‹ Précis de prononciation françaiseChapitre 36 sur 113 · UNION DE DEUX VOYELLES ET D UNE CONSONNE REDOUBLEE · texte numérisé non relu

UNION DE DEUX VOYELLES ET D UNE CONSONNE REDOUBLEE

La tenue de la consonne doit être prolongée pour que la consonne implosive se détache bien de la consonne explosive : ah-ba. En outre, la première voyelle est abrégée et la tension de la consonne s'exécute avec un surcroît d'énergie (fig. 40 et 69).

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Il convient de distinguer plusieurs cas :

1° Le rapprochement des consonnes est ancien (hl dans hlanc) ou il est le résultat de la chute d'une voyelle {ft dans fût) ;

2^ Les deux consonnes peuvent s'appuyer sur deux voyelles ou une seule ;

3° Les deux consonnes dépendent de deux organes différents ou d'un seul ;

4° Les deux consonnes sont de même qualité (toutes les deux sonores ou sourdes) ou de qualités différentes (l'une sonore et l'autre sourde ou inversement).

Les groupements anciens sont stables, excepté dans certaines façons de parler populaires qui sont à éviter comme nvœryé « ouvrier », truvêré « trouverai ».

Les groupements nouveaux n'existent pour la plupart que dans une prononciation rapide et familière. Avec le débit lent et quelque peu embarrassé d'un étranger, ils choquent l'oreille.

Un Allemand demanda un Jour de lire une page de Perrault. Il débuta ainsi îœ p'ti pûse. . . « Le petit Poucet » . Ce groupe pt au milieu de syllabes traînantes était ridicule. Les étrangers feront bien de conser\'er les voyelles que nous gardons nous-mêmes dans la syllabation jusqu'à ce que la rapidité du débit les fasse tomber naturellement.

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> Si deux consonnes s'appuient sur une seule voyelle {psaimie, p'tit ou apf), leur union est plus étroite que si elles s'appuyaient sur deux (aptitude). Dans ce dernier cas, en effet, la première voyelle soutient la première consonne et la seconde consonne prend son point d'appui sur la seconde voyelle : ap-ti...

Fig. 72.

(Inscription du souffle).

Ou remarquera rindépendance des deux consonnes séparées par le pointillé. Dans (i) apta t u fè(r) « apte à tout faire», on notera la présence d'une petite explosion pour le p ; dans (2) aptiiuda « aptitude », celle d'un changement de pression marqué par un fléchissement de la ligne.

Beaucoup d'étrangers sont portés à couper a-/>^/..., ce qui est une erreur. Les tracés montrent l'indépendance des deux consonnes. Môme, ils laissent voir une explosion pour \t p (fig 72).

Si les deux consonnes dépendent de deux organes différents, par exemple, si Tune est une labiale et l'autre une linguale, les deux organes se mettent ensemble en mouvement de façon que les deux tenues se produisent à peu près en même temps. Soit, par exemple, les deux syllabes apta

RousSEi.OT. — Provoiirialioit française. 6

GROUPES

(fig. 73). La tenue du^ a concordé avec celle du /, si bien que Ton a entendu un p implosif et un t explosif. Comparez encore les figures 75 et 76.

La

La. langue.

Les pointillées délimitent les deux consonnes.

Le mouvement d'élévation de la langue (pour le /) s'exécute pendant que ferment (pour le p).

lèvres

Si les deux consonnes dépendent d'un même organe, elles se comportent différemment suivant qu'elles appartiennent à un seul ordre ou à deux. Quand elles sont du même ordre, deux dentales, par exemple {s, n), l'une profite du travail accompli pour l'autre, et nous pouvons n'avoir encore qu'une implosion et une explosion. Mais quand elles sont de deux ordres différents, par exemple, une

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gutturale et une dentale (/c, w), les deux tenues existent isolément et la détente de la première ne peut pas se confondre avec la tension de la seconde. En conséquence, l'explosion de la première consonne a le temps de se produire (fig. 74)-

Fig- 74.

V. voix. — N. nez sées, leurs te ision du k ; e vement de la ligne du nez marque le début de l'w

Les deux consonnes sont juxtaposées, leurs tenues existent séparément. On remarquera, entre la i" et la 2= pointillée, l'occlusion du k; entre la 2* et la y, son explosion. Le relè-

Ènfin, si les deux consonnes sont de qualités différentes, l'une sonore et l'autre sourde ou inversement, elles ont une tendance variable, suivant leur nature, leur place réciproqueet la rapidité du débit, à prendre la même qualité et à devenir toutes les deux ou sonores ou sourdes.

Les consonnes qui se montrent les plus stables et qui agissent le moins sur leurs voisines sont les semi-voyelles (y, w, w), les nasales (in, n, n) et les vibrantes (/, r); celles qui s'influencent le plus entre elles et qui échangent le plus aisément leur qualité sont les occlusives (b p, dt,g k) et les spirantes(z;/, ;( s, j e). La consonne assimilante est ordinairement la seconde. Enfin la prononciation la plus rapide et la plus négligée est la plus favorable ci l'assimilation.

On devine qu'il n'y a pas de règles rigoureuses à établir sur ce point. Le plus sage est de se proposer de donner à toutes les consonnes groupées leur qualité propre et de s'en remettre pour les modifications de

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sonorité au fonctionnement même de l'organisme. Une assimilation voulue dépasse toujours la mesure.

Un jour, un Allemand posa cette question : « vous dites bien le prèi de Bismark ? » en articulant prèi d'une façon lente et embarrassée et en l'isolant de de. Aucune oreille française n'aurait supporté cette prononciation. Mais, s'il avait prononcé />;f;{ de B. très vite, personne ne l'aurait remarqué.

La

ï-ig- 75-

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