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DÉBILITÉ MENTALE

tous, à moins qu'ils ne viennent à être atteints accidentellement d'un accès de folie ou d'une crise impulsive qui les conduise dans les asiles ou devant les tribunaux.

ARTICLE II

DÉGÉNÉRESCENCES PROPREMENT DITES (dégénérés ^ove\s, dégénérés)

Les dégénérescences proprement dites sont, dans réchelle des anomalies constitutionnelles, intermédiaires entre les simples désharmonies et les moastruosités, d"où le nom de dégénérés moyens ou de dégénérés sans épithète donné aux sujets qui font partie de ce groupe pathologique.

La dégénérescence est essentiellement caractérisée, nous le savons, par des vices d'organisation qui en forment le fond, le substratum, état constitutionnel permanent sur lequel peuvent venir se greffer des manifestations psychosiques très justement appelées par Magnan syndromes épisodiques de la dégénérescence.

Il y a donc lieu d'étudier séparément et successivement, chez les dégénérés, le substratum constitutionnel et les syndromes épisodiques, c'est-à-dire : la dégénérescence simple, non comphquée de psychose et la dégénérescence compliquée de psychose ou psychose des dégénérés.

î i — DÉGÉNÉRESCENCE SIMPLE

(DÉBILITÉ mentale)

Le dégénéré moyen ou proprement dit étant un déséquilibré plus accentué que le simple désharmonique, on peut lui appliquer tout ce que nous avons dit plus haut de celui-ci. Mais le dégénéré est plus qu'un déséquilibré, c'est aussi un débile chez lequel le développement psychique s'est fait non seulement de façon inégale et dissemblable, mais encore de façon

incomplète. Nous devons donc trouver chez lui, en plus des signes de déséquilibration, des signes de faiblesse d'esprit ou débilité mentale.

Cette débilité mentale n'affecte pas toujours les mêmes caractères et ne répond pas à un type unique. Non seulement les dégénérés qui en sont atteints offrent des degrés divers d'arrêt de développement, mais encore ils se présentent sous les aspects les plus variés et avec des défectuosités d'intelligence dissemblables de l'un à l'autre.

En général, ils se font remarquer par la lenteur avec laquelle s'opère leur évolution intellectuelle ; leur instruction est rarement complète et ils sont, pour la plupart, forcés de renoncer à leurs études. Ils peuvent posséder, bien que moins nettement que les déséquilibrés, des qualités brillantes, des aptitudes distinguées, des dispositions artistiques réelles; mais ce qui domine en eux, ce sont des lacunes profondes dans le jugement et le sens moral, une mobilité d'idées et de sentiments extraordinaire, un entraînement presque impulsif vers l'excentricité, la fourberie, les excès, la violence, quelquefois les actes dangereux. Ce sont des composés de bien et de mal, susceptibles au même degré d'affection ou de haine, de sentiments égoïstes ou généreux, d'actions honorables ou malfaisantes ; brillant parfois par les dehors extérieurs, les agréments du physique, le tour vif et aiguisé de l'esprit, la facihté de l'élocution, l'excellence de la mémoire ; révélant au contraire leur infériorité et leur incapacité dans les choses sérieuses, dans la façon de vivre et de se conduire : en un mot leur intelligence, comme l'a dit Marge, est un instrument auquel il manque un certain nombre de cordes.

Bien que cet état de déséquilibration et de débilité mentale, qui constitue la dégénérescence, s'accompagne le plus souvent de vices d'organisation corporels très manifestes, tels que microcéphalie, strabisme, malformations de l'oreille et de la voûte palatine, prognathisme, débilité motrice (Dupré, Merklen, Gelma, Strœhlin, Collin, 1909-1911), bien que le puérilisme ■ mental (Dupré et Charpentier) ou l'infantilisme mental s'aUie fréquemment à l'infantilisme -moteur (Meige,

C. 1911), etc., il est cependant des cas où les stigmates physiques y sont peu marqués et font presque défaut.

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