‹ Précis de prononciation françaiseChapitre 47 sur 113 · PRINCIPES DE LECTURE · texte numérisé non relu

PRINCIPES DE LECTURE

Un préjugé assez répandu fait de Técriture la règle d'une bonne prononciation : il faudrait, dit-on souvent, prononcer comme on écrit. Le contraire serait plus juste. En tout cas, la langue vivante, la langue parlée, est indépendante de la langue écrite. Une autre erreur consiste à rechercher dans la tradition la loi du présent : et grammairiens et lexicographes se bornent souvent à découper dans les auteurs du xvii^ ou du xviii^ siècles des conseils qui sont surannés. Dans un sens tout opposé pèchent aussi, à notre avis, ceux qui prennent leurs modèles de prononciation dans des milieux trop exclusivement populaires ou dans un langage trop négligé : le « français de tous les jours » n'est pas tout le français, et, dans plusieurs occasions, dans la lecture surtout, il est déplacé.

Ce serait donc une erreur que de chercher une règle unique et un type unique pour la prononciation. Nous concevons notre rôle comme celui de simples rapporteurs, mais de rapporteurs assez informés pour dire dans quelles classes de la société, dans quelles circonstances spéciales sont employées les formes particulières que nous aurons à signaler. Nous ne dirons pas tout, mais nous nous efforcerons de dire l'essentiel.

RoussELOT — Prononciation française. 8

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Nous traiterons successivement des voyelles, des con sonnes et des liaisons.

Nous ne parlerons dans cette seconde partie que de la prononciation des voyelles et des consonnes dans les mots isolés et de leurs liaisons entre eux, soit par la chute, soit par la conservation d'une consonne. Quant aux modifications phonétiques délicates qu'amènent les diverses sortes de groupements et d'accentuation dans la phrase, nous en avons assez dit, pensons-nous, dans le chapitre précédent pour qu'il soit inutile d'y revenir.

Mais nous nous permettons d'attirer particulièrement l'attention sur les différences de timbre que subissent les voyelles sous l'influence de l'accent, et nous prions le lecteur d'avoir ces principes toujours présents à la mémoire en lisant ce qui va suivre, s'il veut ne pas se faire une idée trop étroite de la stabilité des sons français et se rendre compte des variantes' qu'il pourra entendre dans le discours.

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