AUTO-INTOXICATIONS GASTRO-INTESTINALES
siège de la maladie viscérale et susceptibles de la révéler. Ces zones, dites de Head, réclament ime plus complète confirmation.
Tels sont les premiers symptômes cérébraux que Ton observe le plus souvent dans les affections des voies digestives et auxquels nous n'avons à ajouter, pour être complet, que les accès d'emportement, les impulsions et en particulier Vimpulsion à boire, revêtant- parfois la vraie forme dipsomaniaque, par accès. Ces symptômes réalisent surtout, comme on le voit un état neurasthénique, accompagné fréquemment de troubles psychiques rudimentaires, notamment d'hallucinations, assez caractéristiques.
B. Psychoses. — Entre les manifestations gastro-intestinales que nous venons de signaler — états névropathiques et troubles psychiques rudimentaires — et les complications cérébrales plus graves qu'il nous reste à décrire, il n'y a pas d? séparation absolue. Elles sont reliées les unes aux autres par des transitions graduelles, et souvent le déhre et la psychose ne sont que l'aboutissement des phénomènes du premier degré, ainsi que beaucoup d'auteurs l'ont constaté.
11 nous paraît important, en ce qui concerne les psychoses d'origine gastro-intestinale, de distinguer celles qui résultent d'une auto-intoxication aiguë et celles qui sont liées à une auto- intoxication chronique, absolument comme on distingue l'alcoolisme aigu et l'alcoolisme chronique. Ces psychoses ont en effet, cUniquement, une physionomie différente.
a. Psychoses des auto-intoxications gastro-intestinales aiguës. — L'affection gastro-intestinale pathogène, quelle qu'elL; soit, agit par une crise, un épisode d' auto-intoxication aiguë. Et cette crise d'auto-intoxication aiguë reconnaît presque toujours pour cause immédiate une constipation rebelle, la coprostase.
Le mécanisme de Fauto-intoxication, dans ces cas, a été bien indiqué par un élève de Pierret, Feyat (Th. L., 1890), qui a montré que le bouchon stercoral, formé de matières trop dures, n'était que peu toxique par lui-même, tandis qu'en amont de ce bouchon s'accumulaient des matières diarrhéiques d'une
600 PSYCHOPATHIES DES ArTO-INTOXICATIONS
haute virulence et constituant par suite le rôle principal dans l'empoisonnement.
La crise de constipation qui provoque l'auto-intoxication aiguë peut être un fait imprévu et purement accidentel ; mais, le plus souvent, elle se rattache à une affection gastro-intestinale antérieure dont elle n'est qu'un épisode passager.
La psychose peut être précédée d'une période d'invasion caractérisée par des troubles de la santé générale, de la perte d'appétit, de la tristesse, de l'inquiétude, de l'insomnie et surtout par une céphalalgie intense, rebelle.
Le plus souvent, le début est brusque, nocturne ou diurne, caractérisé parfois par des attaques convulsives ou de la tétanie. Très rapidement, l'accès atteint sa plus haute intensité. Comme l'accès d'alcoolisme auquel il ressemble beaucoup et parfois même trait pour trait, il se présente sous une forme subaiguë, aiguë, ou même à la façon d'un véritable délire aigu. Gomme l'accès d'alcoolisme aussi, il est constitué par un délire hallucinatoire à caractère professionnel ou terrifiant, avec prédominance de fausses sensations visuelles, représentant une sorte de rêi^e en action (déhre onirique). Les malades sont obtus, désorientés, paraissent déments, et certains, qui présentent en outre des tremblements fibrillaires, de la difficulté de la parole, de l'inégalité pupillaire, ont l'air atteints de paralysie générale. D'autres, comme dans les cas publiés par Mirallié, Itila, réalisent le complexus du méningisme.
Concurremment avec les symptômes cérébraux, on constate des phénomènes d'ordre physique caractéristiques. D'abord des symptômes généraux : amaigrissement, fièvre plus ou moins marquée, pouls rapide, faciès grippé, céphalalgie intense. Puis symptômes locaux : ballonnement du ventre, météorisme, tuméfaction stercorale au niveau de la fosse iliaque droite, sensibilité abdominale, douleurs à la pression dans les régions caractéristiques, foie douloureux, estomac dilaté, etc. Enfin, à l'analyse, urines typiques contenant une grande quantité d'indican, de l'acétone, des acides ^-oxybutyrique et diacétique, parfois aussi un peu d'albumine ou d'urobifine, lorsque, ce qui n'est pas rare, le foie et le rein sont également pris dans