‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 91 sur 145 · TER · texte numérisé non relu

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| PHYSIOLOGIE MICROB

grave et D iatiomet mortelle. si on fait lncaleg sous “?. peau 1 de l’extrémité de la queue, chez la vache, il se produit simplementun œdème local ; l'animal guérit rapidement et l’immunité est réalisée contre /’ a aoR faite au niveau des flancs.

Si on inocule le vibrion cholérique dans le péritoine du cobaye ou du lapin, il se produit une maladie mortelle ; si on l’inocule sous Ia peau, l’animal ne présente pas d’accidents, et est par là immunisé contre l'injection intrapéritonéale du même microbe, pratiquée quelque temps après. Le vibrion cholérique injecté sous la peau de l’homme n’est pas pathogène ; il confère au sujet une immunité au moins légère contre le choléra.

En présence de ces résultats, on peut se demander si la variolisation, autrefois pratiquée pour immuniser contre la variole, ne doit pas son innocuité au moins coutumière à ce que l’inoculation est faite sous la peau, tandis que l’infection variolique semble résulter de l'apport des microbes correspondants dans les poumons, ou tout au moins dans les voies respiratoires.

Pour immuniser le lapin ou le cobaye contre la septicémie typhique, qu’engendre chez eux le bacille typhique injecté en quantité assez considérable, il suffit d’inoculer une très petite quantité de la culture : quelques jours plus tard, l’inoculation surabondante de bacilles typhiques, qui tue l’animal neuf, est inoffensive pour l’animal préparé.

Mais ces procédés, comme les précédents, ne sont pas généraux : ils conviennent ici, ils ne réussissent pas là. Aussi a-t-on dû chercher dans d’autres directions encore pour étendre Le champ des vaccinations ou immunisations.

On a eu recours à des cadavres microbiens, c’est-à-dire à des microbes tués par la chaleur, ou quelque autre moyen, et on a obtenu assez souvent, sinon toujours, d'excellents résultats. Des immunisations ont été réalisées par injection “de corps de microbes tués vis-à-vis du charbon symptomatique, du hog-choléra, de l'infection due au vibrion avicide, de l'infection typhique des animaux de laboratoire, ete. . Des applications importantes en ont été faites à l’homme pour l’immuniser contre la peste, la fièvre typhoïde, les affections paratyphiques, le choléra.

Inoculons à l’homme une culture de vibrions cholériques sur gélose, diluée dans l’eau salée (2 mgr. de culture pour 1 c. c. d’eau salée p. ex.) et chauffée r h. à 58° ; renouvelons l'injection, en doublant

e la né, ane jours plus tard, Ces autos provoquent ds |

accidents très nets, mais qui ne sont pas graves et disparaissent en 2 à 3 jours, laissant le sujet immunisé fortement.

On vaccine contre la peste à l’aide de bacilles pesteux cultivés sur bouillon ou gélose, qu’on tue par chauffage de 1 à 2h. à 65° : on pratique une première injection à dose minime, suivie, à 10 jours d'intervalle, d’une seconde injection semblable plus abondante.

On vaccine contre la fièvre typhoïde en inoculant à 3 ou 4 reprises, à 8 jours d'intervalle, soit des bacilles typhiques (cultures sur bouillon ou gélose) tués par chauffage d’une ou deux heures à 569 (pour certains auteurs) ou à 60° (pour d’autres), soit des bacilles typhiques (mêmes cultures) tués par l’éther et débarrassés d’éther par chauffage à douce température.

On vaccine encore par la même méthode contre les infections paratyphiques, et, en mélangeant les microbes typhiques et paratyphiques, contre ces diverses infections tout à la fois.

Parfois on substitue aux microbes tués des extraits aqueux, qu'on a préparés en faisant longuement macérer les microbes dans l’eau salée, et en séparant par filtration la liqueur de macération. Parfois on soumet les microbes à diverses manipulations avant de les faire périr (p. ex. dessiccation, broyage, addition de sel et finalement addition d'eau; ou congélation par l'air liquide, trituration et macération, etc.).

Peut-être convient-il d'ajouter que, si les injections de microbes tués assurent plus de sécurité dans l’immunisation, le degré de l’immunité conférée est toujours moindre que celui de l'immunité qui succède à l’inoculation de microbes vivants.

Notons expressément qu'aucune des méthodes, que nous venons de présenter sommairement, n’est universellement bonne. Dans chaque cas particulier, une étude longue et minutieuse, conduite avec patience, permet seule de reconnaître quel est le procédé le plus efficace pour arriver à la plus forte immunité : tout est question de tâtonnements et d'empirisme. C’est l'observation encore qui permet de savoir si une seule injection suffit à assurer une immunité efficace ou s’il faut la renouveler, et combien de fois il faut la répéter. C’est l'observation enfin qui permet de

est la voie qu’il faut adopter.

Ne soyons pas surpris que les choses soient ainsi : n’en est-il pas de même en chimie? La préparation d’un corps nécessite une étude approfondie de ce corps, et telle précaution est indispensable pour réussir une préparation, qui peut être superflue pour une autre.

Les immunisations, telles que nous les avons considérées, sont pratiquées à titre préventif : même l’immunisation antirabique, quand elle est faite chez un sujet mordu par un chien enragé, est faite en vérité préventivement, en raison de la très longue incubation du mal. Mais qu’arriverait-il si l’on pratiquait l’immunisation chez un sujet présentant déjà les symptômes caractéristiques d’une maladie? Assurerions-nous la guérison ?

Comme l'injection immunisante ne fait apparaître une très minime immunité que quelques jours au moins (5, 8 jours et parfois plus) après elle, on ne saurait évidemment influencer l’évolution d’une maladie à évolution rapide, charbon, peste, choléra, p. ex.

Convient-il d’ailleurs d’injecter des microbes même modifiés chez un sujet qui souffre d’une semblable affection et qui n’en a pas encore eu raison : n'est-ce pas augmenter le nombre de ses ennemis, et n’en résulterait-il pas une aggravation du mal ?

Aussi l’immunisation en cours d'infection, la vaccinothérapie, . dit-on, n'est-elle qu’exceptionnellement employée. Les hommes sages

ne l’ont tentée que dans le cas d’affections de gravité faible, à évolution lente et traînante, prenant volontiers le caractère chronique (certaines staphylococcies, bien localisées p. ex., ou certaines gonococcies à forme chronique); et ils se sont bien gardés d’injecter des microbes vivants ; ils ont recouru aux microbes tués dans des conditions convenables (disons qui ne privent pas ces microbes de leur action immunisante).

La vaccinothérapie a quelques rares succès à son actif; elle ne constitue pas une méthode générale et à laquelle il faille attribuer une grande importance : c’est plutôt une simple curiosité scien-

tifique.

Nous avons antérieurement étudié quelques propriétés des sérums d’animaux immunisés contre des mucrobes ; nous avons reconnu leurs pouvoirs agglutinant et bacté-

riolytique, nous reconnaîtrons ci-dessous leur pouvoir

savoir si la voie d'inoculation des produits vaccinaux a quelque importance ou non, et, dans le premier cas, quelle

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* opsonique : la préparation d’immunisation modifie donc la composition du sérum. Le sérum des animaux vaccinés. et immunisés contre des microbes ne serait-il pas antimicrobien, comme le sérum'des animaux immunisés contre les toxines est antitoxique; c’est-à-dire ne pourräit-on conférer aux animaux neufs une immunité contre les microbes par injection du sérum d’animaux immunisés, comme on a conféré aux animaux neufs une immunité antitoxique ? Existe-t-il une iëmmunilé passive antimicrobienne, comme il existe une immunité passive antitoxique ?

Les recherches expérimentales ont permis de répondre affirmativement : 1 y a des sérums antimicrobiens.

On a constaté p. ex. que le sérum du convalescent de fièvre typhoïde peut, au moins parfois, préserver le cobaye ou le lapin de l'infection typhique expérimentale, qu’on développe chez l'animal neuf en injectant une culture typhique dans le péritoine.

Il est avantageux d’étudier la question des sérums antimicrobiens sur des animaux (chevaux ou lapins) hyperimmunisés, c’est-à-dire chez lesquels on a réalisé l’immunisation active, d’après les méthodes courantes, puis répété longuement les injections en augmentant la quantité et le pouvoir pathogène du produit injecté.

On possède ainsi plusieurs sérums anlimicrobiens dont l'efficacité est non douteuse ; les principaux sont les sérums antidysentérique, antiméningococcique, ftp ocoec tique, antipesteux, anticharbonneux, anticholérique, etc.

L'immunité antimicrobienne active ne s'établit pas instantanément : ce n’est qu’au bout de plusieurs (5, 8 ou plus) jours qu'on peut en découvrir les premiers indices; elle augmente progressivement (mème si on ne renouvelle: pas l'injection) jusqu’à un maximum qui estatteint plus ow moins vite (généralement 2 à 3 semaines après l’unique inoculation). Elle est généralement durable (il y a toutefois de grandes différences selon la maladie : elle est très. longue pour la variole, très courte pour la pneumonie), persistant de coutume au moins quelques années, parfois plus, rarement moins. Après s'être maintenue constante pendant longtemps, elle s’atténue progressivement, mais. très lentement. Il serait, en ces questions, éminemment

PHY SIOLOGIE MI CROBIENNE à

Troie de trop préciser : tout est question d’ espèces, À chaque cas (selon l'espèce animale, ou l'espèce micro- bienne) doit faire l’objet d'une étude spéciale. ; L'immunité acquise antimicrobienne est de courte durée quand elle est passive : elle ne persiste pas au delà de . 3 semaines, et encore faut-il noter qu’elle diminue aussitôt °} qu'établie (au moins si le sérum antimicrobien a été injecté ne dans les veines), ou peu de temps après son établissement (si l'injection a été faite sous la peau), c’est-à-dire dès le 1 second jour. à de L’immunilé antimicrobienne active est donc caracté- 1 risée par la lenteur de son établissement et par sa lon- 1 que durée; l’immunilé antimicrobienne passive, par la précocité de son élablissement et par sa courte durée. À ne On a imaginé d'associer les deux méthodes d’immuni- î __ salion, l’active et la passive, afin d'obtenir d'emblée une | .__ immunité passive, grâce à laquelle on peut injecter le vaccin ou les produits microbiens en quantité plus grande et sous une forme plus pathogène qu'on n'’eût pu le faire Sur un animal neuf. En procédant ainsi, on raccourcit la durée de la préparation d'immunisation, ce qui est parfois fort avantageux. Voici des exemples.

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