GRAPHIE III
ainsi que celle de Vô dans hônœ « bonne » est depuis longtemps un fait accompli. Néanmoins on dit encore, mais surtout dans les classes les plus élevées et par conséquent les plus conservatrices : mon ami « mon ami », son dma « son âme », etc.
Nous avons déjà signalé l'échange de an et de on dans divers lieux.
La confusion de en et de an dans les mots d'origine populaire est inconnue de certains dialectes français. C'est ce qui explique comment il a pu se rencontrer un professeur pour enseigner dans un cours de vacances que ces graphies représentent deux sons différents. Fâcheuse erreur ! qui a fait congédier une sous-maîtresse française de Londres, parce qu'elle ne la partageait pas. Mais peut-être bien que le directeur de son école avait mal compris.
Le groupe en ne se prononce è que dans quelques mots empruntés au latin depuis le milieu du xvic siècle (auparavant, dans les mots latins, on prononçait m comme a«), au grec, à l'hébreu, à l'arabe, aux dialectes du nord ou du midi : agenda, smsorium, p^//tagone, lAenlor, B^/^jamin, \)cn]om, Pé-z/thièvre, A.gen, yiorcens, etc. Mais ceux qui lisent hôfolès « Confolens » dans le département de la Charente, se trompent de latitude : on dit kofolà.
Dans quelques régions, à s'est confondu avec è :grè pèr « grand-père ». Cette prononciation est tout à fait dialectale.
9° Les diphtongues nasales :
tan = yà (Christian, etc.).
ien = yè (chrét/V;^, bien, etc.).
oin } ~ r • ' • \
= we (moins, notnt, poins, etc.).
(njlg ) ^ r r o y
Saint-Ouen se dit aussi sèt-wè.
La prononciation wà àQoin est dialectale et fréquente surtout dans le midi. On la rencontre encore chez des Allemands parlant français.
Les voyelles nasales ont chacune un timbre qui paraît uniforme dans toutes les positions. Il ne sera pas question d'elles dans les deux articles qui vont suivre.
10° Graphies archaïques et quelques graphies étrangères :
aou = u : août, aoûitron, etc.
aen = à : Cae^i, Saint-S^ms.
aon = à : Laon, Qraon, ^aon, ïaon, taon, etc.
aon = a dans Laonnais, Craonn^is, etc.
La lecture et aussi peut-être le manque d'harmonie de certaines combinaisons introduisent à Paris au « août » qui est surtout réservé pour la langue courante : un poète, qui, dans l'intimité, dit au, ne manque pas en lisant ses vers de prononcer û.
Dans beaucoup de provinces, on dit tô au lieu de ta « taon ».
En règle générale, Vn suivant une voyelle a conservé dans les langues étrangères sa valeur de consonne, la voyelle précédente étant plus ou moins nasalisée. On a des voyelles nasales qui ont absorbé Vn comme en français, dans le norwégien Kongsberg (Kôsbèr) ou qui sont encore suivies d'w ou d'm dans le norwégien Langefield (Jànœfyeï), Stavanger (^siavànœr) , Sogne Fiord Çsôfmœ fytîr), Christiansand ÇKristyânsàn), le hollandais Kampen ÇKàmpen), Rembrandt (^Rëmbrânt).
Dans les transcriptions chinoises, voyelle -\- n = voyelle -j- consonne nasale, voyelle -\- ng = voyelle nasale (Chantoung = €an-dû).
En négligeant l'anglais, qui demande à être traité à part, on peut se contenter, sur les alphabets étrangers, des indications suivantes :
ti = n (ou français), sauf en norwégien, en suédois et en hollandais, où il se lit u comme en français quand il termine une syllabe, (t/meâ = ûmèô, C/trecht = ntrect).
u entravé par une consonne = œ en suédois (C/psala = œpsâla), u en norwégien (B/ikken Fiord = bukœn fyûr).
L\c hollandais s'écrit oe (Boer = Bur).
L'u s'écrit û ou ue en allemand (Rwgen == rugn), û en hongrois, y en danois, en suédois, en norwégien où il a un