‹ Précis de prononciation françaiseChapitre 61 sur 113 · CONSONNES REDOUBLÉES · texte numérisé non relu

CONSONNES REDOUBLÉES

Le redoublement des consonnes provient de diverses causes :

1° D'une préoccupation étymologique {elle^ appeler pour l'ancien français ele^ apeler) ;

2° Du besoin de clarté (bonne pour marquer la nasalisation aujourd'hui disparue de hon-ne ; ss pour noter 1'^ dure) ;

3° De la chute d'une voyelle (il est d' dans pour dedans) ou de la dérivation (je mourrai, courrai, etc.).

4° De la transcription des mots étrangers (co//ège, a//iance, alléger, etc.).

Dans les deux premiers cas, les deux consonnes, naturellement, ne comptent que pour une.

Dans le troisième, elles se font toujours entendre doubles, et la lecture n'en offre aucune difficulté.

Dans le quatrième, il y a partage entre la classe instruite qui redouble en général la consonne et le peuple qui la simplifie.

Remarquons que le redoublement de la consonne est souvent peu sensible, et s'efface presque dans une prononciation rapide et relâchée ; que, s'il n'a rien d'exagéré, il ne choque personne.

Donc, au lieu de donner des listes interminables, nous nous contenterons de citer quelques-uns des mots où le redoublement de la consonne est le plus généralement marqué, à savoir :

L — malléable, parallèle, syllabe, allitération.

R — irréligion, horreur, terrible.

F — diffusion, diffamation, effraction.

S — transsubstantiation, transsuder, dissemblable, compressible, dissociation, pisciculture.

B — rabbi, gibbosité.

P — appétence.

D — reddition, quiddité, adduction.

T — attique, in petto.

M — mammifère, immatériel, immodéré, immigration, immuable, immanquable (ou in(e)-m2in(\\i3ih\t), immangeable (ou in (e) — mangeable, commensal, commissure.

N — annales, décennal, annuité.

dUELQUES CONSONNES ETRANGERES

y. Le y est écrit /en allemand et dans des transcriptions russes (Bryansk = bryansk) ; en norwégien dhj (Trondhjem = tronyeni), gj et / (Bjôrnstjerne Bjôrnson = byœnstyanœ byœnson) ; g en suédois devant e, i, y, à, ô.

Ç. Ce n'est qu'un y prononcé sans l'intervention du larynx. Il est écrit ch en allemand, en hollandais (Utrecht = utreçt); ki en norwégien (Kiôlen =Çœlœn'). Les Français ne peuvent guère que prononcer k à la place.

c. C'est le son qui est sorti du ch à Cognac (chevaux = cœvo) ou de iss dans divers endroits de France, par exemple en Lorraine (poisson =/)wrJ). Inutile de le décrire pour ceux qui ne le connaissent pas. C'est le ch dur des Allemands, des Hollandais (Scheveningen = scévœninœn), des Polonais (Czestochova = t-eèstocovd), le kh des transcriptions russes (Kharkov^ = carkof), la ; des Espagnols. L'r de « encore » en Lorraine et celle des finales danoises ressemblent assez à c. Les Français le remplacent par k, sauf en espagnol.

e. Un son très voisin du ch français s'écrit en anglais shy en allemand sch, en suédois sk (Skeninge =: céninœ), en norwégien sj (Lesjâ == Leeoe), en danois sj (5/aeland = eèlati), en polonais 5;(, après une sourde r:( (Szyszkowski = sufkou'skiy Chrzanov = mmif), en hongrois s (Buda-Pesth = Buda pèei), sh dans les transcriptions russes.

y. En polonais r~ ou :(, ^ (Zakrzewska = Zakjevska), en hongrois \^s.

s. En hongrois q.

s est à peu près une s prononcée la langue entre les dents. C'est le //; dur des Anglais, la c des Espagnols, le d final de Madrid.

^ est la sonore du s. C'est le th doux des Anglais.

i peut se transcrire à peu près en français par tch. C'est le k suédois devant e, /, v, à, c» (Nordenskold = nûrdœnêœld, Nykôping = nuiœpin), le q des Polonais (Sienkiewicz = €yenkyevie)y le es des Hongrois, le ch des Espagnols, le ci des Italiens et des Roumains (Popovir/).

f. Le même que le précédent mais mouillé ou suivi d'un y comme dans le polonais Ciechanowa =iécanova.

j. C'est la sonore du ê (à peu près df), \t gi des Italiens.

s peut se transcrire par ts. C'est le ^ allemand, le c polonais (Plock = plosk, Leczyca = Leêisa).

w dans les finales russes sonne/.

En danois,^ est muet à la finale (Sund=5îw) et après une consonne (Randers = rânœrs, Kolding= kblifi). Il sonne X entre voyelles (Odense =o:(ensœy Gudenaa = gû^énà.

n après une consonne à la finale et r entre consonnes sont considérées comme voyelles. On peut les fliire précéder d'un tout petit œ (Hayd/î, Srb).

Us finale dans l'écossais Laiu prononcé Lâs est due a une seconde forme du même mot, Ixiws.

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