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AUTO-INTOXICATION CUTANÉE

l'organisme. Cette auto-intoxication doit donc, comme toute auto-intoxication, s'accompagner, dans certains cas, de troubles psychiques.

Toutefois, ces troubles psychiques, en raison de leur rareté relative et de la difficulté de les isoler de toutes les autres causes pathogènes, ont été très peu observés, et on ne sait pas encore exactement par quoi se traduit, sur le cerveau, la suppression brusque de la transpiration, sous l'influence, par exemple, d'une poussée diathésique, comme dans l'arthritisme, ou d'un accident, comme dans le vernissage.

Ce n'est guère que dans les brûlures étendues qu'on peut se rendre compte, dans une certaine mesure, des effets de ce genre d'auto-intoxication.

Parmi ces effets, c'est à peine si les troubles psychiques ont été mentionnés jusqu'ici par quelques auteurs, notamment dans l'article « Brûlure » du Dictionnaire Dechambre, qui signale la prostration, la torpeur de l'inteUigence et un délire agité avec paroles brèves et sans suite, mouvements convulsifs, suivis bientôt d'un assoupissement profond au milieu duquel survient la mort.

En réalité, les troubles psychiques consécutifs aux brûlures graves et profondes ne doivent pas être rares, mais ils échappent presque toujours à l'observation pour cette raison qu'ils se rattachent à des accidents chirurgicaux et évoluent par conséquent en dehors des miheux psychiatriques. Ils font partie de ce que j'appelle, pour ce motif, les délires des hôpitaux.

J'ai pu étudier de très près, à l'hôpital, un cas de délire de brûlure survenu chez un individu très bien portant et non alcoolique qui, transportant un chariot de fonte en fusion, fut, par suite d'une secousse, éclaboussé de la tête aux pieds par le métal et brûlé sur toute la partie postérieure du corps. Il présenta, à dater du sixième jour après l'accident, du délire onirique nocturne professionnel, avec hallucinations terrifiantes et une confusion mentale profonde, avec hébétude, désorientation, absurdité d'actes, amnésie, qui dura quatre mois. Au bout de ce temps, la guérison fut complète et définitive.

Il résulte de ce fait indiscutable, qui a servi de base à la thèse

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de mon élève Lauremi (B., 1898), que les troubles psychiques produits par les brûlures ne diffèrent en rien des troubles psychiques de toutes les intoxications, et se traduisent comme eux par cette formule clinique caractéristique : confusion mentale et délire onirique. J'ai observé depuis un second cas identique.

ARTICLE V AUÏO-INTOXIGATION GÉNITALE

Sous cette rubrique nous rangeons tous les états psychopathiques qui ont leur point de départ dans un processus physiologique ou pathologique de la fonction génitale ou dans la maladie d'un des organes concourant à cette fonction.

Nous dirons donc un mot successivement des troubles psychiques reconnaissant pour cause : !« la puberté ; 2» la menstruation ; 3^ la ménopause ; ^^ la grossesse, V accouchement , la lactation ; 5^ les maladies génitales.

§ l — PUBERTÉ

On sait ce que c'est que la puberté. Elle a été magistralement étudiée, dans ces dernières années, à la fois dans ses rapports avec l'anthropologie, la physiologie et la pathologie par A. Marro. Au point de vue psychiatrique, elle a fait l'objet de très nombreux travaux de la part de Clouston, Wille, J. Voisin, Cullerre, Christian, Ziehen, Hiram Eliott, RoRiE, Havelock Ellis, etc., etc..

1'" Symptomatologie. — Les troubles psychiques reconnaissant pour cause la puberté comprennent : 1° des troubles psychiques élémentaires ; 2^ des psychoses proprement dites.

A. Troubles psychiques élémentaires. — Tantôt il s'agit d'une simple dépression plus ou moins vive, avec tendance à la solitude, à la morosité, à la timidité excessive, à la pudeur confuse, aux aspirations vagues, aux larmes et à la

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