POS ET
Nous avons noté que l’immunisation contre la bactéridie se fait en +4
2 temps en général : on injecte, à 8 jours d'intervalle environ, à : re “d’abord le 1° vaccin pasteurien, puis le 2° : en procédant ainsi, on se £ A met à l’abri de tout accident et on ne détermine que des maladies É È extrêmement bénignes. Si l’on avait pratiqué d'emblée l'injection du # to second vaccin, on eût provoqué une maladie généralement guéris- % si sable, il est vrai, mais pourtant assez grave. Or si on injecte simulta- 4 ii nément, chez un animal neuf, le second vaccin et une proportion 3 \£ «onvenable de sérum anticharbonneux, on peut aisément obtenir, sans e + déterminer une maladie sérieuse, une immunité très forte, aussi 4 ; forte que celle qui succède à l’inoculation du second vaccin seul et à ë jé: Ja maladie assez grave qu’il provoque. 4 à
Sp Nous avons insisté ci-devant sur l’immunité antirabique, qui, pour ù être efficace chez le sujet mordu, doit être aussi rapidement établie ‘que possible, afin de gagner de vitesse sur le processus infectieux. Or sion injecte 4 jours de suite au sujet mordu un mélange de virus fixe et de sérum antirabique (on obtient celui-ci en procédant ainsi : SA 3 fois à 1 semaine d'intervalle, on injecte dans les veines du mouton,
| qui Lit à cetts nine du virus biens fixe, puis on faitune longue série d’injections sous-cutanées à dose croissante), on peut dès
le lendemain injecter au sujet des moelles qui n’ont pas plus de 2 à 6 jours de date, ce qui fait gagner du temps (la durée du traitement est réduite à 10 ou 12 jours, au lieu de 18 à 21).
Il faut pourtant remarquer que la méthode d'iëmmunisalion mixte est délicate à manier. Il importe que le mélange inoculé renferme assez de sérum, pour qu'il ne soit pas dangereux pour l'animal ainsi traité; mais il importe aussi que la dose de sérum ne soit pas trop considérable, car l’inoculation correspondrait alors à celle d’un
microbe extrêmement atténué, et l’immunisation active ne
s'établirait ni rapidement, ni franchement.
Avant de quitter ces questions d’immunité acquise et de vaccination, quelques phénomènes remarquables retiendront encore notre attention.
La vaccine confère une immunité de longue durée; mais pourtant temporaire (elle s’atténue lentement, mais finit par disparaîtrea près de longues années). Pendant cette décroissance de l’immunité vaccinale, nous devons avoir tous les degrés d’immunité, et nous pouvons considérer, au moins provisoirement, ces divers états d’immunité comme états d’immunité partielle (mieux vaudrait dire diminuée ou réduite).
Supposons qu’on inocule au niveau de la peau du pus vaccinal chez un sujet qui n’a pas encore été vacciné et qui n’a pas eu la variole. Le 3° jour une rougeur apparaît au point d’inoculation ; une pustule ombiliquée en son centre se développe et se gonfle progressivement,
our atteindre son développement maximum le 6€ jour. Cette pus- P PP J pus- ,
tule renferme un liquide d’abord clair, puis trouble, puis purulent et de plus en plus purulent. À partir du 10° jour, la guérison se produit
par disparition de l’inflammation, résorption du liquide et dessiccation
du pus de la pustule, dont la surface est recouverte d’une croûte, tombant un peu plus tard, en laissant une cicatrice qui persiste indéfiniment.
Des années ont passé, l’immunité vaccinale qui était absolue (une scarification vaccinale ne conduit à la production d’aucun fait local) après la première vaccination, s’est atténuée, mais elle n’a pas encore totalement disparu. Nous pratiquons alors une scarification cutanée, à la surface de laquelle nous déposons le pus vaccinal : nous constatons, dans ces conditions particulières, que la réaction est à la fois plus
AE a Ch 3 ou 4 SAR (ME LÉ :
LHROEE TT KR
4 Au à mètre rare
précoce et plus bénigne : la scarification rougit déjà après 1 jour, | parfois même plus tôt, mais la pustule ne se produit pas; il n’appa- raît qu’une papule un peu surélevée, qui disparaît d’ailleurs après 1 ou 2 jours. ! 5 | On désigne sous le nom d'allergie ce mode de réaction propre aux sujets qui sont en état d'immunité partielle ou réduite. ; Que l'intensité de la réaction soit moindre qu’elle n’est chez l'individu neuf, c’est, semble-t-il, tout naturel ; mais qu’elle soit plus précoce, que la période d’incubation soit réduite, c’est plus étonnant ; car nous sommes habitués à voir les symptômes d’une maladie microbienne apparaître d'autant plus tôt, chez l’animal neuf tout au moins, que le sujet est plus sensible, ou le microbe plus pathogène. Si l’on prétendait que ces intéressantes particularités s’expliquent fort bien en admettant que les accidents locaux observés tout d’abord (rou- geur et inflammation locales) sont produits par la réaction de l’or- ganisme contre le pus inoculé, et que cette réaction se produit plus vite dans l’organisme immunisé que dans l’organisme neuf, nous répondrions que la réaction devrait être encore plus précoce, et sans doute plus vive, chez l'animal fortement immunisé, si cette conception est juste : or, chez l’animal fortement immunisé, la réaction ne se produit pas.
L’allergie n’est donc pas synonyme d’immunité réduite. Dans l'exemple analysé, il y a des faits d’immunité, ce sont l’avortement prématuré de la pustule et l’absence de cicatrice durable. Mais la précocité des accidents est-elle vraiment une manifestation d’immunité ? Avant de l’affirmer. peut-être conviendrait-il de chercher à le démontrer. Bref, il est parfaitement légitime de désigner ces faits sous un nom spécial, allergie, plutôt que de les englober purement et simplement dans le groupe des faits d’immunité partielle ou réduite. Si, chez un homme totalement indemne de lésions tuberculeuses, nous pratiquons une scarification, sur laquelle nous déposons une goutte de tuberculine (diluée au quart), rien ne se produit, ni rougeur, ni gonflement. Mais si le sujet ainsi traité est tuberculeux, ou a présenté antérieurement des accidents tuberculeux, il se produit au niveau de la scarification une réaction locale, dite cutiréaction. Au bout de quelques heures, apparaissent une rougeur et du gonflement ; une petite papule se montre, au centre de la zone congestionnée, pour disparaître d’ailleurs après 1 ou 2 jours : on dit que la culiréaction a été positive. — On ne saurait nier les analo- __ gies de la cutiréaction et des petits accidents de la revaccination faite dans les conditions spécifiées ci-dessus. Dira-t-on que la cuti-
réaction est la manifestation d’une immunité partielle, acquise par l’homme tuberculeux sous l'influence justement des produits tuberculeux qu’il héberge ?
tubercul se Dribénte ou eroiie. on AE une goutte de tuber- de culine fortement diluée à la surface de la conjonctive oculaire : ilne se produit ni lésions, ni accidents. Procédons de même chez un sujet tuberculeux (même assez faiblement tuberculeux pour que les manifestations cliniques n existent pas), on voit la conjonctive rougir au bout de quelques heures, les larmes couler abondamment, et une exsudation muco-purulente se produire. Dira-t-on aussi que cette ophtalmoréaction est la manifestation d’une immunité partielle acquise par l’homme tuberculeux sous l'influence des produits tuberculeux qu’il héberge ?
Supposons enfin qu’on injecte la tuberculine sous la peau à dose faible, 1/2 mgr. p. ex. : il ne se produit aucune réaction fébrile chez l’homme non tuberculeux ; il s’en produit une très nette, souvent même très vive chez le tuberculeux. Dira-t-on que cette réaction générale à la tuberculine est la manifestation d’une immunité partielle acquise par le porteur de bacilles tuberculeux ?
Ce serait à coup sûr, dans ces trois cas, faire un singulier abus du. mot immunité que de l'appliquer pour désigner un état de susceptibilité plus grande que celle qu’on constate chez l’animal neuf.
Des faits rigoureusement superposables à ceux qui viennent d’être exposés s’observent chez le cheval morveux, traité par la malléine, la malléine étant au bacille nerveux ce que la tuberculine est au bacille tuberculeux : on retrouve encore la cutiréaction, l’ophtalmoréaction et la réaction générale positives chez le cheval morveux, et nulles chez le cheval non-morveux. :
On a signalé encore d’autres faits équivalents, p. ex. la no et la sécrétion muco-purulente qu’on provoque chez les typhiques en déposant sur la conjonctive une goutte de culture typhique filtrée, etc.
On a souvent rapproché ces divers phénomènes (tuberculine, malléine, etc.) de ceux que nous notions ci-dessus à propos de revaccination antivariolique, les rangeant tous dans le même groupe des faits d'allergie. Est-ce légitimé ? Dans le cas de la revaccination, il y a deux particularités remarquables, la précocité de la rougeur et l’avortement de la pustule, ce dernier traduisant l’immunité partielle. Dans le cas de la cutiréaction et de l’ophtalmoréaction, nous avons bien la congestion précoce, mais où notons-nous un avortement quelconque, où reconnaissons-nous une réduction d’accidents ?
Si nous rangions tous ces faits en une même catégorie, les faits d'allergie, il faudrait bien, bon gré, mal gré, distinguer des espèces distinctes et probablement irréductibles. À quoi bon alors les réunir, pour ensuite les séparer ?