IDIOTIE
mine. A côté de Fhérédité, on a noté, comme causes adjuvantes, les états infectieux, les coups, les chutes sur la tête, la compression du crâne pendant l'accouchement, et, aussi, la compression en usage dans certains pays pour donner à la tête des enfants une forme déterminée.
En résumé, les grands facteurs des dégénérescences, en particulier des dégénérescences inférieures, sont, cela est avéré aujourd'hui, les troubles de nutrition de l'organisme. Ce sont donc surtout les intoxications et les infections qui les provoquent soit directement, soit par voie héréditaire et, parmi elles en tête, l'alcoolisme et la syphilis. C'est ce que Bour- .\E VILLE a fait ressortir encore, dans de récents travaux, à propos de l'imbécilUté et de l'idiotie.
On peut même faire à cet égard une constatation curieuse, c'est que les intoxications donnent heu bien plus que les infections à des troubles cérébraux accompagnés d'impulsions. Que l'on compare, par exemple, chez l'individu même, les psychoses alcooliques et les psychoses syphihtiques : les impulsions sont incomparablement plus fréquentes dans les premières que dans les secondes.
Et cette différence se poursuit, en s'accusant davantage encore, peut-être, dans la descendance. La descendance des syphilitiques peut atteindre tous les degrés de l'échelle dégénérative jusqu'à l'idiotie ; mais ses représentants sont beaucoup moins portés aux réactions violentes, dangereuses, que les hérédo-alcooliqves (Fonquerme, Th. B., 1906). C'est parmi ceux-ci que se recrutent assurément la majeure partie de l'armée du crime et, en particuMer, les précoces criminels de l'heure présente qui attirent si justement l'attention des magistrats et des médecins (P. Gar>.'ier).
3° Anatomie pathologique. — Les lésions susceptibles d'être observées dans les infirmités cérébrales, et notamment dans l'idiotie, portent surtout sar l'ensemble de la tête et doivent être divisées en externes et internes.
a. Lésions externes. — Il n'existe pas, à proprement parler, de déform.ition du crâne spéciale à l'idiotie. Toutes les ano-
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malies décrites peuvent se rencontrer, depuis les plus simples, qui se manifestent par une diminution générale du volume du crâne sans altération de ses proportions respectives, jusqu'aux plus compliquées, qui se traduisent par la scaphocéphalie, la plagiocéphalie, l'acrocéphalie, la platicéphalie, etc., etc.
D'une façon générale, et à part les cas où l'idiotie est liée à une hydrocéphalie chronique, la plus constante des déformations est la microcéphalie, à des degrés divers, avec diminution correspondante de la cavité crânienne. Les diamètres sur lesquels la diminution porte le plus fréquemment sont les diamètres transversaux, en sorte que, contrairement à la grandfmajorité des crétins, les idiots sont plutôt dolicocéphales quf brachycéphales. Les sutures s'ossifient tantôt prématurément, soit dans l'ensemble, soit de préférence sur certains points; tantôt au contraire elles ne s'ossifient que tardivement, ou même jamais. Dans ce dernier cas, elles sont souvent remplies par une grande quantité d'os Vi^ormiens.
b. Lésions internes. — Si l'on en exclut quelques cas exceptionnels dans lesquels le cerveau a été trouvé plus volumineux et plus lourd qu'à l'état normal, la diminution du volume et du poids de cet organe est Valtération la plus constante et la plus remarquable dans V idiotie. Le poids du cerveau, chez les idiots, varie de 700 à 1.100 grammes.
A côté do cette altération, il en existe d'autres telles que l'inégalité très marquée des deux hémisphères, l'atrophie de l'un d'eux ; l'état rudimentaire de certaines régions, surtout des lobes antérieurs ; l'absence de certaines parties telles qu-i If corps calleux, les noyaux centraux, la voûte à trois piliers, etc. ; des lésions diverses telles que l'hydrocéphalie, la porencéphalie, les scléroses atrophiques, tuberculeuse et hypertro phique, l'amincissement, la maigreur et même l'absence (h certaines circonvolutions, surtout des circonvolutions frontales, avec élargissement plus ou moins marqué des sillons et des scissures, surtout celle de Sylvius. Enfin, au point de vu<' histologique, on a observé diverses altérations de structure d< la substance nerveuse, le ramollissement de la substance grise la présence de nombreuses cellules idiotes, et aussi certaines
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anomalies de la circulation cérébrale, signalées par Lu y s.
BouRNEviLLE distingue dans l'idiotie, au point de vue anatomo-pathologique, les formes suivantes : 1° idiotie symptomatique de l'hydrocéphalie (idiotie hydrocéphahque) : 2'^ idiotie symptomatique de microcéphalie (idiotie microcéphalique) ; 3*^ idiotie symptomatique d'un arrêt de développement des circonvolutions ; 4'^ idiotie symptomatique d'une malformation congénitale du cerveau (porencéphalie, absence du corps calleux, etc.); 5'^ idiotie symptomatique de sclérose hypertrophique ou tubéreuse) ; 6° idiotie symptomatique de sclérose atrophique : a) sclérose d'un hémisphère ou de deux hémisphères ; b) sclérose d'un lobe du cerveau ; c) sclérose des circonvolutions isolées ; d) sclérose symptomatique de méningite ou de méningo-encéphalite chronique (idiotie méningitique) ; 7^ idiotie avec cachexie pachydermique ou idiotie myxœdémateuse, liée à l'absence de glande thyroïde. Cettv^ dernière forme est encore appelée idiotie crétinoïde, pachydermif crétinoïde et crétinisme sporadique. Nous en parlerons pluloin, à l'article crétinisme.
ScHULE, cité par Roubinovitch dans son excellent article Idiotie du Traité de pathologie mentale de Ballet, distingue de son côté plusieurs types d'idiots : 1° le grand idiot congénital, avec ses variétés ; 2" le grand idiot par lésion acquise, chez lequel la lésion cérébrale a déterminé, en même temps que l'arrêt intellectuel, des paralysies à forme hémiplégique, paraplégique ou monoplégique,; 3° Vidiot éducable ; 4° Vidiot hydrocéphale ; ^^ Vidiot microcéphale ; 6° Vidiot myxœdéniateuo: .
Nous avons mentionné plus haut la variété particulière et curieuse d'idiotie connue et étudiée sous le nom à: idiotie familiale amaurotique.
40 Diagnostic. — Le diagnostic de la monstruosité est en général très facile, car elle ne peut guère être confondue avec la démence. Le seul point consiste à déterminer exactement le degré atteint par l'arrêt de développement, car, ainsi que nous l'avons dit, les limites entre les diverses variétés adoptées d'infirmités cérébrales ne sont pas nettement tranchées.
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Blin et plus récemment Binet et Simon, Sollier (S. M. P., 1910) se sont efforcés de préciser les différences entre l'imbécillité et l'idiotie.
L'idiotie proprement dite doit être également différenciée du myxœdème et du mongolisme ; nous reviendrons plus loin sur ce sujet (p. 629).
5*^ Pronostic. — Quant au pronostic, il n'est pas nécessaire d'en faire ressortir la gravité. L'idiotie complète est incompatible avec une longue existence. L'idiotie incomplète et rimbécillité sont seules susceptibles de modification sous l'influence d'un traitement spécial.
6° Traitement. — Grâce aux efforts de Belhomme, Félix Voisin, Séguin, Delasiauve, Bourneville, etc., on a constitué peu à peu un traitement doublé d'une pédagogie spéciale pour les idiots. Ce traitement, fort heureusement dénommé médico-pédagogique par Bourneville qui a consacré toute son existence à l'étude et à la thérapeutique de l'idiotie, consiste dans l'emploi sagement combiné et lentement progressif de moyens hygiéniques, moraux et intellectuels.
On arrive de la sorte non seulement à supprimer le gâtisme chez les idiots, à les rendre propres, bien tenus, polis, à leur apprendre à manger, à s'habiller, etc., mais encore dans certains cas à leur enseigner un métier plus ou moins difficile.
Cette méthode nécessite évidemment des asiles ou établissements spéciaux, avec un personnel compétent et bien dressé.
Les pays étrangers nous ont largement devancés dans cette voie et beaucoup sont déjà pourvus non seulement d'Instituts pour dégénérés, mais aussi de classes distinctes pour les nerveux et attardés des écoles. La France, si longtemps en retard, comme l'indiquait Jacquin en 1903, paraît actuellement vouloir faire un sérieux effort. De divers côtés la question est étudiée, des essais sont tentés, et les Chambres ont voté la loi sur les classes et écoles spéciales pour arriérés psychiques. Nous reviendrons plus loin (p. 973) sur cette question de l'éducation et de l'assistance des enfants anormaux.
GHAIMTHL II
INFIRMITÉS PSYCHIQUES D LWOLUTIOX (déchéances)