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LES MÉCANISMES DE L'IMMUNITÉ | ACQUISE CSS

un donner plus de poids encore à cette conclusion, nous allons réaliser telles conditions pomentoles qui relarderont et limileront, chez l'animal immunisé, la phagocylose, afin de rechercher si, dans ces conditions, l'immunité n’est pas supprimée.

En injectant. à des cobayes de l’opium à dose non mortelle, on supprime les mouvements de leurs leucocytes et leur diapédèse : on le vérifie en insérant sous la peau de l’animal de petits tubes ouverts à une extrémité et contenant une culture cholérique p. ex. ; quelques heures plus tard, on retire un tube bourré de leucocytes si le cobaye n'avait pas reçu d’opium ; on le retire ne contenant pas de leucocytes si le cobaye avait reçu une injection d’opium.

Chez des cobayes immunisés contre le vibrion cholérique, et dont les uns ont reçu de l’opium, tandis que les autres n’en ont pas reçu, injectons dans le péritoine une quantité égale d’une même culture cholérique. On constate, par l’examen du liquide péritonéal, que ce liquide se remplit rapidement de leucocytes chez les derniers (sans opium), tandis qu’il n’en renferme chez les premiers (à opium) que 6 h. au moins après l’inoculation ; on reconnaît que la phagocytose se fait convenablement et rapidement chez les derniers, tandis que chez les premiers, où elle ne saurait se faire que tardivement, elle est incomplète, car les vibrions entre temps se sont multipliés à l'infini. Les cobayes sans opium ne sont pas malades; les cobayes à opium meurent d'infection cholérique. — Ces faits établissent avec une netteté parfaite le rôle essentiel de la phagocytose dans l’immunité antivibrionienne.

En vérité c’est l'existence ou l'absence de phagocytose (et aussi sa précocité ou sa lenteur), qui font que l'animal

est immunisé ou ne l'est pas. C'est là la conclusion à

laquelle nous avaient amenés nos études sur l’immunité naturelle ; c’est là la conclusion à laquelle nous conduisent les présentes études sur l'immunité acquise. Chez un animal neuf sensible à une infection, la phagocytose ne se fait pas pour l'agent de cette infection, ou ne se fait que partiellement et lentement; chez le même animal immunisé contre cette même infection, la phagocytose se fait, pour ce même agent, généralement rapide et totale.

Voici p. ex. un vibrion voisin du vibrion cholérique, le vibrion avicide, qui est pathogène pour le cobaye neuf. Inoculons-le dans le

damment sans que les phagocytes arrivent, et F provoque une infec- 4 tion rapidement mortelle (la phagocytose ne s’est pas produite). Inoculons-le, au contraire, dans le tissu cellulaire sous-cutané d’un cobaye fortement immunisé contre lui ; il se forme une exsudation. locale, dans laquelle arrivent rapidement les leucocytes issus des capil- . laires par diapédèse, et qui englobent en hâte les vibrions bien vivants, ne présentant aucune altération reconnaissable ; la destruction intraphagocytaire s’accomplit ensuite lentement, mais sûrement. Le cobaye survit (la phagocytose- s’est produite).

Notons encore une fois que l’englobement phagocytaire n'a pas comme condition la mort ou l'atténuation du vibrion, car si on porte à 36° une goutte de l’exsudat leucocyto-microbien, on peut reconnaître que les vibrions s’y développent abondamment dans l’intérieur des leucocytes (hors de l’organisme, les leucocytes étant ainsi dans des conditions anormales), et après avoir rempli de leurs nombreux individus le contenu leucocytaire, ils en brisent les limites pour continuer à se multiplier dans l’exsudat.

Si on introduit ce même vibrion avicide dans le péritoine (et nom plus sous la peau) du cobaye, auquel on a injecté 24 h. auparavant

du bouillon dans le péritoine, pour que l’inoculation microbienne ne

provoque pas l’hypoleucocytose coutumière, les choses se passent différemment selon que le cobaye est neuf ou immunisé. Si le cobaye est neuf (non immunisé contre le vibrion avicide), la phagocytose ne se produit pas, ou ne se produit que très incomplètement ; l'infection éclate et conduit l’animal à la mort. Si le cobaye est immunisé contre le vibrion avicide, la phagocytose se produit presque instantanément et ne laisse aucun vibrion libre : l’infection ne se développe pas, le

cobaye survit sans accident.

Est-il besoin d'ajouter que le cobaye immunisé contre le vibrion cholérique se comporte comme un cobaye neuf

vis-à-vis du vibrion avicide, et qu'inversement le cobaye

immunisé contre le vibrion avicide se comporte comme le cobaye neuf vis-à-vis du vibrion cholérique. L’immunité est rigoureusement spécifique : le pouvoir d'augmenter le

. chimiotaxisme des leucocytes est limité aux seuls microbes

pathogènes pour lesquels il y a eu immunisation.

Il est inutile de reprendre un à un tous les cas examinés ci-dessus à l’occasion de notre étude relative au pouvoir bactéricide des vaccinés : il suflira de prendre un seul exemple complémentaire.

Le lapin est sensible au charbon bactéridien, quand il s’agit d'une

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