‹ Précis de prononciation françaiseChapitre 46 sur 113 · L'£ MUET FRANÇAIS · texte numérisé non relu

L'£ MUET FRANÇAIS

La voyelle œ (que nous appelons e muet) existe entière dans les mots monosyllabiques isolés Qe, me, etc.). Mais, dans certains groupes, elle tend à disparaître, comme en d'autres elle est en voie de s'introduire.

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Le MUET IRANÇAIS lOj

Dans les finales après des consonnes sourdes^ Vœ disparaît ordinairement : kôt (fig. 37). Mais, dans une prononciation emphatique, non seulement Vœ se maintient, mais il peut même apparaître induement : èplacàbLr Vénusœ! (Voir Princ. de Phon. Exp., p. 527).

Après des sonores, Vœ est très atteint; mais il se maintient en partie : ab (fig. 79). Ici, les nuances sont très nombreuses et il faut tenir compte non seulement de la consonne, mais encore de la voyelle précédente. Par exemple, Vœ. de âme se conserve presque toujours, celui de femme tombe le plus souvent. Quand le mot contenant un œ final précédé d'une sonore est suivi d'un autre mot, 1'^ ne tombe pas. Dans âme femme ou femme âme prononcés successivement, le premier e muet est le plus souvent très net.

Vœ final, quelle que soit la consonne qui précède, se maintient et devient même plus aigu après une tonique emphatique : // ba sa kulpœ (XI), ou devant un mot conclusif qui termine le groupe : âmafâinœ (fig. 83).

Une série d'expériences adonné les résultats suivants :

10 dme femme inscrits plusieurs fois l'un après l'autre. — L'aide dme est en moyenne de deux ou trois tons plus aigu que 1'^/ ; il monte de 81.2 ou utg à miy. Il a duré 10 centièmes de seconde. — L'œ àQ femme a baissé de sol2f.2 à sol^j, c'est-à-dire à la limite inférieure de" la voix de Texpérimentateur et n'est qu'à peine distinct. Il a duré une fois (fig. 83) 8 centièmes de seconde. Cet œ ne s'est rencontré qu'une fois sur huit. Les sept autres fois, il a été nul.

2° femme dme inscrits comme plus haut. — L'a' de femme s'élève jusqu'à sol *î.2, et à son tour celui de dme descend jusqu'à soljj^. — Vœ à^ femme a duré : une fois, 7 cent, de sec. ; une fois, 6 ; deux fois, 5 ; deux fois, 3 , deux fois 2 ; trois fois, o ; — celui de dme, une fois, 9 ; trois fois, 8 ; deux fois, 6 ; une fois, 5 ; deux fois, 4 ; une fois, 3.

3*^ dme femme prononcés très liés l'un à l'autre. — L'a' de dme devient plus intense.

40 dme prononcé isolément. —L\t a duré : trois fois, 8 centièmes de seconde; cinq fois, 6; deux fois, 5; trois fois, 4; une fois, 2.

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50 femme prononcé isolément. — L'a' a duré : trois fois, 5 centième?; de seconde ; une fois. 4 ; deux fois, 3 ; neuf fois, o.

Dans un discours solennel et qui doit être entendu de loin, les consonnes finales, surtout si elles sont sonores, apparaissent souvent suivies d'un ce : lœ soUyœ « le soleil », lœ syèlœ « le ciel », etc.

Dans l'intérieur des mots, s'il n'est pas protégé par un groupe de consonnes, Vœ tombe encore plus facilement qu'à la finale : suvnir « souvenir » (III) e dmàd « et demande » (XII).

Quand deux œ se suivent, c'est le moins accentué qui disparaît : rœvné\ « revenez! », mais // fô rvœnir « il faut revenir ».

Les groupes de consonnes conservent les œ\ même ils les appellent : œn àrkœ buta « un arc boutant », / àrkœ d triôf « l'arc de triomphe ».

Mais un groupe où entrent les vibrantes (/, r) n'empêche pas la chute de 1'^ : lœ kôt rolà (Y).

En somme, le facteur le plus important dans la conservation de Vœ, c'est la lenteur voulue ou forcée du débit. (Voir 2*^ partie, les atones.)

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