choléra-sérum 2). Il se peut (surtout si le choléra-sérum
dont on s’est servi avait, avant chauffage, un pouvoir bactériolytique
faible ou modéré, s’il a été fortement dilué et si le nombre des vibrions qu’on y a introduits était considérable), il se peut que l’addition de sérum frais de cobaye neuf au choléra-sérum 2 ne le réactive pas (c’est-à-dire que ce mélange ne bactériolyse pas de nouveaux vibrions qu’on y introduit), comme si le choléra-sérum 2 ne renfermait plus de sensibilisatrice.
Si le choléra-sérum, dont on s’est servi, était fortement bactériolytique, si la dilution à laquelle on l’a soumis a été modérée, si la quantité des vibrions mis en suspension dans ce choléra-sérum inac-
tivé était faible, il faudrait y introduire de nouveaux vibrions, 2, 3, 4, n fois, avant d’arriver au résultat de tout à l'heure (c’est-à-dire
à un choléra-sérum n, qu’on ne peut plus réactiver par addition de sérum frais de cobaye neuf), mais on finirait toujours par y arriver : on parvient toujours à faire disparaître la sensibilisatrice dans la
liqueur.
De là, on peut conclure que La sensibilisalrice, disparaissant en sensibilisant, ne saurait être assimilée à une diastase, qui ne disparaît, ni ne diminue en agissant.
La sensibilisatrice est-elle détruite lors de la sensibili-
ETS RS SAR D ul 2e UE EN CR dur EHESS.
to à DORE: : ou se Pis sans se se S
ces vibrions ? Il est difficile de répondre à cette question ë
dans le cas particulier que nous étudions ; nous y reviendrons ci-dessous, à propos d’hématolyse, dans des conditions plus favorables.
Provisoirement pourtant, et par analogie, nous sommes amenés à admettre que la sensibilisatrice se fixe sur l’élément sensible pour former avec lui un complexe. N’avons-nous pas reconnu (p.185) que, dans quelques conditions tout au moins, il est possible de faire réap- Paraître un peu de toxine libre ou de venin libre, en partant de complexes neutres toxine-antitoxine ou venin-antivenin. N’avons-nous pas reconnu (p.241) que, dans la précipitation des protéines par les sérums spécifiques, le précipité est constitué par la substance dite précipitable et par des éléments contenus dans le sérum précipitant ;
etc. Or antitoxines, antivenins, précipitines, etc., sont des immuni-
sines comme les sensibilisatrices, produites comme elles, dans les mêmes conditions générales. Et si cette comparaison, si ce rapprochement ne suffisent pas en bonne logique pour légitimer totalement
notre hypothèse, ils lui fournissent pourtant un certain appui. Notre hypothèse n’en acquiert pas à coup sûr le caractère de vérité scienti-
fique démontrée, mais elle en acquiert au moins quelque vraisemblance. Et nous la consoliderons ci-dessous.
Le pouvoir d’absorber la sensibilisatrice que nous attri-
… buons aux vibrions cholériques n’est pas illimité : nous en
avons pour preuve la nécessité où nous nous sommes trouvés d'introduire à plusieurs reprises de nouveaux
vibrions dans un choléra-sérum fortement bactériolytique,
désactivé à 55°, pour lui enlever la totalité de la sensibilisatrice.
Les vibrions cholériques sensibilisés (par immersion dans un choléra-sérum inactivé à 55°) sont transformés en granules par l’alexine. Comment se comporte l’alexine ? Demeure-t-elle dans la liqueur après avoir agi, comme une diastase ? Disparaît-elle du milieu en agissant, et, dans cette hypothèse, est-elle détruite ou est-elle fixée ? Ce sont là les questions que nous nous posions tout à l'heure pour la sensibilisatrice, et que nous nous posons nécessairement pour l’alexine.
Lorsque des vibrions sensibilisés ont été immergés dans
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PRÉ + tr MAT à
un séum frais de he neuf ée qu'après avoir sun la ke a : tériolyse, ou transformation granuleuse, ils en ont été sépa- rés par centrifugation, le sérum a perdu la pro priété de bac-
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tériolyser de nouveaux vibrions sensibilisés qu'on y intro-
duirait. L’alexine, en agissant, a donc disparu. Est-elle
détruite, s’est-elle fixée ? On ne le saurait dire en vérité.
Par analogie avec ce qui semble se passer pour les sensi-
bilisatrices, certains auteurs se sont cru autorisés à
admettre que l’alexine se fixe sur l'élément sensibilisé, et
que cette fixation provoque, par un mécanisme parfaitement inconnu, la transformation granuleuse des vibrions.
C'est là encore, on ne saurait assez y insister, une hypothèse et non un fait scientifiquement établi.
Cette conception a conduit ces auteurs à parler de la fixation de l’alexine sur les éléments sensibilisés. Mais parler de fixation, c’est dépasser les faits, car, en vérité, nous pouvons constater la disparition de l’alexine, mais c'est tout ce que nous constatons. Remarquons qu'il nous a été possible, au moins parfois, au moins dans certaines conditions, de reconnaître la dissociation de complexes venin-antivenin, etc. ; mais jamais on a pu extraire même des traces d’alexine en partant de vibrions bactériolysés.
Aussi conviendrait-il, à notre avis, de substituer au mot fixation de l’alexine qui dépasse les faits observés, un mot moins compromettant, le mot consommation de l’alexine, p. ex., qui rappelle bien le fait essentiel (la disparition de l'alexine), mais qui ne précise pas le sort qui lui a été fait. Les sérums bactériolytiques, dirons-nous, renferment une sensibilisalrice, qui, en se fixant sur le vibrion correspondant, lui confère la propriété, qu’il ne possédait pas, de consommer l’alexine existant en tout sérum, qu'il soit sérum normal, ou immunsérum.
Avant d'abandonner le sujet de la bactériolyse, nous présenterons encore deux remarques.
Dans un choléra-sérum fourni par un cobaye immunisé, il y a surabondance de sensibilisatrice comparativement à l’alexine. Si, dans un choléra-sérum, on introduit des vibrions cholériques, ils absorbent une partie de la sensibilisatrice et la totalité de l’alexine (si la quantité des vibrions introduits est suffisante). Dès lors, ce sérum débar-
veaux vibrions, mais sans La Has ; il ne les a que
si on lui ajoute du sérum frais d’animal neuf. On peut dire que, dans
les sérums bactériolytiques, il y a trop de sensibilisatrice pour l’alexine présente. Si donc on se propose de bactériolyser des vibrions par addition de choléra-sérum inactivé à 55° et de sérum frais de cobaye normal, il suffit d'ajouter une très petite quantité du cholérasérum ; mais il faut ajouter beaucoup plus de sérum frais.
La quantité d’'alexine contenue dans le sérum d'un animal d'espèce donnée est très sensiblement la même que l'animal soit neuf, ou qu’il soit immunisé, Supposons qu’à une certaine masse de vibrions cholériques nous ajoutions du choléra-sérum inactivé à 55° en quantité suffisante pour que les vibrions se chargent de sensibilisatrice au maximum. Faisons deux parts égales de ces vibrions sensibilisés, ajoutons-leur respectivement du sérum de cobaye normal et du choléra-sérum non chauffé (la sensibilisatrice qu’il contient n'intervient plus en rien, puisque les vibrions sont supposés avoir été sensibilisés au maximum), et déterminons les quantités minima de ces deux sérums, permet-
tant d'obtenir la bactériolyse totale : ces quantités sont très sensible-
= ment égales.
Les vibrions ne sont pas les seuls éléments organisés susceptibles de subir une modification profonde sous l'influence d’immunsérums correspondants. Nous avons noté incidemment la bactériolyse de quelques rares microbes non vibrioniens ; nous étudierons maiïntenant l'hématolyse, c’est-à-dire une modification profonde que les glo-
bules rouges, ou hématies, peuvent subir sous l’influence d’immun
sérums correspondants, et dans des conditions et par un mécanisme identiques.
L’hématolyse, ou dissociation du complexe constitué par le stroma globulaire et par l’hémoglobine, se produit sous maintes influences. On la provoque, in vitro, en ajoutant au sang défibriné 2 ou 3 volumes d’eau distillée, ou de l’éther (par petites fractions, en agitant après toute addition nouvelle), ou du sérum provenant d'animaux de certaines autres espèces, ou des toxines microbiennes convenablement choisies (streptococcique, staphylococcique p. ex.) ou certains venins. On reconnaît qu’il y a eu hématolyse : 19 à ce que le sang hématolysé présente un aspect différent de celui du sang normal : il est devenu ranslucide et de couleur plus sombre, rouge cerise au lieu de rouge vif; 2° à ce qu'après centrifugation il demeure également rouge dans toutes ses couches, tandis que le sang non hématolysé se sépare en deux couches, une inférieure rouge, une supérieure claire et incolore. Nous ne citons ces hématolyses que pour mémoire, car nous ne
At À oh 0,029 À 0 20 Ce 2 CRCTS
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x ous occuperons i ici que nos ir par des immunsérums spécifiques, et dont l’histoire est calquée sur celle de la bacté-
riolyse.
Injectons sous la peau ou dans le péritoine d’un cobaye
quelques c. c. de sang défibriné de lapin, ou des hématies. de lapin débarrassées du sérum par centrifugations et.
lavages répétés à l’eau salée ; renouvelons l'injection #4 ou 5 fois à » ou 6 jours d'intervalle, et, 8 jours environ après
la dernière injection préparatoire, saignons le cobaye pour
recueillir son sérum. Si, à 4 ou 5 gouttes de sang défibriné de lapin, diluées dans 1 c. c. d’eau salée à 1°/,, nous ajoutons 3 à 4 c. c. de sérum du cobaye préparé, nous constatons que les hématies qui étaient en suspension homogène s’agglutinent (la préparation du cobaye, que nous avons ici pratiquée, ne diffère pas de celle que nous avons faite pour obtenir un sérum agglutinant les hématies) en volumineux amas, qui se réunissent au fond du liquide. Mais c’est là un phénomène temporaire ; bientôt les amas semblent fondre, comme fond un morceau de sucre dans l’eau, et le pigment sanguin diffuse visiblement. dans le milieu ambiant : le sang prend l'apparence très. typique du sang hématolysé.
La même observation se fait au microscope : on reconnaît encore l’agglulinalion précoce, suivie de l’hématolyse tardive. On constate d’ailleurs que le stroma globulaire décoloré persiste, sous forme de masse arrondie transparente.
Si les hématies employées pour préparer le cobaye sont des hématies nuclées d’oiseau (poule p. ex.), on constate que le sérum de cecobaye est hématolytique pour les globules rouges de poule : le noyau de l’hématie est d’ailleurs absolument respecté dans sa forme, sa structure, ses colorabilités, tandis que le protoplasma qui l’entoure s’est décoloré, a perdu sa colorabilité classique par l’éosine, et a changé sa forme ovoïde en une forme sensiblement sphérique.
Le pouvoir hématolytique du sérum de cobaye préparé n'apparaît qu'un certain temps après l'injection des hématies, et, en général, une seule injection préparatoire nesuffit pas à faire apparaître un pouvoir hématolytique bien
RE ES Et ET TEE uen fr 7
tique du sérum de cobaye préparé à la présence d’une substance appelée hémolysine ou hématolysine, qui est pour le sérum hématolytique ce que la bactériolysine est pour le sérum bactériolytique.
Comme la bactériolysine, l’hématolysine est détruite par chauffage -du sérum hématolytique (1/2 h. à 1 h. à 55°). Elle se détruit même assez rapidement (quelques semaines) dans le sérum hématolytique
-conservé aseptiquement à la température ordinaire.
Comme la bactériolyse, l’hématolyse par immunsérum est spécifique : elle ne se produit que pour des hématies de même espèce que celles ayant servi à la préparation de l’animal fournisseur du sérum hématolytique.
Comme le sérum bactériolytique, le sérum hématolytique, qui a
perdu sa propriété hématolytique à 55°, peut être réactivé par addition de sérum frais de cobaye neuf, ou même de sérum frais d’un animal quelconque. On peut aussi activer, c’est-à-dire rendre hématolytique pour les hématies de lapin p. ex., le sérum de cobaye neuf
. (qui n’est pas hématolytique pour les hématies du lapin), en lui ajoutant un peu d’immunsérum hématolytique (pour les hématies du Japin) désactivé à 550.
L’hémolysine est en réalité constituée par 2 éléments, l’un ther- -mostabile, résistant à 55°, spécifique, apparaissant dans l’immunsérum du fait de la préparation, l’autre thermolabile, détruit à 55°, susbstance banale, qu’on trouve en tout sérum d’animal quelconque préparé ou non préparé.
Pour assurer l’hématolyse les deux substances, thermostabile et thermolabile, n’ont pas besoin d’agir simultanément ; elles peuvent agir successivement, pourvu que la substance thermostabile agisse d’abord, et que la substance thermolabile agisse ensuite. Ajoutons en effet à du sang défibriné de lapin du sérum de cobaye préparé par injections d’hématies de lapin, sérum désactivé par chauffage à 55° (l'hématolyse ne se produit pas), laissons en contact quelque temps, puis, par centrifugations alternant avec lavages à l’eau salée, débarrassons les hématies de toute trace de sérum, A ces hématies ainsi traitées, ajoutons un sérum quelconque d’animal neuf (ou si l’on veut -d’animal préparé) n’ayant pas été chauffé à 550; l’hématolyse se
produit. Elle ne se produit pas si on fait agir en sens inverse les deux liqueurs sur les hématies.
A ces deux agents d’hématolyse, nous donnons les noms déjà
Lo L faut ali plier . ni écHone, en faire au m Fe 3 ou 4, sinon plus, pour obtenir des résultats satisfaisants. On a tout d’abord rapporté cette propriété hématoly-
ÿ ‘une sensibilisatrice ; la substance thermolabile est une alexine (nous .démontrerons qu’on peut dire est l’alexine, car c’est le même agent qui intervient en hématolyse et en bactériolyse).
doptés dans l'étude de la bactériolyse : la substance thermostabile est |
On démontre ici, comme dans l'étude de la bactériolyse, | que la sensibilisatrice se fixe sur l’hémalie qu’elle pré-
pare à l’hématolyse, en formant avec elle un complexe.
On démontre que l’alexine disparaît de la liqueur en présence des hématies sensibilisées ; mais rien ne prouve qu'elle se fixe sur celles-ci.
Voici des faits expérimentaux justifiant ces propositions.
La sensibilisatrice se fixe sur l’hématie. Immergeons des hématies de lapin dans du séram hématolytique correspondant de cobaye, inactivé à 55° (on a dilué fortement ce sérum, afin de n’avoir pas trop de sensibilisatrice présente) ; puis centrifugeons pour éliminer les hématies sensibilisées : le liquide a perdu la propriété de sensibiliser des hématies de lapin qu’on lui ajouterait de nouveau : la sensibilisatrice a disparu lors de la première sensibilisation.
Si, aux globules rouges sensibilisés qu’on a séparés tout à l’heure du liquide par centrifugation, on ajoute de l’acide chlorbydrique très dilué, et si on centrifuge de nouveau, la liqueur ainsi isolée possède un pouvoir sensibilisateur démontrable, maïs faible : on a ainsi libéré la sensibilisatrice d’un complexe hématie-sensibilisatrice, dont elle faisait partie ; la sensibilisatrice disparaît mais n’est pas détruite lors de la sensibilisation.
L’älexine disparaît lorsque s’accomplit l’hématolyse. A des globules de lapins sensibilisés par le sérum hématolytique correspondant inactivé à 590, ajoutons du sérum frais de cobaye neuf; l’hématolyse se produit. Centrifugeons, pour éliminer les stromas décolorés, puis ajoutons à la liqueur de nouvelles hématies de lapin sensibilisées comme les premieres ; l’hématolyse ne se produit pas. C’est donc que V’alexine a disparu lors de la première hématolyse.
Mais alors qu’on a pu retirer de la sensibilisatrice du complexe hématie-sensibilisatrice par des moyens convenablement choisis, on à constamment échoué quand on a tenté de retirer l’alexine des stromas d’hématies hématolysées. Aussi répéterons-nous ce que nous disions lorsque nous étudions la bactériolyse : mieux vaudrait parler de consommation d’alexine que de fixation d’alexine.
Nous pourrions énoncer de nouveau les deux remarques que nous faisions ci-dessus (p. 263). Comparativement à l’alexine, la sensibilisatrice est surabondante. La quantité d’alexine contenue dans le
sérum 4h ul Fr a Anne ent 1 ne que Var
dans l’étude de la bactériolyse.
L'hématie est constituée par le stroma globulaire et par le pigment dont il est chargé. Quel est celui de ces deux éléments qui fixe la sensibilisatrice et qui consomme l’alexine ? On établit clairement que c’est le stroma : voici les faits.
Ajoutons à du sang défibriné de lapin 2 volumes d’eau distillée, l’hématolyse se produit. Centrifugeons, pour séparer les stromas et décantons la liqueur ; puis ajoutons de l’eau salée et centrifugeons à plusieurs reprises, pour enlever toute trace de la liqueur primitive. Ajoutons à ces stromas lavés un sérum hématolytique, les stromas en absorbent la sensibilisatrice, comme l’eussent fait des hématies intactes (en effet la liqueur séparée des stromas et chauffée à 55° est inapte à sensibiliser des hématies nouvellement introduites) ; ils en consom- ment aussi l’alexine, comme l’eussent fait des hématies intactes (en
effet la liqueur séparée des stromas n’hématolyse pas des hématies sensibilisées nouvellement ajoutées).
Par contre, le liquide rouge engendré lors de l’hématolyse par l’eau distillée, débarrassé des stromas par centrifugation, ne fixe pas la sensibilisatrice et ne consomme pas l’alexine : rien n’est plus simple que de le démontrer par des expériences calquées sur les précédentes.
Les mêmes phénomènes se passent donc quand on traite par un même sérum hématolytique soit des hématies inaltérées, soit des stromas privés d'hémoglobine : ily a fixation de sensibilisatrice et consommation d'alexine. Il y a toutefois une différence : dans un cas, il y a diffusion de l'hémoglobine dans le milieu ambiant ; dans l’autre cas, il n'y a pas diffusion d'hémoglobine, mais simplement sans doute parce que l’hémoglobine est absente.
… N'est-il pas légitime dès lors de dire que la diffusion de l'hémoglobine, qui traduit généralement à nos yeux les modifications imprimées aux hématies par le sérum hématolytique, n’est qu'un accident, comme nous disions ci-dessus (p. 252) que la précipitation proprement dite des protéines dans le phénomène de précipitation par sérum précipitant spécifique n'est aussi qu'un accident.
neuf ou qu’il ait été préparé. Les faits sur lesquels reposent ces pro positions sont exactement les mêmes que ceux qui ont été présentés
ne is M 2 RS Éd nd) nn di CSS défie de US SSSR DS
L'accident n’est pas à ‘tit Dante à Ë à at ‘simplement e De savoir que le fait essentiel s’est PE Ainsi l’asphyxie curarique
n'est-elle aussi qu’un accident (et qu’on peut éviter par la respiration artificielle) et non pas le fait essentiel de l’intoxication curarique : le
fait essentiel est la paralysie consécutive à la suppression des rapports fonctionnels normaux du muscle strié et du nerf moteur ; l’accident en est la simple manifestation.
Qu'il s’agisse de hactériolyse ou d’hématolyse, dans les deux cas, il y a fixation d’une sensibilisatrice spécifique et consommation d’alexine ; dans les deux cas aussi, il y a un accident ; mais cet accident diffère selon qu'il s'agit de bactériolyse ou d’hématolyse: pour les vibrions cholériques, l'accident est la transformation granuleuse ; pour les hématies, c'est la libération d’hémoglobine. Si nous considérons les seuls accidents, commé on l’a fait tout d’abord, nous ne sommes pas autorisés à identifier la bactériolyse et l’hématolyse : dans un cas, il s’agit d’un accident histologique (modification de la structure et de la colorabilité protoplasmique) ; dans l’autre cas, il s’agit d'un accident physico-chimique (perte de l’'hémiperméabilité de la zone périphérique de l’hématie). Mais si, par delà les
accidents, nous recherchons la cause qui a conduit à leur
production et les faits qui les ont précédés, en employant des artifices convenables, le rapprochement, l’identification de la bactériolyse et de l’hémalolyse s'imposent: les deux phénomènes ne sont que deux apparences distinctes d’un seul et même processus.
On a reconnu que maints sérums provenant d'animaux normaux sont bactériolytiques (ou bactéricides) ou hématolytiques. Diverses espèces de vibrions (mème le vibrion cholérique, pourvu qu’il ne soit pas très pathogène) introduits dans le péritoine du cobaye neuf subissent la transformation granuleuse. Les sérums du chien ou du lapin normaux sont microbicides pour les bactéridies charbonneuses : si on introduit dans ces sérums une petite quantité de bactéridies, on constate, quelques heures plus tard, que le nombre des bactéridies vivantes a diminué. Les mêmes sérums sont hématolytiques pour les globules rouges de la chèvre ou du cobaye, etc.
Comme les immunsérums bactériolytiques ou hématolytiques, ces sérums normaux agissent par deux substances, l’une qui est l’équiva-
lente des sensibilisatrices, et qui, comme celles-ci, se fixe sur les microbes, ou sur les hématies, l’autre, qui est l’alexine, que con- LES somment les microbes, ou les hématies sensibilisées. + Entre les sensibilisatrices des sérums normaux et les sensibilisa. $ trices des immunsérums, il y a sans doute des nuances, sinon de véritables différences (p. ex. ces dernières résistent un peu mieux à ne. Faction de la chaleur que les premières); mais il n’y a pas lieu d’in-
Le sister sur ces minuties.
L’alexine est d’ailleurs toujours la même substance qui assure la bactériolyse et l’hématolyse par immunsérums, en agissant sur les. éléments sensibilisés.
IL est inutile de relater les expériences sur lesquelles s'appuient ces propositions : elles ne diffèrent pas notablement de celles qui nous 4 ont permis d’analyser les mécanismes de la bactériolyse et de l’hé- 4
matolyse par immunsérum.
On est amené presque nécessairement à se demander si l'hématolyse spécifique n’est pas un cas particulier de ce qu'on pourrait appeler la cylolyse. L'injection d’hémates données dans l'organisme d’un animal appartenant à une autre espèce que le fournisseur d’hématies rend le sérum de l'animal préparé hématolytiaue (on pourrait dire aussi hématotoxique) pour les hématies ayant servi à la préparation. L'injection de cellules autres que les hématies dans l'organisme d’un animal appartenant à une autre espèce que le fournisseur de cellules rendrait-elle le sérum de l'animal préparé cytolytique ou cytotoxique ?
Notons que, s'il s'agit d'hématies, les expressions hkématolyse, sérum hématolytique ont prévalu, tandis que, s’il s’agit de cellules on a admis les expressions sérum, pouvoir, propriélé cyloloxiques. La raison en doit être cherchée dans les caractères des phénomènes qui ont retenu l'attention des premiers observateurs : dans le cas des | hématies, ce fut l’hématolyse, dans le cas des cellules ce furent les accidents provoqués, chez l'animal fournisseur des cellules ayant servi à la préparation du fournisseur de = sérum, par l'injection de cet immunsérum, accidents qu'on rapportait à l'intoxication des cellules correspondantes. 4
Il suffira ici de noter quelques faits; la question du pouvoir cytotoxique est encore très confuse, en raison de:
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ation, qu'on n’a pas encore pu écarter totalement.
Voie des sérums leucotoxiques ou leucolytiques. On les prépare en injectant dans l'organisme d’un animal d’espèce À des purées de ganglions Jymphaliques, ou des exsudats contenant des leucocytes, fournis par un animal d’espèce B. Le sérum de l’animal À, après qu’il a reçu quelques injections, espacées de quelques jours, bebe la propriété d’agglutiner les leucocytes de l’espèce B et d’altérer leur protoplasma (la colorabilité et les apparences sont modifiées), tout en respectant le noyau. On démontre que cette leucolyse relève de l’action successive d’une substance thermostabile, résistant à 55° (sensibilisatrice) et d’une substance thermolabile détruite à 55° (alexine). L'histoire des sérums leucolytiques est calquée, mot pour mot, sur celle des sérums hématolytiques.
Voici le sérum antiplaquettes, qu’on pourrait appeler globulintoxique ou globulinlytique. Préparons du sang citraté d’animal A, en faisant arriver directement de l'artère 9 volumes de sang dans 1 volume
modérément : les hématies et les leucocytes se déposent ; mais le plasma citraté conserve les globulins en suspension. Décantons-le et
et centrifugations alternantes. Injectons ces globulins de l’animal M dans l'organisme d’un animal d’espèce P et répétons plusieurs fois l'injection à quelques jours d’intervalle : le sérum de P devient sérum antiplaquette. Il agit en effet in vitro sur les plaquettes pour les agglutiner et les altérer (modifications d’apparence et de colorabilité). Ce même sérum antiplaquette, injecté dans les veines d’un
quette, fournit bien-un caillot quand on le reçoit dans un vase ;
globulins.
Voici enfin le sérum spermatotoxique. Si, sous la peau, ou dans le péritoine d’un lapin, on injecte du sperme d’un animal d’une autre espèce (cobaye p. ex.) et si on renouvelle plusieurs fois à quelques jours d'intervalle cette injection, le sérum du lapin préparé est spermatotoxique : ajouté au sperme ayant servi à la préparation (sperme de cobaye p. ex.), il en immobilise et il en tue les spermatozoïdes, mais sans les altérer dans leurs apparences et dans leurs propriétés. histologiques.
ffic Ités terne our e et dinternrés ne
d’une solution aqueuse de citrate de soude à 5 °/,. Centrifugeons
centrifugeons-le vigoureusement : les globulins se déposent ; on peut les débarrasser de tout reste de plasma citraté par lavages à l’eau salée
animal P, agit sans doute de même sur les globulins : on constate: que le sang de l’animal P, ayant reçu l'injection de sérum antipla-
mais ce caillot ne se rétracte pas. Or on a démontré que larétraction du caillot est une manifestation de l’activité vitale des globulins : le sérum antiplaquette supprime donc une propriété physiologique des
sont à noter. On peut engendrer, chez le cobaye, un sérum autosper-
malotoæique, en injectant à l’animal du sperme d’un autre cobaye, ou son propre sperme : on n’obtenait pas de sérum hématolytique en injectant à un lapin des hématies d’un autre lapin, ou un sérum leucotoxique en injectant à un lapin des leucocytes d’un autre lapin. Un
cobaye possédant un sérum autospermatotoxique, capable d’immobi-
liser et de tuer in vitro des spermatozoïdes de cobaye, conserve ses propres spermatozoïdes parfaitement mobiles dans ses vésicules séminales, malgré que celles-ci soient irriguées par un sang spermatotoxique.
La possibilité d’engendrer un sérum autospermatotoxique conduit à considérer les spermatozoïdes comme des éléments étrangers pour l'organisme qui les produit ; nous savons qu’au contraire les hématies et les leucocytes ne sont pas équivalents à des corps étrangers pour les animaux appartenant à la même espèce que leur fournisseur.
On a tenté de préparer des sérums cytotoxiques par injections de bouillies d'organes divers provenant d’animaux d’espèces différentes de celle de l’animal subissant les injections, espérant, grâce à cet artifice, enrichir la technique physiologique d’un merveilleux instru-
ment d'étude. S'il était possible, en injectant au lapin du tissu céré-
bral, thyroïdien, thymique, etc., provenant du cobaye, d’engendrer des sérums cérébrotoxique, thyroïdotoxique, thymotoxique, etc., pour les éléments anatomiques correspondants du cobaye, ne suflirait-il pas d’injecter un tel sérum dans l'organisme du cobaye, pour détruire totalement, ou altérer plus où moins gravement, selon la dose injectée, les cellules correspondantes, et déterminer ainsi des troubles par suppression ou insuffisance fonctionnelles, dont le physiologiste pourrait tirer profit pour la découverte des propriétés bio- Jogiques de divers organes encore profondément mystérieux.
On a publié des résultats divers relatifs à des sérums hépatotoæiques, néphrotoæiques, neurotoæiques, etc. Il est prudent d'attendre, avant d’en parler, que de nouvelles recherches aient apporté quelque clarté et quelques précisions en la matière.
Jl n’est d’ailleurs pas certain que l’espoir fondé sur ces méthodes par certains biologistes soit légitime. Nous reconnaïîtrons ci-dessous que certaines sensibilisatrices microbiennes (et le fait est très fréquent) peuvent se fixer sur les microbes correspondants et leur permettre de consommer l’alexine sans qu’il en résulte pour ces mi-
crobes quelque modification morphologique ou quelque altération
fonctionnelle. Qui nous prouve qu’il n’en est pas de même pour certaines cellules des organes, auquel cas le procédé serait illusoire. D'autre part, pour obtenir des sérums cytotoxiques, nous injectons des bouillies ou des macérations d'organes et non pas (comme ci-