MORPHINISME
1'^ Étiologie. — Le morphinisme est l'ensemble des accidents dus à l'empoisonnement par la morphine. Il peut être médical, c'est-à-dire être le résultat d'une médication plus ou moins prolongée par la morphine, ou provenir simplement de lïmitation. Presque toujours il se lie à la morphinonianie ou
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entraînement irrésistible et impulsif vers l'agent toxique.
Cet entraînement ne se rencontre pas chez tout le monde. Il s'observe chez les névropathes, surtout chez les hystériques, dont l'appétence maladive non seulement pour la morphine, mais encore pour l'éther, le chloral et les autres substances analogues, revêt souvent la forme d'une véritable toxicomanie, d'un besoin impérieux de s'intoxiquer.
Certaines professions prédisposent de même de façon plus particuhère à la morphinomanie, notamment celles de médecin et de pharmacien.
2*^ Troubles psychiques. — D'une façon générale, les troubles psychiques du morphinisme ressemblent de tous points à ceux de toutes les intoxications et comme eux ils se traduisent par de l'insomnie, des rêves, des cauchemars, des hallucinations professionnelles ou terrifiantes, enfin, mais moins fréquemment et à un moindre degré, par de la confusion mentale et du délire onirique. Le plus souvent ces troubles psychiques, d'allure subaiguë ou chronique, se maintiennent dans les limites de la semi-aliénation. Ils diffèrent, suivant qu'ils sont provoqués par Vabus de la morphine ou par sa suppression.
a. Effets de Vabus. — Les premiers effets de l'absorption du poison sont en général agréables, et cette période de stimulation peut durer, suivant les sujets, de quelques semaines à quelques années. A dater du moment où la passion est devenue tyrannique, où le morphinique est devenu morphinomane, ks désordres surviennent plus ou moins rapidement, et voici quels sont, dans la sphère intellectuelle et morale, les symptômes qui peuvent se présenter.
Le premier effet, nous l'avons dit, est un sentiment de bienêtre et de béatitude, d'euphorie, une sorte de stimulation des facultés. Mais bientôt, la volonté se paralyse et le malade n'a plus assez d'énergie pour secouer sa torpeur et renoncer à son habitude. La mémoire et le jugement ne paraissent pas sérieusement affectés, mais ils peuvent présenter une certaine obtusion. Le sens moral est presque toujours profondément émoussé ; les morphinomanes en arrivent à commettre des