GRAPHIE DES VOYELLES
1° Les voyelles pures, c'est-à-dire non nasales, sont représentées par des lettres simples (a, e, i, o, lî) et par des groupes de lettres {ai, ei, œ = e; au, eau = o; eu, œu, ue = ce ; ou = w).
Les graphies complexes proviennent d'anciennes diphtongues ou triphtongues et servent à exprimer les voyelles simples qui en sont issues (ai dans fait, au dans paume, etc.), ou d'autres voyelles identiques (ai dans aile, etc.). Plus rarement, elles sont empruntées au latin sans qu'il y ait égalité de son (au dans Paul, aurore, etc.).
2° La graphie au, quand elle n'est pas une simple transcription latine, représente un 6 fermé. Les exceptions sont rares et ne se rencontrent guère qu''à l'atone.
En province, le mot eau se prononce souvent o, jamais à Paris.
3° La graphie oi cache une diphtongue dont le second élément prend toutes les nuances de Va (wà, wa, iva).
A Paris, l'a de la diphtongue ol est quelquefois, chez les personnes âgées et même chez les enfants du peuple, teinté à'è ouvert : swâsàt « soixante )),pzuâsÔ « poisson », sel ûlwàn « saint Antoine » . On entend encore dire, mais aux personnes âgées seulement et de vieille souche parisienne : kil élwèn, swèn, jzuèn, temivèn « qu'il éloigne, soigne, joigne, témoigne » ; pwàl « poil »,mwàl « moelle », hwèt « boîte » et il « boite », etc.
La prononciation wa n'est pas populaire en dehors des murs de la capitale. Elle est propre à la bourgeoisie parisienne qui l'a imposée, depuis la Révolution, à toute la France. Il y a d'autres manières d'écrire la même diphtongue : oe^ qui remonte aux essais de réforme orthogra^