PSYCHOSE ALCOOLIQUE CHRONIQUE
Lés manifestations psychopathiques aiguës, que nous venons de décrire, relèvent moins de Talcoolisme aigu que de l'alcoolisme chronique, dont elles constituent en .quelque sorte des épisodes déhrants, parfois isolés, uniques, le plus souvent à récidives, à répétition.
Ces psychoses aiguës sont loin de guérir toujours et de se
dissiper rapidement. Dans un certain nombre de cas, soit dès le premier accès, soit après plusieurs accès, la guérison se fait incomplètement ou ne se fait pas et il se produit une psychose alcoolique chronique, qui se présente surtout sous deux formes.
a) Chez certains sujets, la psychose alcoolique chronique est en quelque sorte la prolongation atténuée de la psychose alcoolique aiguë ; elle en garde les caractères principaux : confusion mentale, idées délirantes diverses mal systématisées, fabulation (Prince, R. P., 1912), onirisme, hallucinations nocturnes et même diurnes (hallucinoses alcooliques prolongées de Klieneberger, A. Z., 1909) et s'accompagne assez fréquemment de symptômes tels que accès épileptiques (épilepsie alcoolique). Cette forme pourrait être appelée la confusion mentale chronique alcoolique.
^) Chez d'autres sujets, prédisposés vésaniques, cela va de soi, c'est un délire vésanique qui se greffe plus ou moins précocement sur la psychose alcoolique aiguë et qui, celle-ci disparue ou améhorée, évolue ultérieurenient pour son propre compte. Il s'agit presque toujours, dans ce cas, d'un délire systématisé de persécution, avec parfois certaines particularités telles que idées de jalousie, hallucinations de la vue, phases d'excitation, impulsions brusques et violentes, qui lui impriment une physionomie un peu à part. Ces malades sont les persécutés alcooliques, plus persécutés, en réalité, qu'alcooliques.