PELLAGRE
On sait que la pellagre est une intoxication chronique, essentiellement caractérisée par un érythème squameux borné aux parties les plus exposées à l'action de la chaleur et de la lumière, une phlegmasie chronique des voies digestives, dont l'indice le plus ordinaire est une diarrhée opiniâtre, enfin par
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une lésion plus ou moins grave du système nerveux aboutissant parfois à l'aliénation mentale et à la paralysie (Hexri Gintrac).
l'-* Psychose pellagreuse. — En ce qui concerne les troubles intellectuels, il est reconnu que la forme de psychose la plus fréquente dans la pellagre est la confusion mentale avec dépression mélancolique ou avec délire onirique. Elle existe, plus ou moins marquée, dans la plupart des cas. Elle se traduit par une inertie, une passivité, une indifférence, une torpeur assez grandes ; par de V insomnie, des hallucinations, souvent terrifiantes, de la vue et aussi de l'ouïe ; par des conceptions délirantes tristes avec idées fixes de désespoir, de damnation, de crainte, d'anxiété, de persécution, d'empoisonnement, de possession par les démons et les sorciers (Warnock), du refus d'aliments et une tendance tellement marquée au suicide et au suicide par submersion que Strambio avait désigné la maladie sous le nom à' hydromanie. Cette dépression mélancolique qui peut aller, dans certains cas, jusqu'à la stupeur, est toujours basée sur un fond d'obtusion, d'hébétude intellectuelle, d'asthénie générale considérable qui finit par devenir permanent, et aboutit, par degrés, k la. démence, k mesure que la cachexie pellagreuse fait de nouveaux progrès. Elle s'accompagne parfois de polynévrite (Righetti).
La confusion mentale pellagreuse peut, au lieu de verser directement dans la démence, tourner à la confusion mentale chronique, comme chez la malade dont j'aipubHé (E., 1907) le cas typique (voy. fig. 30).
On peut observer aussi dans la pellagre, comme dans toute intoxication chronique grave, un état morbide ressemblant à la paralysie générale {pseudo- paralysie générale pellagreuse). Cela se produit surtout dans les cas où, au lieu des idées mélancohques habituelles, les malades présentent des idées de satisfaction et de richesses (Warnock).
2^ Étiologie. — On a incriminé tour à tour, dans l'étiologie de la pellagre, les influences atmosphériques et géologiques,
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rhérédité, surtout l'usage du maïs altéré par un parasite appelé Verderame ou Verdet, ou par des alcaloïdes (Lom- BROSo). La pellagre a été observée, cependant, chez des personnes n'ayant jamais mangé ou ne mangeant plus depuis longtemps de maïs. C'était le cas pour la malade que j'ai observée.
Dans ces derniers temps, l'étiologie de la pellagre a été reprise et certains auteurs, comme Ceni, ont attiré l'attention sur les propriétés pathogènes du Penicillum glaucum dans la production de la pellagre et sur la localisation des spores d'aspergillus sur les ganglions mésentériques des pellagreux. La plus récente opinion émise est celle de Sam box qui incrimine un insecte qu'il appelle le simulium.
Il faut noter que la pellagre, toujours très répandue dans certains pays, est devenue beaucoup plus rare en France, notamment dans les Landes.
3'^ Anatomie pathologique. — On a trouvé une infinité de lésions des centres nerveux, macroscopiques et microscopiques, dans la pellagre. A. Marie, résumant dans un opuscule récent (vol. 1908) l'anatomie pathologique de cette maladie, fait remarquer que la lésion qui y prédomine, dans tous les tissus, est la dégénérescence pigmentaire.
4" Traitement. — Prophylaxie générale et individuelle. Acide arsénieux, frictions salées contre les phénomènes paralytiques. Atoxyl (Babès.) Usage du vin (Lombrosoi.
Le chapitre des psychopathies auto-toxiques comprend une infinité d'états morbides qui encombraient auparavant, disséminés sous des étiquettes diverses, le cadre nosologique, et qui actuellement se trouvent réunis par leur communauté d'origine et de symptômes en une synthèse logique et naturelle. Telles sont les anciennes folies sympathiques, les anciennes folies viscérales, les anciennes folies diathésiques et bien d'autres encore dont le nombre s'augmente tous les jours.
On ne s'aurait s'étonner de cette propagation si rapide et si efficace des théories de Bouchard dans le domaine de la psychiatrie, car déjà les premiers observateurs de l'antiquité — il est bon de le rappeler — avaient vu dans certaines psychoses, comme les psychoses viscérales, les psychoses de la puerpéralité et de la lactation, etc., le résultat de l'empoisonnement de l'organisme par l'altération des humeurs intérieures, en particulier de la bile et du sang : de sorte que nous confirmons aujourd'hui sur ce point, par des exphcations plus rationnelles et plus scientifiques, les vues humorales des fondateurs de la Médecine.
Les psychopathies dues à des auto-intoxications comportent des lésions et des symptômes analogues à ceux de toutes les autres intoxications. En ce qui concerne notamment la symptomatologie, on la trouve semblable à la fois dans les diverses psychoses d'auto-intoxications, dans les psychoses d'exo-intoxications, et dans les psychoses d'infections. Il existe donc, je le répète, une véritable formule clinique des psychoses d'intoxication, les rehant et les groupant toutes sans exception, dans une grande famille nosologique.
Aussi puis-je redire encore : bien connaître les types fonda-